Mon Draft Guide de 2026
Je suis heureuse de vous présenter ce projet sur lequel je travaille depuis des mois : un draft guide complet sur les meilleurs prospects de la draft 2026. Avec des joueurs comme Darryn Peterson, Cameron Boozer ou AJ Dybantsa, cette cuvée a été super fun à suivre et à couvrir à travers mes nombreux articles réalisés tout au long de la saison.
Quel est le projet de ce Draft Guide ? Vous le savez, je sors depuis plusieurs années maintenant un board annuel à la fin du cycle de draft. J’ai également sorti bon nombre de Mock Drafts et de Scouting Reports en tout genre. Cependant, ce Draft Guide a pour projet de se rapprocher de l’exhaustivité avec la possibilité d’aller au fond du propos sur les prospects que j’ai analysé cette année. Ainsi, vous trouverez ici plusieurs choses :
Un Big Board complet qui classe les joueurs selon les places ou les tiers
Une analyse complète des 41 meilleurs joueurs de la liste + des mini descriptions pour les autres
Des liens vers les Scouting Report que j’ai déjà fait
Mon analyse scouting, comme toutes les analyses scouting, est le résultat d’une réflexion subjective issue de ma vision du basketball. J’accorde de l’importance à la performance des joueurs. Cependant, je la mets en perspective avec les besoins de la NBA et la capacité de transposition de ce jeu en NBA. Je suis très skill-oriented et je l’assume complètement. Je pense aussi que les joueurs de 2026 sont trop polyvalents et que les cantonner à un poste ou un rôle me semble limité beaucoup trop un joueur et je considère ces derniers comme des basketteurs dans toute leur complexité. Aux USA, il y a un culture “Barttorvik” très forte là où en France, on value beaucoup plus le film pour et contre tout. Je suis personnellement à l’intersection de ces deux idées en essayant de mélanger les deux à ma manière en utilisant l’analyse statistique pour confirmer mon impression visuelle ou pour découvrir des profils très précis de joueurs.
J’ai classé mes joueurs dans 8 tiers différents que je vais vous présenter maintenant pour vous les développer plus tard :
Tier 1 : Once in a Lifetime
Tier 2 : All-NBA Teams Player
Tier 3 : All-Star Caliber Player
Tier 4 : Starter or 6th Man in PO rotation
Tier 5 : Good rotation player in PO rotation (7th and 8th man)
Tier 6 : Maybe 5 or 10 minutes in PO
Tier 7 : End of the bench Player
Tier 8 : No NBA Player (has to come back in 1 year/G-League/Draft-and-Stach)
Maintenant que vous connaissez mes tiers qui me permettent de classer les joueurs de cette draft, je vais vous présenter mon Big Board entier de la Draft NBA 2026.
Pour finir, je ne pense pas qu’il soit pertinent pour vous de tout lire. C’est quelque chose de long et fastidieux qui n’est pas intéressant comme ça. En revanche, vous pouvez aisément retenir quelques noms (projetés sur le pick de votre franchise préférée par exemple) et lire leur rapport ci-dessous.
Merci aux gens qui m’ont suivi et accompagné dans ce cycle, on se retrouve l’année prochaine.
TIER 1 : ONCE IN A LIFETIME
Il n’y a pas, à mon sens, de joueurs qui rentrent dans ce tier cette saison. Ce n’est pas un disrespect envers AJ Dybantsa, Cameron Boozer ou Darryn Peterson mais ces joueurs ont tous des limites qui font qu’il est difficile de penser qu’un de ces joueurs aura un impact générationnel comme on en voit tous les 10-15 ans. Le mot générationnel est souvent envoyé à tout va. On a entendu que Zion était générationnel, que Cade l’était aussi, que Wembanyama également et que Flagg l’est aussi. Ca c’est avéré vrai pour un Wembanyama stratosphérique qui fait littéralement de la performance jamais vu. Cade Cunningham est exceptionnel et un des meilleurs joueurs qui nous ait donné de voir aujourd’hui mais son manque d’efficacité au scoring prêche pour le considérer comme un joueur générationnel même si il en est pas si loin. Zion a eu trop de blessures et des limitations de jeu pour être considéré comme tel bien que les flashs que l’on peut voir parfois sont impressionnants. Cooper Flagg est trop jeune encore pour que l’on dise si il est générationnel ou non, mais il a un talent certain qui, on lui souhaite, le mènera vers les sommets.
Si on prend à partir de 2000, je dirai que sont générationnels LeBron James, Kevin Durant, Anthony Davis, Luka Doncic et Victor Wembanyama. Je rajouterai que si les blessures l’avaient laissé tranquille, Yao Ming pourrait rentrer dans la catégorie. En somme, le prospect “Once in a Lifetime” est celui qui combine un énorme niveau d’attente ET une production élite en moins de 24 mois de NBA. C’est pour ça que je ne mets pas un joueur comme Anthony Edwards ou Cade Cunningham car ils sont exceptionnels mais ont mis du temps à devenir les joueurs qu’ils sont aujourd’hui et pour le cas spécifique de Edwards, il n’a pas eu des attentes démesurées (on était même pas sûr qu’il était le premier choix évident, cette évidence est venue d’un contexte qui faisait que les Timberwolves, détenteur du 1st Pick, avaient un projet construit autour d’un axe meneur-pivot, D’Angelo Russell et Karl-Anthony Towns, qui rendait l’ajout de Edwards plus évident que celui de LaMelo Ball ou James Wiseman).
En gros, pas de prospects générationnels cette année.
TIER 2 : ALL-NBA TEAMS PLAYER
Ici, on veut les joueurs qui seront, à leur prime, considérés dans le top 15-20 de la NBA. Ce ne sont pas des joueurs générationnels mais l’élite de la NBA qui performe énormément, autant en volume qu’en efficacité. Ici, on parle de joueurs parfois Franchise Player de solides équipes NBA. Aujourd’hui, je considère assez largement des joueurs comme Jalen Brunson, Donovan Mitchell ou même Devin Booker comme des joueurs de ce tier si je faisais un board de joueurs NBA.
1. CAM BOOZER (DUKE BLUE DEVILS)
Cameron Boozer sort d’une saison historique pour un freshman en NCAA dans la lignée d’autres grands Dukies comme Zion Williamson ou Cooper Flagg. Il tourne à 22.5 points (deuxième de la ACC derrière Ebuka Okorie, neuvième de toute la NCAA), 10.2 rebonds (leader de la ACC) et 4.1 assists par match à 65.2% de TS%. Il est le leader de la NCAA en BPM, OPBM, OWS, DWS et WS. Selon Barttorvik, c’est le deuxième meilleur score de BPM derrière Zion Williamson. Il est donc devant des saisons all-time de freshman en NCAA comme Anthony Davis, Cooper Flagg, Michael Beasley ou Kevin Love. Il a d’ailleurs obtenu la totalité des trophées de meilleur joueur de la saison par les différentes parties du monde NCAA (Associated Press, National Association of Basketball Coaches, Naismith Award, Sporting News, U.S. Basketball Writers Association et Wooden Award).
Commençons par le physique : Cameron Boozer dispose d’un corps largement NBA-ready avec un bon 2m06 avec 113 kilogrammes. Il est plus épais que la totalité des freshmen de la saison et ça se voit avec une puissance qui dépasse largement celle de la majorité des joueurs de la NCAA. Il possède aussi une immense envergure qui est au moins à 2m13 qui se terminent par des grandes mains. Comme depuis le moment où on connaît Cam Boozer médiatiquement, il est physiquement bien au-dessus de la concurrence. Cependant, Boozer n’est pas juste une boule de physique car ce n’est pas juste avec ça qu’on performe en NCAA.
Sa première qualité, c’est sa compréhension du jeu qui est une des meilleures de la draft. A Duke, Cam Boozer a été le premier créateur offensif de l’équipe et un véritable leader sur le terrain. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Boozer avait énormément de création balle en main et devait même souvent monter la balle dans la moitié de terrain. Il dirige bien ses coéquipiers et annonce les systèmes. Il semble avoir une connaissance accrue des scouting reports et des faiblesses de l’équipe adverse. Cette compréhension se traduit par son passing qui me semble être un des, voire le, meilleur de la draft. La polyvalence de situation dans laquelle il est capable de trouver des joueurs ouverts est impressionnante. C’est un bon passeur depuis le poste haut capable de trouver les joueurs courir dans un système écrit dans le bon timing. Il est aussi capable de faire du Pick & Pop inversé comme il l’a fait toute la saison avec le sniper Isaiah Evans. C’est d’ailleurs un point clé de sa saison : Cameron Boozer crée de la synergie avec tout type de joueur. Il fait un bon Pick & Pop inversé avec Evans, il est aussi capable de faire du Pick & Roll inversé avec son frère Cayden comme de la filer au cut de Ngongba, Brown ou Sarr sur du short roll. Il est évidemment très fort pour utiliser l’immense gravité qu’il possède pour lire le jeu et trouver le shooteur ouvert. Sa vitesse de réaction est immédiate et ça n’annonce que du bon pour la suite.
Cependant, le passing n’est rien sans le scoring et ça tombe bien car Boozer est un très bon scoreur. On est sur un joueur qui score plus de 20 points par match à un très solide 65.2% de TS%. Depuis 2008, seul Zion Williamson a réussi à scorer 20 points par match en tournant à minimum 65% de TS%. De mes recherches faites à la main, je n’ai réussi à trouver que le légendaire Kareem Abdul-Jabbar (qui n’est pas vraiment freshman car on ne joue qu’à partir de sa saison sophomore à l’époque) qui performe à ce niveau. La première raison de cette qualité de scoreur est le toucher qui est très bon. Il a d’ailleurs un bon pourcentage aux lancers francs avec 78.9% de réussite sur 280 tentatives. Ce chiffre est corrélé par d’autres contextes où il a très bon tirer aux lancers francs comme la Coupe du Monde U-17 où il met 28/33 aux lancers, soit 84.8% de réussite, ou encore le parcours EYBL où il dépasse largement les 80%. Il est d’ailleurs un bon tireur à 3 points. Cette saison, il a rentré 39.1% de ses tirs derrière la ligne sur 138 tentatives. C’est un vrai bon shooteur qui, sans parler de joueur capable de pull-up, est capable quand même de mettre ses tirs après quelques dribbles comme le montre son 77.8% de tirs assistés à 3 points, soit moins que n’importe qui chez les Blue Devils. C’est aussi un efficace joueur au panier, zone dans laquelle il tente l’immense majorité de ses tirs (332 sur les 522 qu’il prend cette saison). Il tourne à 65.3% dans la zone avec un répertoire qui ne manque pas de variété. Il a des bonnes finitions en pénétration/face-up où il utilise bien sa puissance pour créer l’espace nécessaire via un bump. Il a aussi un beau répertoire de feintes et de moves en tout genre pour se jouer de la défense adverse. C’est d’ailleurs ainsi qu’il obtient autant de lancers francs (7.4 par matchs, soit un FTr de .536, c’est-à-dire élite). Forcément, un joueur avec une telle gravité capable d’envoyer de nombreuses feintes est un joueur qui va utiliser les erreurs adverses pour gratter des précieux lancers francs et je n’ai pas de doute sur le fait que Boozer peut refaire ça en NBA. Il a également des très longues jambes qui lui permettent de faire des grandes enjambées latéralement notamment et c’est utile pour envoyer quelques euro-steps même si la mobilité limite fortement ses possibilités.
Cameron Boozer a bien un défaut : le dribble. En effet, ce n’est pas un si bon dribbleur. Si il arrive parfois à compenser ses lacunes en enfonçant son défenseur, il manque de beaucoup de choses sur sa propre accession au panier. Je dirai même plus précisément qu’il arrive souvent au panier MAIS dans des situations qui ne sont pas assez bonnes car il n’arrive pas à dégager son défenseur. Il manque certes de mobilité mais surtout, son centre de gravité fait qu’il a un dribble haut qui l’empêche de conserver le contrôle au contact. C’est clairement le grand défaut de Boozer et qui fait qu’il n’est pas dans le premier tier car sinon, ce serait l’attaquant quasiment parfait mais il est difficile d’imaginer comment il peut travailler ce point. Il manque de flexibilité au niveau du corps pour se baisser efficacement et ainsi baisser son centre de gravité. Là où son corps est une arme incroyable pour scorer, il l’est beaucoup moins pour créer. En revanche, ce n’est pas un mauvais driver car il arrive à bien utiliser les erreurs défensives adverses par la lecture des appuis pour attaquer vers le panier. Il arrivera surement à attaquer les close-out mal faits en NBA.
En défense, Cameron Boozer est très critiqué (souvent à raison à mon sens) mais je le trouve sûrement meilleur que la plupart des autres scouts. Sa défense extérieure off-ball est très bonne. Même s’il n’a pas une superbe mobilité, il compense par une lecture de jeu incroyable. Ca se voit dans son nombre d’interceptions (1.7 pour 40 minutes). Il se place très bien off-ball pour empêcher des lignes de passes ouvertes et n’est jamais perdu sur le terrain dans sa moitié de terrain. Il donne d’ailleurs beaucoup de lui-même, signe d’un très bon cardio, point important pour un joueur avec un corps. Sa largeur combinée à sa longueur et son moteur permettent à Cameron Boozer d’être un bon défenseur off-ball pour moi. Il est d’ailleurs très impliqué dans la direction de la défense, lui qui est très communicant sur où et comment ses coéquipiers doivent se placer. En revanche, il y a bien des défauts.
Le premier problème est sa protection de cercle. Il est très faible dans l’exercice avec 0.7 contres pour 40 minutes. Il manque clairement la verticalité fonctionnelle pour être bon dans l’exercice et ça se voit quand il doit venir en aide. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est obligé de jouer avec des joueurs comme Pat Ngongba ou Maliq Brown qui vont venir protéger le panier pour que Boozer n’ait pas à faire ça. Cela peut étonner d’ailleurs que Boozer manque de verticalité fonctionnelle quand on voit les indicateurs de verticalités qui sont très positifs (un nombre élevé de dunks et de rebonds) mais des chiffres à remettre dans le contexte (volume de dunk élevé mais pas tant si on remet dans le contexte du nombre de tirs pris au panier et rebonds gagnés plutôt par taille, envergure et placement). En NBA, Cameron Boozer devra être accompagné d’un protecteur de cercle au poste 5 comme ont pu avoir besoin des joueurs comme Domantas Sabonis à Indiana mais contrairement au pivot des Kings, Boozer a ce tir à 3 points qui permet de le faire à côté d’un pivot non shooteur et donc de ne pas avoir à forcer les assets pour faire venir les profils très rares de Myles Turner ou le fini Brook Lopez.
C’est un défenseur on-ball assez limité aussi. Au poste bas, il arrive à s’en sortir pour ne pas se faire complètement enfoncer grâce à une puissance supérieure à la moyenne. Il arrive assez bien à utiliser ses mains actives aussi pour déranger le bump. Cependant, son manque de verticalité défensive se voit aussi et son manque de vitesse tout court. Il ne peut pas vraiment revenir efficacement sur un joueur qui voudrait mettre un bump avant de dégainer un fadeaway sur la tête de Boozer. C’est encore moins bon sur la défense de drive où il se fait afficher sur son manque de mobilité latérale et surtout d’appuis. Ses appuis sont puissants mais trop peu flexibles de par un bas du corps déjà formé qui lui donne peu de marge sur le mouvement des chevilles. Ce problème fait qu’il a une mauvaise capacité à de retour vers son attaquant sur une décélération ou une accélération. Cameron Boozer sera sûrement un défenseur ciblé on-ball et l’équipe qui le récupèrera devra faire avec ce compromis.
En revanche, un point où il est bon est le rebond dont on a déjà un petit peu parlé. Cameron Boozer a d’excellents chiffres aux rebonds : il prend 10.2 rebonds par match, dont 3.4 offensifs. Il fait parti de l’élite récente des rebondeurs freshmen de High Major avec Kevin Love, Julius Rande, DeMarcus Cousins, DeAndre Ayton ou encore Jared Sullinger. Cameron utilise parfaitement son combo d’envergure, des mains magnétiques, de timing et de placement pour capter énormément de rebonds et donc de créer des transitions (avec des magnifiques outlet pass) ou des possessions en plus par le rebond offensif.
En somme, Cameron Boozer a un potentiel de producteur statistique de haut niveau. Bien au-dessus des autres prospects de la draft sur le plan du développement physique, il sera sûrement le favori au Rookie de l’année quand il arrive et ce, peu importe l’équipe dans laquelle il rentre. En revanche, il sera intéressant de voir comment Boozer peut évoluer et progresser en NBA avec ces rares mais importants défauts. Le plancher du joueur est très haut mais peut être pas très éloigné de son plafond. Il a totalement le scoring, le passing et les rebonds pour devenir un joueur All-NBA tel que Julius Randle ou Kevin Love mais a-t-il la capacité à progresser pour passer dans le range au-dessus ? Telle est la question.
Cameron Boozer : Le diable et le fils du diable
Carlos Boozer a fait une excellente carrière dans les années 2000. Après un beau parcours chez les Blue Devils de Duke (avec lesquels il a été champion en 2001 et MVP du tournoi de conférence en 2002), Carlos arrive chez les Cavaliers par le pick 35. C’est donc un petit peu plus bas que ce que les Mock Draft de 2002 prédisaient. Cependant, même si les m…
2. DARRYN PETERSON (KANSAS JAYHAWKS)
Darryn Peterson a tout bonnement été un enfer à évaluer tant le bruit de fond était énorme. Avec une année aussi marquée par des absences ici et là, les gens ont spéculé à fond. On a entendu des rumeurs d’embrouille avec le coach, d’un coaching staff qui faisait n’importe quoi, d’un staff médical à la ramasse ou d’un Peterson qui ne serait tout simplement pas un compétiteur. Depuis, l’intéressé à donner sa version des faits : il était touché par des crampes tout au long de sa saison liées à une prise de créatine qui, combinée à une déshydratation et un entraînement trop intensif, peuvent mener à des crampes. C’est allé tellement loin que Peterson a fini à l’hôpital et, selon ses mots, a cru mourir. En bref, difficile de juger la saison de Darryn Peterson malgré le fait qu’il ait réussi à jouer 24 matchs (et pas 4 comme Quaintance).
Ceci étant dit, la première chose qu’on peut juger chez lui est son physique très établi pour un freshman. Mesuré à 1m95 sans les chaussures lors du NBA Draft Combine, Peterson a montré des chiffres solides à l’envergure avec 2m08 de bras musclés. Ce n’est pas étonnant de le voir si musclé si jeune au vu de son environnement familial : son père est un ancien basketteur universitaire du côté de Akron et son frère, Darryl Peterson III, est un linebacker (Football Américain) passé par l’université de Wisconsin qui joue maintenant chez les Los Angeles Rams. Ce dernier mesure 1m85 “seulement” mais pèse 118 kilogrammes de muscle. Chez les Peterson, on sait prendre du muscle. Darryn Peterson a un corps tracé et prêt à performer en NBA.
La qualité première de Peterson est le scoring. C’est déjà un gros tireur à 3 points. Cette saison, il tourne à 38.2% de loin sur 165 tentatives. Le tir à 3 points est quasiment la moitié de ses tirs pris cette saison. Il est particulièrement dangereux sur du catch-and-shoot où son envergure lui offre un point de relâchement très haut et sa bonne relocalisation des appuis l’aide à se mettre dans les bonnes positions. Il confirme son toucher avec un bon 82.6% aux lancers francs. Dans d’autres contextes, comme l’AmeriCup U-16 de 2023, il a mis 42.9% de ses tirs de loin sur 14 tirs. Son pull-up semble un peu moins installé en revanche mais c’est difficile à juger avec ses soucis de crampes qui ont dû tirer trop fort pour le maintenir efficace de loin. C’est également une grande menace de tir à mi-distance. Dans cette zone, il est tout bonnement monstrueux. A l’aide de ses appuis et de son footwork, il arrive assez bien à dégainer sur la zone mid-range. Il a été efficace cette année avec 42.7%. La gamme de scoring est très variée chez Darryn Peterson mais il y a la question de la finition au panier.
Cette saison, il a peu scoré au panier avec 67 tentatives près du cercle pour une réussite de 59.7%. Sur les finitions non-dunkées, il est à 56.4%, ce qui n’est pas énorme. C’est un problème qu’on pouvait aussi voir au niveau High School pour plusieurs problèmes. Le premier, c’est que c’est un joueur plutôt below the rim car son explosivité n’a rien d’élite et son premier pas, aussi bon soit-il, n’a rien de tonitruant ou de suffisant pour les terrains fermés de High School ou de NCAA. Le deuxième souci est un léger problème d’utilisation de la puissance pour permettre de driver dans le trafic. Encore aujourd’hui, il est compliqué pour Peterson de finir sur un défenseur. C’est un bon provocateur de lancers francs avec un FTr de .371 mais ce n’est pas non plus un joueur exceptionnel dans le domaine.
Défensivement, Darryn Peterson a de quoi faire rêver car les outils sont merveilleux. Comme je l’ai dit plus tôt, il est doté de fabuleux bras qui sont à la fois longs et costauds. Son haut du corps de manière générale est déjà formé et lui permet d’ores et déjà d’encaisser de la puissance. Ses appuis sont vifs également et il sait se mettre en position préférentiel sur la défense de 1v1. Ce ne serait pas étonnant aussi de le voir tenir en NBA sur des post-up de petit comme les aiment Kyrie Irving ou autres. L’autre point intéressant est son playmaking défensif. Il tourne à 2.0 interceptions pour 40 minutes, ce qui est un excellent score. Ses bonnes mains, pas immenses mais d’une taille correcte, sa vivacité et sa capacité de lecture sont trois qualités clés qui permettent de croire aisément dans la transposition de cet outil en NBA. Encore plus intéressant : Darryn Peterson a montré qu’il avait les outils physico-athlétiques pour venir faire de l’aide en protection de panier. Pour 40 minutes, il tourne à 0.9 contres, ce qui est beaucoup pour un joueur de sa taille. Rares sont les freshmen de High Major qui ont tourné à 2% de BLK% minimum avec 25% d’Usage en faisant 1m96 ou moins : parmi eux, on retrouve des joueurs comme Marcus Smart, Markelle Fultz, Josh Okogie ou Grant Williams. On retrouve même James Harden qui, pour les gens qui s’en souviennent, défendait particulièrement bien au début de sa carrière et à Arizona State. Sur le potentiel défensif, Darryn Peterson peut devenir exceptionnel mais il doit faire attention à se montrer plus régulier dans l’effort (même si son effort est à contextualisé au vu de ses soucis tout au long de la saison) et a travaillé davantage ses lectures.
Au global, Darryn Peterson est, pour moi, un des deux joueurs de cette draft qui a la possibilité de devenir un membre des All-NBA Teams. La raison est simple : là où Cameron Boozer peut s’installer durablement comme un point d’ancrage absolument monstrueux d’une attaque, Peterson peut réveiller le fantasme de l’arrière 2-way qu’on a tant vanté, parfois à raison (Bradley Beal, James Harden) et parfois à tort (Jalen Green). La question est de savoir si Peterson fait partie de la première case ou de la seconde. Personnellement, je ne crois pas au fantasme d’un Peterson qui deviendrait un arrière de la cast des Jordan, Kobe ou Wade comme certains le pensent. En revanche, je le vois bien faire une grande carrière d’arrière dominant en NBA si son corps veut bien aller dans ce sens.
Mon avis sur Darryn Peterson
Du trio qui se battait pour la place de numéro 1 de la prochaine draft, Darryn était celui que j’avais le moins vu. Dybantsa était le MVP de la Coupe du Monde U-19 avant la saison universitaire et Cam Boozer a tout détruit sur son passage depuis son année sophomore. En bref, à côté de ces deux monstres (et par une petite flemme personnelle), Darryn étai…
TIER 3 : ALL-STAR CALIBER PLAYER
Chaque année, la NBA nous régale avec des débats houleux sur les résultats de vote du All-Star Game pour savoir qui est le grand intrus et qui est le grand volé. Dans ce tier, ce sont les joueurs qui, à leur prime, devraient atteindre ces discussions. Les joueurs pas assez bons pour rentrer dans le top 15 NBA mais suffisamment pour être proche du top 30-40 dans leurs meilleures années. C’est évidemment un tier plus large que le Tier 2 et qui va récompenser des profils différents, peut être un peu moins valuable MAIS trop fort pour qu’on passe outre. Dans la NBA actuelle, j’aurai tendance à considérer des joueurs comme Zach LaVine ou Lauri Markkanen dans ces conversations. Des joueurs qui ont beaucoup de limitations mais qui peuvent proposer, par exemple, un combo volume-efficacité au scoring qui les rendent assez intéressants. On peut aussi avoir des profils plus defensive-oriented comme Bam Adebayo qui remplit assez bien les critères pour rentrer dans cette case.
3. AJ DYBANTSA (BYU COUGARS)
Je vois vos questions venir d’ici : Pour quelles raisons AJ Dybantsa n’est pas un membre du Tier 2 ? Pourquoi AJ Dybantsa n’est pas, chez moi, au même niveau que Cameron Boozer et Darryn Peterson ? Déjà, ce n’est pas une réponse facile. Si je suis honnête, je devrai presque créer un tier 2.5 pour y mettre Dybantsa. Dans mon tier 2, je considère des joueurs que je mettrai, à l’avenir, dans un top 15-20 des meilleurs joueurs de la ligue. Dans mon tier 3, je mets des joueurs qui seront des candidats solides voire installés dans le top 35-40. Et je pense que AJ Dybantsa sera un joueur régulièrement casé dans un range 20-30, donc dans le tier 3 mais pas loin du tier 2.
Pour expliquer son jeu, il faut commencer par la base de tout chez lui : son corps, sa gestion de celui-ci et ce qu’il arrive à faire de tout ça. Il a un haut du corps très puissant avec des bras déjà musclés et un torse tanké. En bas, il a des jambes plus longues et fines mais qui disposent, au bout, d’appuis très puissants. La force de son jeu vient de là : ses appuis. Ils lui permettent d’exploser verticalement aisément mais ils sont surtout très mobiles pour changer de direction dans le mouvement de manière très fluide. Ce super-pouvoir de AJ lui permet de se dégager assez aisément de situations très fermées. L’autre force de son corps est son centre de gravité très haut. Si certains joueurs sont handicapés par le fait d’avoir des jambes trop longues, AJ a les qualités pour compenser les défauts de ce point tout en en conservant des qualités clés. Sans avoir le dribble le plus efficace de la draft, il accède facilement au panier grâce à des appuis puissants, mobiles MAIS AUSSI des enjambées tout bonnement immenses durant lesquelles il avale un espace monstrueux pour s’avancer vers le cercle.
Son drive est d’ailleurs très efficace. Cette saison, il tourne à 72.3% de réussite au panier, ce qui est énorme pour un joueur qui prend autant de tirs au panier (184). C’est d’autant plus impressionnant quand on prend en compte le fait qu’il n’est assisté que sur 20.3% de ses tirs au cercle et même si il y a une part de rebond offensif, il y a surtout une preuve que ce n’est pas un intérieur trop physique qui domine au près mais bien un joueur qui arrive à se créer lui même des opportunités au panier. C’est évidemment un dunkeur monstrueux au panier qui utilise sa verticalité et surtout ses appuis pour obtenir ce genre de point gratuit. Cependant, il montre beaucoup de toucher sur de la finition plus recherchée et montre qu’il peut finir des deux mains et que le contact n’est pas du tout une variable chez lui. C’est d’ailleurs aussi un énorme provocateur de lancers francs avec .490 de FTr, soit 8.5 lancers tentés par match. Il est d’ailleurs le leader de la NCAA en FTA total avec 296 lancers francs, juste devant Elijah Price de Nevada. Il a une gamme complète de feintes, de jab-step et de jeux d’appuis pour se frayer un chemin mais aussi pour se jouer de défenseurs un peu trop impatients de contrer AJ.
Quand il n’arrive pas à se créer un tir au panier, il arrive très bien à être létal à mi-distance. Dans la zone, il tourne à un très bon 46.3% de réussite sur un énormissime total de 272 tentatives. Ce chiffre est celui-là sans compter les séquences nombreuses où Dybantsa, parfois coincé autour de la ligne des lancers francs, tire en se jetant dans son adversaire pour obtenir des lancers gratuits. Comme le montre son bon 77.4% aux lancers francs, AJ Dybantsa a un bon toucher et une capacité à finir des tirs compliqués.
Mais le problème de AJ Dybantsa est que malgré un bon pourcentage aux lancers francs, une efficacité létale à mi-distance, un toucher fabuleux au près et sa confiance dans son scoring, il a un problème d’extension de son tir à 3 points. Déjà, il ne tente pas beaucoup de tirs à 3 points avec “seulement” 6.9 tentatives pour 100 possessions (c’est pas mal en soit mais à l’échelle du volume de scoring de Dybantsa, c’est peu) et a un 3PAr de .245. Je trouve qu’il a un problème classique des joueurs à fort taux de mid-range qui est la difficulté d’adapter le tir mi-distance à la distance 3 points, ce qui peut être compliqué. Ça demande une adaptation mécanique, de perception et d’habitudes qui peut prendre du temps même chez des joueurs comme Dybantsa qui ont de superbes bases. Là où c’est rassurant, c’est qu’il tente déjà des pull-up de loin qui montrent une aisance.
A la passe, c’est un joueur sous-développé contrairement à un prospect comme Boozer ou même Peterson mais qui montre des flashs intéressants. Doté de longs bras et d’une grande taille, il arrive à trouver des angles de passes difficiles et contrairement à plein d’ailiers scoreurs (coucou Cam Whitmore), il réussit à se débloquer l’envie de passer. Il manque beaucoup de bases techniques. Son nombre de balles perdues assez haut (3.1 turnovers pour 3.7 assists) est lié en grande partie à un manque de précision dans des passes, notamment des drive-and-kick. Il rate aussi parfois des opportunités plus évidentes. Cependant, il faut noter qu’il a une bonne envie et une polyvalence de passing intéressante sur son petit volume.
Le point faible est clairement la défense pour moi chez AJ Dybantsa. J’entends déjà les critiques de gens qui m’expliquent que c’est honteux de critiquer la défense de AJ Dybantsa pour valoriser celle de Boozer. Pourtant, la réalité est celle-ci : Dybantsa est un playmaker défensif d’une pauvreté rare, un protecteur de panier inexistant et globalement, un joueur qui a un ratio si pauvre entre la qualité de ses outils physiques et ce qu’il en fait. Cette année, il ne tourne qu’à 1.7% de STL%, ce qui est peu pour un joueur qui dispose d’une telle envergure et explosivité. Seuls 3 joueurs draftés dans le top 5 d’une draft depuis 2008 dans leur année pré-draft sans avoir 2% de STL% ou 2% de BLK% : RJ Barrett de Duke, Jaden Ivey de Purdue et Kon Knueppel de Duke. Comme je l’ai décrit dans l’article sur Dybantsa, RJ Barrett est un défenseur pauvre en NBA. De leurs côtés, Jaden Ivey n’a jamais été un défenseur (ou même un joueur) performant et Kon Knueppel n’a pas du tout les qualités physico-athlétiques d’un Dybantsa donc la comparaison n’a pas de sens.
Il faudrait qu’il développe un jeu défensif clair : soit AJ Dybantsa développe son intensité sur les lignes de passes en exploitant ses appuis puissants qui lui permet d’avoir une belle marge d’erreur, soit il passe en ailier fort mais il devra montrer qu’il peut être efficace sur de la défense de post-up MAIS SURTOUT sur de la protection de cercle secondaire. En l’état, AJ est un joueur qui ne sait pas qui il est défensivement et n’apporte rien. Là où Peterson est un super défenseur extérieur et Boozer comprend qu’il doit compenser ses limites athlétiques par sa compréhension du jeu incroyable, AJ Dybantsa doit apprendre à jouer la défense.
En somme, les raisons de mon placement de AJ Dybantsa dans un tier en dessous des deux autres sont multiples. La première est un tir à 3 points trop incertain comparé aux deux autres pour avoir ce côté menace dans les 3 zones. La deuxième est son jeu défensif pas du tout prêt et je ne sais pas s’il pourra le développer. On a vu des joueurs le développer et d’autres ne jamais le faire (RJ Barrett, Harrison Barnes) et on sait que ça peut vraiment mettre à mal des carrières. Je pense quand même que AJ Dybantsa fera une grande carrière et je ne veux pas le mettre dans la caste des forwards mid qu’on a pu avoir ces 15 dernières années comme Barnes, Barrett ou Kuminga mais le risque existe et je ne pense pas qu’il aura de quoi débloquer les deux points pour devenir un membre régulier des All-NBA Teams à l’avenir.
AJ Dybantsa le phénomène
AJ Dybantsa est fascinant à étudier. Chez lui, tout est spécial et unique mais en même temps très contradictoire. Descendant d’un père congolais et d’une mère jamaïcaine en restant un enfant de la région bostonienne, AJ est un produit unique autant dans ses qualités que dans ses défauts.
4. CALEB WILSON (UNC TAR HEELS)
Caleb Wilson est un prospect rare et très intriguant qui mérite qu’on s’attarde sur lui. Alors qu’en début de saison, la place de 4ème semblait promise à Nate Ament, c’est finalement Wilson qui s’est imposé comme le dauphin du Big 3. Avec une grosse saison aux côtés de Henri Veesaar et Seth Trimble, Wilson s’est démarqué en vu de la draft et est aujourd’hui présenté comme le grand favori à finir aux Bulls de Chicago.
Là où Wilson détonne est son athlétisme absolument monstrueux. Sur sa saison à UNC, il a réussit 67 dunks, ce qui est énormissime comme chiffre, surtout pour un freshman. Seuls Zion Williamson, Marvin Bagley, DeAndre Ayton, Anthony Davis, Jaxson Hayes, Khaman Maluach, Bam Adebayo, Tristan Thompson, Justin Patton, Daniel Gafford, Jalen Duren, Moses Brown et Andre Drummond ont réussi 67 dunks sur leur saison freshman. Cependant, il faut bien remettre dans le contexte : Caleb Wilson s’est blessé 2 fois à la main cette saison et n’a joué que 24 matchs et donc si on étend à 33 matchs de la saison de UNC, on atteint un total de 92 dunks et la liste se réduit aux seuls noms de Anthony Davis, Marvin Bagley et Bam Adebayo. Ce chiffre démontre bien une verticalité exceptionnellement fonctionnelle et surtout une capacité à accéder aisément au panier. Si on parlait d’appuis exceptionnels avec Dybantsa, on va faire une redite avec Wilson. Il arrive à très bien exploser sur les appuis pour se propulser où il veut et dans n’importe quel sens. Il a aussi une superbe mobilité et capacité à bouger dans l’espace qui est très impressionnante pour un joueur si grand. Si à tout ça on ajoute une belle envergure autour de 2m14, on a un profil physico-athlétique génial.
Évidemment, on se dit naturellement que de telles qualités donnent un bon défenseur. Dans le positif, on a un playmaker défensif de volume. Pour 40 minutes, il réussit 1.9 interceptions et 1.8 contres, soit 2.8% de STL% et 4.4% de BLK%. En plus de ça, c’est un très fort rebondeur avec 12.0 rebonds pour 40 minutes. Ce chiffre est d’autant plus impressionnant qu’il joue avec un très grand pivot du nom de Henri Veesaar qui prend du rebond en quantité (11.1 pour 40 minutes). Il a également des qualités athlétiques exceptionnelles qui lui offrent une marge d’erreur assez énorme pour un joueur de son physique. Le problème de sa défense est tout le reste. C’est un défenseur qui est proactif à un niveau assez rare mais qui manque de technique. Aux rebonds, il arrive à gratter bon nombre de ballons grâce à sa verticalité et ses mains magnétiques mais il n’a pas la technique de box-out. Lors des défenses de drive, il a des mains ultra actives pour gêner mais il donne trop et devrait parfois être moins actif mais plus sage. Trop de fois, il engage bien trop ses appuis et fait des erreurs de lectures et d’anticipation des appuis qui sont aberrantes. Off-ball, il est en galère sur les questions du placement, de déplacement et de decision-making loin du ballon. La prise d’écran n’est pas beaucoup mieux et semble à peine être au courant des scouting reports. On sent qu’il a passé des années dans un petit lycée de Georgie et pas dans un gros programme High School car il a ce souci de joueurs qui a passé trop de temps à jouer sa défenses sur ses qualités athlétiques sans avoir besoin de développer une compréhension.
Sur le plan offensif, c’est évidemment une menace de lob et de finition Pick & Roll potentiellement incroyable. De par sa verticalité et sa faculté de mouvement dans l’espace, il peut vraiment devenir exceptionnel. Cette année, UNC n’avait pas les meneurs pour jouer du Pick & Roll (le départ de Elliot Cadeau a fait mal à ce niveau-là) mais les quelques séquences avec du Henri Veesaar au poste haut qui envoie Wilson dans les airs ont vraiment été impressionnantes. Il n’a pas peur de finir au contact en plus et provoque bon nombre de lancers francs. Il devra apprendre à poser de meilleurs écrans mais il a tout pour être un finisseur incroyable au panier. De loin, c’est plus difficile avec un faible pourcentage à 3 points. Il n’a mis que 25.9% de ses tirs derrière la ligne sur 27 petites tentatives. Même aux lancers francs, les chiffres ne sont pas grandioses avec seulement 71.3%. Dans les différents contextes High School, il n’a jamais été un tireur intéressant et ça pose la question des limites offensives.
En revanche, on a un mi-distance très solide avec 44.4% de réussite sur 108 tentatives. C’est un joueur assez intéressant sur des turnaround fadeaways qu’il arrive à dégainer facilement. Sa vitesse de réception -> placement d’appuis -> déclenchement du tir est bonne et permet d’avoir un joueur efficace. Cependant, ça reste du mid-post assez rapproché de la raquette et pas du tir extérieur à mid-range qui pourrait devenir un tir à 3 points avec le temps. Cependant, à quel point un turnaround fadeaway en mid-post est si intéressant en termes de projection NBA si c’est la seule manière de scorer dont il dispose en dehors de la finition pure au panier.
Mais là où réside tout son potentiel est dans sa capacité à abaisser son centre de gravité grâce à ses jambes puissantes et une capacité à maintenir son équilibre dans des situations difficiles. On entrevoit grâce à cela un potentiel avenir en tant que driveur, ce qui permet de croire au fait que Wilson puisse devenir un joueur d’élite comme on en voit peu. Pour le moment, il n’a pas du tout le handle (en termes de variété, de changement de vitesse ou de decision-making) pour utiliser cet outil. Il se retrouve régulièrement bloqué par les défenses mais il existe un monde où il développe suffisamment cet outil pour devenir performant avec. Surtout qu’il montre des bonnes idées à la passe même si il a beaucoup de défauts en termes de prise de décision et de précision de ces mêmes passes.
En somme, Caleb Wilson est un projet absolument fascinant. Il ne serait pas étonnant qu’il finisse par être le meilleur joueur de la draft et ce serait en même temps très étonnant. Je pense qu’il a trop de qualités athlétiques pour ne pas faire de carrière du tout. Cependant, son développement va être très dépendant de l’équipe dans laquelle il va tomber et de comment elle décide de jouer avec lui. Après des années de gimmicks de forwards avec du “potentiel” (Cam Reddish, Isaac Okoro, Patrick Williams, Jonathan Kuminga, AJ Griffin, etc), on a enfin un prospect forward qui montre très concrètement de la performance sur le terrain pour justifier les propos sur son potentiel de star. Cependant, il n’est pas prêt en l’état. Il faudra retravailler sa mécanique de tir, sa manière de retomber sur ses appuis, ses box-outs pour les rebonds, sa méthode de dribble ou encore sa pose d’écran pour être un joueur efficace. Chez moi, il est 4 car son potentiel est trop haut mais il aurait pu totalement descendre. Tout dépend comment vous pondérez le ratio entre le risque et le reward.
Caleb Wilson : Welcome to the Freak Show
“Freak” est un terme qui a profité d’une amélioration de la connotation au fil du temps (lié à de nombreuses luttes socio-politiques). A l’origine, le freak était le monstre. Les Freak Show étaient une popularité d’un temps ancien où l’on prenait tous les humains qui ne rentraient pas dans les normes (principalement physiques) pour les exhiber aux yeux …
5. BRAYDEN BURRIES (ARIZONA WILDCATS)
Brayden Burries est un arrière qui dispose, malgré son jeune âge, d’un très bon physique. Il dispose d’une bonne envergure ainsi que de larges épaules qui sont idéales pour le poste d’arrière en NBA. C’est également un bon athlète qui possède une vraie verticalité fonctionnelle. Cette verticalité fonctionnelle se retranscrit dans son nombre de dunk sur la saison (17). Cette saison, seuls 6 autres joueurs de 6’4” (1m93) ont réalisé au moins autant de dunks en High Major : Tyler Tanner, Terrence Brown, Otega Oweh, Nate Johnson, Boogie Fland et Killyan Toure. C’est également un rebondeur assez bon pour son poste avec 14.5% de DREB%, le tout dans une équipe disposant d’avaleurs sous les cercles comme Tobe Awaka, Motiejus Krivas ou Koa Peat. Rares sont les freshmen-sophomores capables de combiner ça à cette taille : Jaden Ivey, Victor Oladipo, Kris Dunn ou encore Bradley Beal font parti de cette maigre liste avec d’autres noms plus anecdotiques comme Travis Leslie ou Markel Brown.
Offensivement, ce n’est pas juste un dunkeur : on a un driver intéressant au cercle. Il a un très bon 65% de réussite au panier. On le voit déjà provoquer pas mal de lancers en utilisant ses épaules puissantes et son maintien de l’équilibre en drive. Cette saison, il tourne à un très honorable .395 de FTr qui lui permet d’obtenir des paniers faciles. Il a aussi un bon MoreyBallRate pour un jeune prospect avec seulement .255 de tirs tentés à mi-distance. A titre de comparaison, le roi du Morey Ball Javon Small l’an passée était à .210. Mais il a un bon tir à mi-distance : quand il ne se créé pas d’accès facile vers le panier, il arrive à s’arrêter d’un coup pour s’élever dans les airs et tirer autour de la ligne des lancers francs.
Ce point nous permet d’arriver sur son tir à 3 points. Il est bon. Burries a sorti une saison freshman à 39.1% de loin sur 179 tentatives qui sont bien corrélés avec les 80.5% aux lancers francs sur 169 tentatives. Il a une belle mécanique et une variété de tirs tout à fait intéressante. Sa mécanique part de haut et sa relocalisation des appuis lors du catch-and-shoot est bonne. Il a une belle variété de tirs qu’il prend : on le voit s’essayer en catch-and-shoot mais aussi en pull-up, en step-back, etc. Il est aussi comptabilisé comme créateur de son tirs sur près d’un quart des 3 points qu’il prend, ce qui est un bon indicateur également. Il a progressé tout au long de sa saison en prenant son rythme doucement et a fini avec une année 2026 à 40.8% de loin. La seule question que j’ai sur son tir à 3 points est un manque de distance dans son tir. On sait que la ligne sera encore plus loin en NBA qu’elle ne l’est en NCAA et il reste souvent proche de la ligne quand il tire. Je n’ai pas tant de doutes qu’il arrivera à régler ce défaut mais c’est à surveiller.
Brayden Burries n’est pas un mauvais passeur mais n’est pas un bon non plus. C’est clairement le soucis de son profil en attaque pour le moment c’est qu’on a assez peu de séquences où on voit un dégagement de balle efficace une fois la différence faite ou l’erreur défensive vue. Si Brayden Burries arrive à progresser à ce niveau, c’est un potentiel de star assez évident. Les indicateurs sont d’ailleurs assez positifs : on a un bon ratio assists/turnovers de 1.7 et un indicateur d’interceptions à 2.0 pour 40 minutes, ce qui démontre une capacité de lecture du jeu assez bonne en défense ET DONC qu’il pourrait faire de même en attaque.
Passons à l’aspect défensif maintenant. On a commencé en disant qu’il prenait du rebond défensif de manière significative et que c’était intéressant comme atout dans le jeu des possessions de la NBA actuelle. En défense, son profil physique costaud, de par des épaules marquées dans un physique déjà solidement construit (92 kilos pour 1m93), lui permet d’être un bon défenseur on-ball capable de faire déjouer des très bons attaquants. Il a également de bons appuis dynamiques pour aller avec. C’est également un bon playmaker défensif. Comme on l’a dit plus tôt, c’est un joueur qui tourne à 2.0 interceptions pour 40 minutes, ce qui est impressionnant. Il utilise bien sa compréhension du jeu et ses longs bras pour obtenir des transitions faciles.
Cependant, il a des défauts défensifs assez importants : déjà, c’est un freshman qui fait pas mal d’erreurs d’inattention quand il est off-ball. Ça arrive et ça se travaille mais plusieurs joueurs l’ont passé dans son dos et ont obtenu des tirs ouverts ou au moins non-défendu par Burries. C’est aussi un joueur large sur le haut du corps et donc, comme on peut s’y attendre, il a du mal à passer les écrans en défense et ça sera plus dur à travailler que la concentration en revanche. Il faudrait le voir dans un système défensif autre que Arizona mais je me demande aussi si il n’y a pas un potentiel de protecteur de panier en aide à gratter au vu du combo lecture-envergure-verticalité.
En somme, Brayden Burries est un prospect fabuleux dôté de nombreuses qualités et finalement assez peu de défauts majeurs. Ca le rend, pour moi, assez facilement candidat au top 8-10 car il pourrait devenir une star de par la malléabilité de son profil physico-technique. Il est utilisable dans beaucoup de contextes et beaucoup de situations. C’est un choix alléchant MAIS attention à ce discours qui a déjà coûté cher à des franchises qui ont pris des joueurs bons en tout et excellent en rien et se sont retrouvés avec des joueurs pas au niveau sur les bras comme Johnny Davis aux Wizards.
PEAT & BURRIES : la course de l'Arizona vers le titre
Comme toujours, Arizona est une équipe majeure de la scène basketball universitaire masculine. L’équipe est dans les hauteurs de la NCAA et elle ramène régulièrement de bons prospects. Cette tendance n’est d’ailleurs pas prête de s’arrêter vu que Arizona a officialisé l’arrivée, la saison prochaine, de Caleb Holt, un des top prospects de la cuvée 2027. …
6. EBUKA OKORIE (STANFORD CARDINAL)
On parlait de Keaton Wagler qui n’était pas du tout attendu comme un joueur du premier tour en tant que freshman. En effet, 247Sports le classait comme 100ème du classement 247Composite à l’échelle nationale. A titre de comparaison, le 100ème du classement de l’an dernier était Peyton Marshall et comme pas mal de joueurs dans ce range, il a fait une saison à 4.4 minutes à Missouri avant de monter à 10.5 sur la saison suivante à Georgia Tech. Pourtant, Ebuka a surpris tout le monde en annulant sa venue à Harvard et a switché pour rejoindre Stanford afin de garder le côté académique tout en passant dans une conférence sportivement bien meilleure comme la ACC. A Stanford, Ebuka a performé comme rarement un freshman l’a fait au Cardinal. Avec 719 points mis sur une saison, il a fait la 3ème meilleure saison de l’histoire de l’université derrière la saison senior de Adam Keefe et celle de Chasson Randle. Malheureusement, le manque de coéquipiers de grands talents et quelques blessures ont empêché Ebuka Okorie de faire partie d’une équipe compétitive.
Ebuka Okorie est un scoreur absolument incroyable. Le meneur a scoré plus que quiconque en ACC cette saison, même par rapport à Cameron Boozer ou Juke Harris. Commençons par son tir extérieur qui est très bon. Cette saison, il a mis 35.4% de ses tirs de loin sur 178 tentatives. Ce chiffre n’est pas exceptionnel mais compte tenu de la dépendance tactique de Stanford à Okorie, il a été assisté sur uniquement 41.3% de ses tirs à 3 points. A l’aise balle en main, il arrive aisément à dégainer dans des tonnes de situations. C’est évidemment un joueur qui peut tirer en catch-and-shoot mais aussi derrière un écran ou en pull-up. Sa polyvalence de tirs est réelle et son toucher est très bon. On peut d’ailleurs voir ce dernier point dans son pourcentage aux lancers francs qui est très bon avec 83.2% de réussite sur 226 tentatives. Son point de relâchement est plutôt haut. Il a un dribble très bon, fluide, avec lequel il navigue aisément dans l’espace. Okorie ne semble avoir aucune limite de range et son step-back explosif lui offre énormément de possibilités quand il veut scorer par sa propre création. En bref, Ebuka Okorie a un tir extérieur adapté à la NBA. Il montre autant sa qualité de finition que de création de tir. Par ailleurs, il est assez efficace cette saison à mi-distance avec 42.4% de réussite dans la zone.
Un point assez important de son jeu est lié à son physique incroyable. Il était assez clairement un des gagnants de la NBA Draft Combine. Il n’est mesuré qu’à 1m85 sans les chaussures mais a gagné sur tout le reste. S’il est petit, son envergure a été mesuré à 2m03, ce qui est beaucoup pour un joueur de sa taille. La majorité des joueurs avec une telle envergure ont souvent 2 à 3 inches (donc entre 5 à 8 cm de différence) de plus sur la taille pure. Il a également des mains immenses pour sa taille : selon les mesures de la Combine, il a des mains égales à l’ailier Billy Richmond III et elles sont proches de celles de joueurs comme Rafael Castro, Aday Mara, Tyler Bilodeau ou encore Allen Graves. Il a également de longues jambes qui lui permettent de faire de longues enjambées. Ces différents points majeurs permettent à Ebuka Okorie d’être un driveur intéressant. Pourtant, ces chiffres de réussite au panier ne sont pas excellents : en effet, il ne met que 56.3% de réussite au cercle. Cependant, il y a des points que j’aime souligner pour nuancer la “faible” réussite au panier. La première est son nombre de tirs au panier. Il a tenté 240 paniers au cercle, ce qui représente 47.7% de ses tirs. Cependant, c’est un chiffre à nuancer pour une autre raison : la provocation de lancers francs. Ebuka Okorie est un provocateur de lancers francs d’élite avec 7.3 tentatives par match, ce qui lui donne un FTr de .449. Ebuka Okorie est un joueur qui combine des épaules larges, des bras longs, des mains grosses et une capacité à encaisser le contact qui lui permet de jouer le contact et de jouer dans le trafic. Il est également particulièrement créatif au panier avec une capacité à tenter des moves variés pour éviter les défenses et les forêts de bras. Il a une bonne allonge pour accéder au panier et finir mais il n’a pas nécessairement une explosivité élite pour dunker à répétition. Il doit travailler sa finition pour améliorer sa réussite au panier. Cependant, il faut absolument recontextualiser son jeu avec la faiblesse de l’effectif de Stanford. Hormis Benny Gealer ou Jeremy Dent-Smith, aucun joueur de Stanford n’a montré une performance de shooteur de grande qualité cette saison.
Au passing, c’est intéressant par séquence mais difficile de juger la qualité au vu du manque de finisseurs autour. Ses mains et bras sont longs et grands pour arriver à contourner les défenses. Il montre une belle variété et une capacité à passer dans différentes situations. Comme sa finition, il montre qu’il peut passer des deux mains. Cependant, difficile d’en dire vraiment plus. J’aimerai beaucoup voir Ebuka Okorie quand il aura un casting d’un meilleur niveau en NBA.
En défense, je le trouve intéressant aussi. Déjà, c’est un super playmaker défensif avec 1.8 interceptions pour 40 minutes. On en revient avec cette qualité d’explosivité horizontale, son envergure longue et ses grandes mains qui lui permettent d’arriver sur les lignes de passes vite et efficacement. Il est aussi assez disruptif sur l’homme aussi avec des mains très actives. Sur l’homme d’ailleurs il peut être bon avec ses épaules larges et ses mains actives qui lui permettent d’être relativement solide défensivement. En revanche, il faudra voir si il peut garder la constance, développer les lectures et travailler ses timings. Avec son volume offensif, nul doute qu’il ne peut pas donner tout son jus en défense. De manière générale, je trouve que son profil physico-athlétique est idéal pour la défense sur les postes de guard mais il faudra voir si il a l’envie et la capacité de lecture pour le développer encore plus.
J’étais sceptique au début sur le profil de Okorie. J’ai toujours du mal avec les joueurs qui explosent sur 6 mois miraculeusement. C’est pour ça que j’ai mis du temps à aimer Okorie comme j’ai toujours été sceptique sur Joan Beringer lors du cycle dernier. Mais aujourd’hui, je dois me rendre à une certaine évidence : Ebuka Okorie est le genre de meneur que je trouve très valuable grâce à sa valeur de scoring et sa non-négativité en défense. Le passing doit être travailler plus en profondeur mais rien que le fait qu’il ne perde pas beaucoup de ballons est déjà rassurant.
7. BENNETT STIRTZ (IOWA HAWKEYES)
Bennett Stirtz a un parcours absolument unique dans cette draft et je le trouve particulièrement sous-évalué par la masse de scouts ici et là. Le meneur de Iowa est talentueux et je le considère aisément dans la discussion au PG1.
Déjà, il faut mettre beaucoup de contexte sur la saison et le parcours atypique de Stirtz. Le meneur est passé par la DII avec Northwest Missouri State avant de suivre son coach Ben McCollum à Drake. Après une saison fabuleuse en DI où il a été tout simplement un des, voire le, meilleur joueur de mid-major, il a rejoint Iowa, toujours en compagnie de McCollum. Bennett Stirtz ne fait pas partie d’un système à Iowa, il EST le système. Il est l’alpha et l’omega de l’attaque des Hawkeyes. Si lui tourne à 19.8 points par match, le deuxième scoreur de l’équipe, Tavion Banks, ne tourne qu’à 10.2 points. Ce sont les deux seuls joueurs de Iowa a tourné à minimum 10 points par match et l’écart entre Stirtz et le reste est juste énorme. Il a, du coup, un temps de jeu tout bonnement impensable pour un joueur de ce volume de jeu avec 37.7 minutes (la NCAA joue du 2 x 20 minutes), soit moins que l’an passé où il tournait à 39.4. Si Bennett Stirtz dispose d’un cardio absolument incroyable, il faut aussi le protéger d’un effort trop intense et de blessures. C’est pour ça que, je pense, Iowa jouait un low-tempo à l’extrême. La dépendance totale et absolue à un seul joueur forçait l’équipe à limiter le rythme pour permettre à Stirtz de terminer les matchs sans être cramé. C’est pour ça que personnellement, je mets de côté les réserves sur le fait qu’il serait un joueur trop low-tempo et qu’en NBA, son decision-making et sa création ne se retranscrivent pas. On voit bien tout au long de la saison qu’il est capable de créer à partir de rien dans un temps très court dans des situations où l’attaque est tout simplement catastrophique.
La première force de Bennett Stirtz est son tir et notamment sa création de tirs. C’est la première raison de sa présence dans mon top 6. Peu lui importe la zone, la défense ou la situation, il arrive à dégainer souvent et de partout. Si on combine les années à Northwest Missouri State, l’année à Drake et cette saison à Iowa, on a un très solide 37.4% de réussite à 3 points sur 618 tentatives, ce qui est un échantillon suffisamment grand pour attester d’un super tir à 3 points. Il confirme d’ailleurs cette qualité de toucher avec de nombreuses statistiques comme son pourcentage aux lancers francs (82.8% de réussite sur 610 tentatives) ou son excellente saison chez les Hawkeyes en termes de réussite à mi-distance (46.9% sur 130 tentatives). On a aussi une confirmation du toucher par les finitions au cercle non-dunkés depuis 2 saisons à 69.1% sur 262 tentatives. Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants quand on sait que Bennett Stirtz n’est assisté que sur 45.7% de ses tirs à 3 points cette année et ça descend même à 36.1% l’année dernière. C’est tout bonnement aberrant en terme de volume de création. Seul Ebuka Okorie dans cette draft semble tenir ce genre de rythme avec 41.3% de tirs assistés à 3 points. Tous les autres meneurs sont au-dessus des 50% et parfois très au-dessus comme Acuff avec 69.2%. D’un point de vue technique, on est sur un tireur parfait ou quasiment. Il n’a aucune limite de distance, il a un footwork exceptionnel qui lui permet de se créer des tirs à partir de rien et il est parfaitement à l’aise dans la manipulation des petits espaces. Sa capacité à relocaliser ses appuis lors d’un step-back ou d’un décalage est incroyable également. C’est probablement le tireur le plus établi de cette draft. Il est très fonctionnel autant à 3 points qu’à mi-distance. Il est même capable de réussir des tirs sur une jambe dans le chaos. Il est autant un super créateur de tirs sur une possession posée que sur une possession chaotique car il est probablement un des meilleurs joueurs pour profiter du chaos de la défense adverse.
Parlons de son playmaking plus en profondeur. Je peux aisément dire que Stirtz avec un écran est un des 3 systèmes les plus puissants de cette draft et de la NCAA l’an prochain. Stirtz dispose d’un bon dribble qui ne lui permet pas d’exploser mais qui est idéal pour naviguer dans les petits espaces par une répétition élevée du rebond de dribble. Il est à l’aise avec le changement de rythme, de direction et la manipulation visuelle, ce qui le rend très dur à anticiper sur du Pick & Roll ou Pick & Pop. Malheureusement, il n’a eu aucun intérieur de Pick & Roll capable d’encaisser du volume sur les deux dernières années pour encore plus faire la démonstration de ce skill formidable. Attention, ne vous y méprenez pas, son chiffre de passes est trompeur. Bennett Stirtz n’est pas un passeur de flashs mais bien de volume quand on remet dans le contexte de son jeu low-tempo. A nombre de possessions égales, il a plus d’assists que Cade Cunningham et à peine moins que Haliburton. Son passing est vraiment varié : il passe des deux mains, capable de faire des passes au sol comme en l’air, il peut trouver ses intérieurs comme ses tireurs. Il a un poignet mobile, une maîtrise de son jeu balle en main qui lui permet d’avoir les bons angles dans les bons timings. Sachant qu’il a fait tout ça dans des effectifs très limités offensivement, ça donne beaucoup d’espoir sur sa capacité à performer comme playmaker dans la NBA de 2026.
Mais alors pourquoi Stirtz n’est pas le PG1 de manière évidente pour tout le monde ? En effet, un profil de meneur shotmaker d’élite et playmaker de très haut niveau, c’est tout ce qu’on attend dans la NBA moderne. Le gros point d’interrogation est sa capacité à driver. C’est assez clair que Stirtz peut avoir du mal dans le trafic et notamment face au contact. Plutôt évitant que rentre-dedans, Bennett n’est pas un joueur qui attaque très violemment le panier. C’est d’autant plus clair quand on voit son FTr de .314, ce qui est très faible. Les meneurs qui ont moins de .320 de FTr avec 25% d’Usage et qui finissent dans le top 15 ne sont pas légions : Trey Burke de Michigan, Stephen Curry de Davidson, Jamal Murray de Kentucky, Cameron Payne de Murray State, D’Angelo Russell de Ohio State, Coby White de UNC, Rob Dillingham de Kentucky et Egor Demin de BYU. Si on enlève Stephen Curry qui a des qualités de mouvements off-ball et de shooting tout bonnement inatteignable pour Stirtz tant le Chef a mis la barre haute, les réussites ne sont pas folles. Cependant, les réussites sont plus liées à un shooting qui ne se retranscrit pas autant et/ou un passing trop absent pour compenser. Or, on a vu avant que Stirtz a ce genre de qualité à de très haut niveau. Ces défauts que je cite semblent être antagonistes avec une statistique de Bennett Stirtz : il a tourné respectivement à 72.1% et 70.5% au cercle sur les deux dernières saisons. Le souci, que je partage, est qu’il tente autant de tir au cercle que de mid-range. Cette statistique s’explique par une explosivité horizontale pas folle car son dribble ne lui permet de retranscrire cette explosivité efficacement. Ce qui crée un problème important de capacité à trouver des tirs au panier facilement. En revanche, je mettrais 2 points en avant : le premier est que, même si ce n’est pas suffisant pour compenser, il reste probablement le meilleur pour prendre un tir de seconde chance à mid-range quand il se retrouve coincé. Deuxième chose : probablement que seul Flemings a subi un pire cast de spacing cette saison et que je pense que dans le spacing NBA, ses qualités de décélérateur et manipulateur des espaces lui permettront d’aller suffisamment au cercle. En revanche, oui, il devra, comme d’autres, prendre de la masse et aller jouer beaucoup plus le contact car la valeur de provocation de lancers francs est trop énorme pour s’en passer.
L’autre souci que les gens ont avec Bennett Stirtz est sa défense. Clairement, il n’est pas élite. Il est assez clair qu’il a un souci de prise d’écran en défense qui le rend dépassé très souvent sur l’homme. Si à ça on ajoute son manque de puissance sur le haut du corps, il est une cible de 1v1 assez évidente. C’est d’autant plus flagrant dans le contexte qu’il a depuis 2 ans où il est obligé de minimiser ses efforts (bien qu’il se donne malgré tout) pour garder du jus en attaque. Cependant, je ne suis pas si négative sur sa défense au global et notamment grâce à une valeur énorme de 2026 : le playmaking défensif. A l’aide de sa belle envergure de 1m98 et ses mains immenses (il a les mêmes mains que l’ailier Dillon Micthell ou l’intérieur Trey Kaufman-Renn), il gratte beaucoup d’interceptions et ce malgré son économie d’énergie relative. Cette saison, il tourne à 2.3% de STL% mais il montait à 3.5% l’année dernière. Dans un contexte où il pourra donner un peu plus de jus en défense, je le vois bien être un joueur capable d’atteindre les 2 interceptions pour 36 minutes sans trop de difficulté. En revanche, contrairement à d’autres meneurs comme Wagler, il n’y a rien à attendre sur une quelconque valeur au rebond et je pense quand même que sa valeur de défense on-ball sera faible. Il demandera peut être un arrière capable de défendre à côté comme en ont eu besoin (Curry a eu Klay, Lillard a eu McCollum… On souhaite à Stirtz d’avoir mieux que le deuxième on va dire).
Bennett Stirtz est un joueur tout bonnement exceptionnel et que je trouve cruellement sous-côté pour des questions d’âge et des critiques qui ont complètement décontextualisé la performance de Stirtz depuis 2 ans. Celui qui a ramené Iowa vers le sommets grâce à un upset tonitruant contre Florida puis Nebraska mérite d’être un candidat au PG1 à mes yeux et j’espère que je vous en aurai convaincu. Si ce n’est pas le cas, je n’ai aucun doute que le terrain s’en chargera.
Darling Alert : Bennett Stirtz in the lineage of great playmaker
The “Primary Ball-Handler” is the jewel that every team search and it’s normal. It’s really difficult to have a great offense without having a great ball-handler. During the last playoff, we see that NBA contenders need this player who can dribble, create separation, score with the ball and find his open teammates : Tyrese Haliburton, Shai Gilgeous-Alex…
8. KEATON WAGLER (ILLINOIS FIGHTING ILLINI)
Keaton Wagler a été une immense surprise tout au long de la saison NCAA. Personne ne pensait qu’un joueur classé 261ème des lycéens chez 247Sports pouvait se faire une place dans la draft. Mais on pensait encore moins qu’un joueur de ce genre puisse être le leader offensif d’une équipe qui a fini au Final Four alors même que la hype était concentré sur la bande des joueurs issus des balkans comme les frères Ivisic, David Mirkovic ou Mihailo Petrovic. Aujourd’hui, Keaton Wagler est 7ème de mon board et est candidat au top 5 de la draft.
Wagler est un meneur de très grande taille à 1m96 sans les chaussures selon les mesures de la combine. Même si il a des bras assez petits (seulement 1m98) et des mains petites, son corps de grande taille compense ses outils. Ce n’est pas nécessairement un super athlète car il n’a pas un premier pas explosif. Sa verticalité est nulle à un niveau historique : depuis 2010, seul Jalen Wilson a réussi à se faire drafter avec un total de 0 dunk en faisant 1m98 ou plus avant au moins 140 tirs tentés au cercle. En somme, Keaton Wagler a énormément de limites athlétiques. Dans le contexte NCAA, il a énormément de problèmes athlétiquement mais avoir cette taille, cette capacité à passer physiquement tout le monde par-dessus, c’est un énorme plus. La question est de savoir comment cette qualité peut se retranscrire en NBA. En effet, si en NCAA il a dû faire face à Bennett Stirtz, Braden Smith, Bruce Thornton ou Elliot Cadeau, la NBA n’est pas la même. Comment son jeu peut se traduire dans une ligue où les meilleurs meneurs sont Tyrese Haliburton, Cade Cunningham, Luka Doncic, LaMelo Ball, Dylan Harper ou Shai Gilgeous-Alexander, c’est à dire des meneurs qui font tous au moins 1m96 ?
La qualité première de Keaton Wagler est son tir et sa création de tirs. Cette saison, il tourne à 39.7% de loin sur plus de 200 tentatives. Sur catch-and-shoot, il est létal et ne semble pas avoir de limites de distance. Pourtant, malgré sa taille, Keaton Wagler ne dégaine pas si haut et son explosivité ne lui permet pas d’exploser verticalement quand il tire. Il compense avec une mécanique très rapide. C’est un très bon créateur de tirs également qui arrive aisément à utiliser son footwork pour créer les espaces nécessaires pour dégainer. Sa relocalisation des appuis est bonne. Il réussit 39.7% de ses tirs de loin en étant assisté sur uniquement 48.3%, soit plus que tous les meneurs de la draft hormis Bennett Stirtz, Ebuka Okorie et Christian Anderson Jr. Il confirme également sa capacité à rentrer les tirs avec un excellent pourcentage aux lancers francs de 79.6% sur 216 tentatives. En revanche, à surveiller la performance à mid-range. En effet, cette saison, sur seulement 89 essais, il ne tourne qu’à 34.8% de réussite. Le volume est petit donc à relativiser mais ça reste un indicateur pas positif de la saison de Wagler.
En revanche, il y a des questions sur sa finition au panier. En effet, il ne réussit que … de ses tirs au panier selon Barttorvik. Seulement 5 joueurs de 6’6” ont réussi à être drafté avec 0 dunk et moins de 58% de réussite au panier : Jalen Wilson, Justinian Jessup, Andrew Harrison, Joe Harris et Davon Reed. Sachant que ce sont les chiffres des saisons sophomores de Jessup (il est drafté 2 ans après), freshman de Harrison (il est drafté 1 an après), freshman de Harris (il est drafté 3 ans après) et freshman de Reed (il est drafté 3 ans après). En somme, ce sont d’assez mauvaises nouvelles. Les problèmes liés sont les mêmes que pour le reste : un souci évident de verticalité, d’explosivité, un premier pas trop faible et une puissance physique limitée. En revanche, je mettrai un peu de nuances dans la critique. Dans une équipe où le spacing était parfois limité avec Tomislav Ivisic, Andrej Stojakovic ou David Mirkovic, les limites se sont vraiment beaucoup vues. En revanche, dans une NBA où le spacing lui offrira bien plus d’espaces et où il pourra user de son footwork pour gratter de l’espace via des spin moves et de la décélération, il pourrait être bien plus performant. Évidemment, il aura toujours des soucis notamment d’allonge et de capacité à se projeter au panier, mais ils seront moins en vue. Enfin, point positif majeur dans cette question : Keaton Wagler est à .476 de FTr
A la passe, c’est un meneur bon voire très bon. L’absence d’intérieurs pour jouer le Pick & Roll n’a pas permis de mettre ça autant en valeur chez lui mais son passing est bon. Sa taille est ici un énorme plus car il peut dépasser ses vis-à-vis par dessus ou en contournant les défenses. Sa variété de passe est bonne et on aimerait en voir plus. Il perd assez peu de ballons avec 4.2 passes décisives pour seulement 1.8 turnovers. Il prend de bonnes décisions régulièrement et fait jouer son équipe à la perfection, ce qui permet aux Fighting Illini d’être une attaque d’élite cette saison.
En défense, en revanche, c’est là que ça pose problème. Sa taille est intéressante en termes de perspective mais l’utilisation de cette dernière est fortement discutable. Déjà, malgré une bonne taille et des bonnes lectures, Keaton Wagler est un très faible playmaker défensif. C’est très peu d’avoir moins de 2% de STL% et, en termes de chiffres dits bruts, seulement 1.1 interceptions pour 40 minutes. C’est difficile de comprendre ce chiffre mais au final, c’est assez logique. Keaton Wagler est peut être grand mais pas assez explosif pour aller sur les lignes de passes, son envergure n’est pas immense et ses mains sont très petites. Cependant, attention à bien contextualiser les performances à l’interception des joueurs de Illinois cette année comme j’en ai parlé dans mon Scouting Report en prenant la comparaison de Boswell qui a beaucoup baissé en performance dans ce secteur en passant d’Arizona à Illinois. Au-delà de tout ça, Keaton Wagler montre des limites de placements, de lucidités et de prises d’écran qui ne sont pas rassurants. Également, difficile de penser que ce joueur pourra, comme certains, tenir des meneurs adverses en post-up et malgré sa taille, il n’a même pas d’apports sur la protection de panier à cause de sa faible verticalité.
En somme, j’aime bien Keaton Wagler malgré tout. Je pense que le contexte NCAA/Illinois n’a pas été en faveur de son jeu malgré sa performance exceptionnelle cette saison. Dans une NBA plus ouverte et avec un meilleur spacing, je le pense capable d’être une vraie star. En revanche, il faut rester attentif car sa saison peut aussi être compliquée à retranscrire en NBA. Comment survivre en NBA si la défense l’affiche clairement et que l’attaque est trop limitée. J’ai hésité à le descendre encore mais la capacité à créer des tirs et sa taille sont deux bons atouts et je le trouve plus sur que d’autres joueurs comme Brown ou d’autres.
La surprise du chef Underwood : Keaton Wagler
Brad Underwood avait concocté un délicieux menu pour la draft 2026 à Illinois. On commençait avec une entrée simple au gout de déjà-vu avec des saveurs venus de Serbie et de Grèce tout en y ajoutant du modernisme étatsunien. Le plat principal était un énorme steak monténégrin qui, malgré les apparences, cachait en réalité une légèreté et une technicité …
9. MIKEL BROWN JR (LOUISVILLE CARDINALS)
Mikel Brown Jr a une hype monstrueuse chez les scouts, notamment en France. Il est régulièrement considéré comme un candidat au titre de meilleur potentiel de la draft. En effet, certaines personnes voient en lui un potentiel de playmaker primaire de premier plan qui combine avec ça de la taille et du tir. Cependant, je ne le considère qu’à la 9ème place de mon Big Board pour des raisons diverses et variées.
Je suis déjà assez d’accord avec le fait que Mikel Brown Jr est un super tireur de 3 points. Malgré une réussite de “seulement” 34.4% sur ses tirs de loin, ça n’en reste pas moins un fabuleux tireur extérieur. Pourtant, la réussite sur les tirs à mid-range (24.4% sur 41 tentatives) donc comment je me permets de dire que Brown est un bon shooteur ? Déjà, il a de très bons chiffres aux lancers francs avec 84.4% de réussite sur 122 tentatives. Ensuite, comme j’en avais parlé pour Demin l’an passé, il faut passer outre la réussite et regarder d’autres facteurs. Mikel Brown est un joueur qui tente beaucoup de tirs à 3 points et dans une grande variété. Il tente des tirs de très loin et ne semble pas avoir de limites de distance. Tout au long de la saison, il a varié entre des catch-and-shoot, des tirs en sortie de handoff, des pull-ups, des step-backs ou encore des side-step. On sait bien que la variété de tirs tentés est tout autant voire plus que la réussite car elle indique un niveau de confiance du joueur mais aussi du coach dans la capacité du joueur à prendre et développer une variété de tirs. On a aussi des contextes autres pour vérifier cette qualité de tirs. Lors de la saison 2023-2024 en OTE, il confirme un excellent pourcentage aux lancers francs. Avec les équipes jeunes des USA, il a montré une capacité à shooter efficace. Lors de la Coupe des Amériques U-18 en 2024, il a mis 35.4% sur 34 tirs. L’année suivante, lors de la Coupe du Monde U-19 de 2025, il met carrément 47.6% de ses tirs sur 42 tentatives. En somme, même si il y a un travail à faire pour maintenir l’efficacité et la régularité sur le tir, il y a des excellentes bases en place cette saison.
Le travail à faire sera autour du decision-making et c’est ici ma critique majeure de MBJ en tant que prospect. C’est un joueur qui a un talent certain mais qui prend tellement de mauvaises décisions que ça gâche toute la valeur qu’il pourrait avoir. Trop souvent il tente des tirs absolument irréalistes. Que ce soit des tirs en première intention alors qu’il est contesté ou des tirs du logo sur 3 défenseurs, il a une tendance assez dérangeante à prendre des tirs trop négatifs alors même que l’équipe de Louisville offre malgré tout de bonnes options de finition comme Ryan Conwell, Isaac McKneely ou Sananda Fru. De manière plus générale, son decision-making mène aussi à un nombre élevé de turnovers avec 4.2 turnovers pour 40 minutes avec seulement 6.5 assists. Les prises de décisions sont souvent précipitées et mal venues par MBJ. Evidemment, on peut toujours se rassurer en se disant qu’en prenant de la maturité, il deviendra élite. Ceci dit, on sait que c’est lié à beaucoup d’autres facteurs que la simple jeunesse et que la volonté, l’envie, la capacité de lecture et la manière de voir le jeu sont tout autant des facteurs impactants pour savoir si un joueur peut, ou non, changer de manière de faire.
La question du drive est plus compliquée. En effet, on pourrait se dire que c’est plutôt inquiétant de voir un meneur aller aussi peu au panier. Il n’a tenté que 72 tirs au panier sur la saison, ce qui est même moins que Christian Anderson Jr (certes, Mikel a joué moins de matchs donc modulo le nombre de matchs, il en a plus mais quand même). En revanche, sur tout le reste, ça me semble assez positif. La réussite est solide (65.3%), il montre une dunkabilité fonctionnelle qui permet de dire que sa verticalité et sa taille sont bonnes, son dribble est bon et varié pour accéder aisément au panier et sa provocation de lancers est relativement bonne. Cependant, il faudra travailler sur deux points malgré les valeurs de toucher et d’accession au panier. Le premier point est le même que citer plus haut, c’est à dire la prise de décision parfois très douteuse. Le deuxième est de savoir comment son physique peut être problématique au contact quand il drive. En effet, il semble un peu fragile sur les jambes et il semble difficile pour lui de réussir à naviguer à travers le contact dans ce contexte de croissance supposée de son corps combiné à des blessures gênantes. C’est clairement un point difficile à juger dans la mesure où les blessures ont probablement biaisé sa saison mais si je m’en tiens à mon visionnage entre la Coupe du Monde U-19 et la saison à Louisville, j’ai une impression de potentiel réel mais pas d’une assurance énorme.
A la passe en revanche, Mikel Brown Jr est juste magistral. Sa taille est un incroyable bonus dès qu’il s’agit de jouer du drive-and-kick ou du Pick & Roll. Il contourne aisément les défenses avec ses bras. Il trouve des angles difficiles aisément et semble parfois avoir des yeux derrière la tête. Il prend des risques et si ça lui coûte quelques balles perdues, ça n’en reste pas moins intéressant car ça le rend plus imprédictible. Il sait passer des deux mains et dans plusieurs rythmes. Clairement, la valeur du passing et son côté dangereux dans plusieurs zones du terrain au scoring en font un attaquant constamment dangereux sur un terrain mais les prises de décision douteuses n’aident pas du tout son cas.
En défense, sa taille et sa longueur aident bien et il arrive ainsi à prendre des interceptions en coupant bien les lignes de passes. Il a également une bonne envie pour être un défenseur sur l’homme relativement efficace. Son physique le rend difficilement dépassable et son envie permet d’aider à ça. Par contre, le niveau défensif n’est pas exceptionnel non plus. Sa puissance physique est trop faible pour avoir autant d’impact et on pourrait regretter qu’il ne soit pas un intercepteur d’élite avec cette capacité de lecture. Il a parfois des manquements notamment off-ball où ses placements ne sont pas toujours très bons.
Mais le plus gros problème est la question de sa santé : Mikel Brown Jr est-il blessé ? Si oui, à quel point ? Et quelle trace cela va laisser sur son futur. On sait que des blessures au dos peuvent laisser des traces assez lourdes sur les joueurs. Et si il en garde des séquelles, est ce qu’on n’a pas vu les limites sur le drive cette saison et donc un decision-making qui, aussi mauvais soit-il, serait plus justifiable par un corps qui ne permet pas de driver et force à prendre des tirs difficiles ?
Au global, Mikel Brown Jr pose beaucoup de questions majeures sur les blessures, le potentiel et l’évolution d’une carrière. J’entends parfaitement que le potentiel d’un meneur de grande taille capable de scorer de loin et au panier est excitant. Je suis même d’accord sur le fait qu’il a ce potentiel et que ça a une valeur énorme. Cependant, je ne pense pas que ce soit si probable qu’il atteigne ce potentiel et, en revanche, le monde où il ne fait pas grand chose en carrière est probable. Surement un peu trop boom or bust pour que j’accroche au profil à mon goût.
Mikel Brown Jr : créateur de chaos ou créateur chaotique ?
Mikel Brown Jr fait parti des grands noms de la fameuse course au PG1 (PG1 pour dire Point Guard First, soit le premier meneur de jeu) de cette draft dense à ce poste. Il était déjà très hypé au niveau lycéen et a été classé à la 8ème place chez ESPN juste derrière Darius Acuff mais bien devant Kingston Flemings (22ème) ou Keaton Wagler (hors du top 100…
10. ADAY MARA (MICHIGAN WOLVERINES)
Avec les départs de la draft des pivots Pat Ngongba II et Motiejus Krivas et un titre remporté avec Michigan dans le cadre de la March Madness, Aday Mara s’est assez clairement imposé comme le meilleur pivot de la draft. Pourtant, jusqu’ici, Mara n’était rien d’autre qu’un phénomène d’Europe qui n’avait absolument pas réussi à s’imposer à UCLA. Après deux saisons à 11.5 minutes par match, le géant est devenu un candidat sérieux au top 10 de la draft NBA 2026.
Déjà, c’est un physique incroyable. Mesuré à 2m21 sans les chaussures, il s’inscrit comme le joueur le plus grand de la NBA Draft Combine, juste devant le pivot Luigi Suigo. Il dispose aussi d’une grande envergure, mesuré à 2m28. Avec l’annonce du retour de Rueben Chinyelu en NCAA, Aday Mara a la plus grosse envergure du NBA Draft Combine. Evidemment, il a le plus haut standing reach de toute la draft à 2m97. On peut aussi regarder ses résultats aux Combine en le comparant à d’autres joueurs au-dessus de 2m20 : Zach Edey, Rocco Zikarsky et Tacko Fall. Sur l’exercice du Lane Agility, il a fait un moins bon temps que Zach Edey mais est au-dessus de Rocco et Tacko, sachant que Tacko Fall avait fait un score historiquement bas. Sur l’exercice du Shuttle Run, il n’a pas été très bon et clairement, Rocco Zikarsky et Zach Edey ont été bien meilleurs. En revanche, il reste meilleur que Tacko Fall. C’est la même chose sur le ¾ Sprint où il est meilleur que Fall mais derrière Edey et Zikarsky. Les exercices de mesure du vertical leap (standing ou max) donnent des résultats similaires. Au global, on note 3 choses clés. La première, c’est que j’ai dit un nombre de bêtises terrifiant sur Zach Edey lors de sa draft. La deuxième, c’est que Tacko Fall est un athlète historiquement nul. La troisième, c’est que Aday Mara se situe entre les deux d’un point de vue athlétique. Quand on regarde l’évolution de Aday, on sent un gros travail sur la mobilité qui a été fait. D’un pivot incapable de bouger dans l’espace, Michigan en a fait une menace qui arrive bien à naviguer autour de la raquette sans être forcé d’y rester et son profil physique lui donne une suffisante marge d’erreur pour être performant.
Défensivement, Aday Mara est un protecteur de cercle performant. Meilleur contreur de la Big Ten, il a été l’arme finale de la meilleure défense de la NCAA. Avec sa taille et ses longs bras, il est clairement une arme de dissuasion incroyable au panier qui empêche les adversaires d’avoir la même confiance de prendre leur tir. Quand on sait que Michigan dispose de joueurs comme Yaxel Lendeborg, Morez Johnson, Roddy Gayle ou d’autres qui emmènent les joueurs vers Mara, le pivot n’a qu’à cueillir les adversaires au cercle. Quand Mara était sur le terrain cette saison, les adversaires ne mettaient que 48.8% de leurs tirs au panier contre 56.5% quand il n’est pas là. Il bouge relativement bien autour du cercle pour ne pas se faire dépasser. Sa capacité de lecture et d’anticipation sont aussi bonnes.
Alors évidemment, Aday Mara n’a pas la mobilité suffisante pour sortir sur des guards. Même si on le voit de temps en temps bien utiliser ses bras pour fermer la ligne de drive sur des 1v1 forcés à son désavantage, il n’est pas du tout fait pour tenir ce genre de rôle de switch-all. D’ailleurs, malgré ses bras longs et sa vision de jeu de bonne qualité, il n’est pas un joueur qui fait des masses d’interceptions avec 0.5 interceptions pour 40 minutes sur sa carrière universitaire. Son profil défensif est donc limité mais il est très bon dans un point majeur d’une défense et rien que pour ça, sa valeur défensive sera très bonne sachant que là où il est limité (mobilité, switchabilité), il n’est pas aussi limité que plein d’autres joueurs à son poste. Un autre point où il a de l’impact est sa capacité à prendre des rebonds grâce à sa taille et son placement.
L’autre énorme point fort est son passing qui est énorme. A la manière de joueurs comme Andrew Bogut, il aime utiliser sa taille pour délivrer le jeu lui-même, que ce soit depuis le poste haut ou le poste bas. Ses mains envoient des passes précises dans le bon timing. Il peut autant servir des tireurs dans les corners que des ailiers athlétiques qui vont au alley-oop. Il trouve les cuts dans le bon timing. Il est aussi bon sur du handoff pour utiliser sa taille gênante pour libérer de la place et donner un tir ouvert. Cependant, sa grande spécialité est son outlet pass pour lancer la transition de manière efficace. Il est très fort pour capter le rebond et envoyer une passe à un Lendeborg qui court en transition. Il fait ça dans le bon timing et sans envoyer le ballon dans le public et c’est un véritable plus dans la NBA de la bataille de possessions.
Le point de scepticisme est sa capacité de finition. Alors oui, Mara est un joueur qui a fait une bonne saison de finition au panier avec 81.1% de réussite dans la zone. En effet, sa taille et sa mobilité lui permettent d’aller aisément au panier, ce qui lui a permis de claquer 81 dunks cette saison. Rares sont les joueurs qui combinent 81 dunks et plus de 80% de réussite dans la zone dans les High Majors : DeAndre Ayton, Anthony Davis, Udoka Azubuike, Daniel Gafford et Doral Moore. Il a d’ailleurs assez bien scoré à mi-distance aussi avec 41.1%. Sa taille et son standing reach lui permettent de scorer efficacement par-dessus tous ses adversaires.
Pourtant, il y a un problème qui me semble clé : sa capacité à catch la balle dans le mouvement. Un peu trop souvent à mon goût, et malgré le talent de distributeur de Cadeau, il a tendance à ne pas arriver à prendre la balle efficacement. Beaucoup mettent ça sur le dos d’une mauvaise coordination main-oeil et de problèmes proprioceptifs et je suis d’accord sur ce point. Cependant, je me demande si le mal n’est pas plus profond et ne serait pas tout simplement lié à la taille de ses mains qui, proportionnellement à son corps, sont petites. Selon les mesures de la NBA Draft Combine, il a les mains de la même taille que les ailiers Allen Graves et Tyler Bilodeau, deux joueurs à qui il met environ 20 centimètres. Là où Zach Edey a des mains immenses qui lui permettent d’attraper la balle dans n’importe quelle situation, Aday Mara est plus proche d’un Rocco Zikarsky qui n’a pas un catch radius aussi élite que son envergure et sa taille laissent paraître à cause de mains petites.
L’autre problème est son tir à 3 points qui semble bien loin. Si il a rentré pas mal de mid-range cette saison, le tir à 3 points est trop loin. Si on combine tous les chiffres trouvables (NCAA, ANGT, Zaragoza, Huesca, Espagne U16 U17 U18), on a un 6/22 de loin (extrêmement faible volume et faible réussite de 27.2%) et 207/356 aux lancers francs (volume solide mais réussite très inquiétante de seulement 58.1%). Pourtant, imaginer un pivot de 2m21 qui peut tirer de loin est très excitant en termes de perspective mais là où Zach Edey pouvait laisser des bribes d’espoir avec un pourcentage aux lancers francs corrects, Mara n’a aucun indicateur positif. La portée du tir ne fonctionne pas et nul doute que sa taille est gênante car le fait qu’il soit trop grand mène à une courbe plus plate du tir. En gros, l’attaque de Aday Mara se limite pas mal à du passing de haut niveau pour un joueur de sa taille et des finitions au panier mais au-delà, il ne faut pas attendre de création de tirs ou du shoot à 3 points de la part du pivot.
En conclusion, je dirai que Aday Mara est évidemment le meilleur pivot de cette draft, n’en déplaise à Henri Veesaar, Chris Cenac, Zuby Ejiofor, Tarris Reed ou Luigi Suigo. Le potentiel de Mara est celui d’un pivot protecteur de panier et sert de tour de contrôle en attaque. Ce jeu a de la valeur en NBA qui valorise la taille et le mouvement. Après 2 années décevantes, Aday Mara est enfin de retour dans les conversations de draft et pas pour y faire figuration. Je crois en Aday Mara et je pense qu’il va faire une carrière de joueur calibre all-star mais dans un rôle très particulier.
11. KARIM LOPEZ (NEW ZEALAND BREAKERS)
Karim Lopez sera assurément le premier choix de la draft 2026 appelé qui n’aura pas joué en NCAA. L’ailier a passé deux bonnes saisons chez les New Zealand Breakers. C’est un profil physique typique de la NBA moderne : un ailier de de 2m05 avec une envergure de 2m16, c’est typiquement les chiffres de LeBron James ou de beaucoups de très bons ailiers modernes. Athlétiquement, c’est également intéressant en termes de mobilité mais aussi en verticalité.
Cette force se voit par exemple aux rebonds où il a une vraie valeur. Il tourne à 9.5 rebonds pour 40 minutes cette saison, ce qui est très honorable pour un joueur de son poste. Il a un vrai impact aux rebonds offensifs quand il utilise sa longueur et sa verticalité pour aller capter des rebonds par-dessus les vis-à-vis. Il capte aussi 2.8 rebonds offensifs pour 40 minutes ce qui est très honorable dans cette équipe qui joue plus le rebond sur les placements collectifs que sur un seul monstre du rebond comme d’autres.
Son physique de qualité se traduit aussi en playmaking défensif. Cette saison, il tourne à 1.2 interceptions et 1.0 contres par match (ce qui donne 1.8 interceptions et 1.6 contres pour 40 minutes). On est face à un exceptionnel playmaker défensif qui combine des atouts physiques d’une grande qualité mais aussi une très bonne lecture de l’attaque adverse pour aller chercher des ballons sur les lignes de passes. Il a aussi une bonne activité défensive et il montre beaucoup d’envie sur le parquet. Il montre aussi une capacité à être un protecteur de panier efficace à terme. Certes, les chiffres sont exagérés car les Breakers n’ont pas de bons protecteur de panier (aucun autre joueur à minimum 1 contre par match dans l’équipe). En revanche, il faudra surveiller son decision-making défensif qui parfois laisse à désirer. Ce problème de décision est évidemment lié à une utilisation parfois douteuse de son coach Petteri Koponen mais aussi à une jeunesse et une inexpérience. Ce problème est mis en exergue par un nombre élevé de fautes faites par Lopez avec 4.6 fautes pour 40 minutes (2.9 fautes pour les 25.6 minutes qu’il joue). Karim Lopez a une tendance à gamble un peu trop, à s’accrocher un peu trop lors du rebond défensif adverse et ça semble lié à une tendance à s’énerver tout seul. Ce sont des problèmes d’immaturités qui se règlent mais qui peuvent poser un souci lors de l’adaptation au monde de la NBA. Il y a aussi des problèmes de placements défensifs et de communications qui mènent à des trous chez les Breakers. En somme, les bases défensives sont intéressantes d’un point de vue envie et outils physiques mais il va devoir travailler son jeu et ses fondamentaux défensifs pour performer au niveau NBA.
En attaque, il a de bonnes qualités. La première, à mon sens, c’est le passing. Il a une très bonne lecture du jeu ainsi que des attributs physiques qui lui permettent de voir beaucoup d’espace et d’atteindre beaucoup de terrains par une passe. Il a un poignet assez flexible pour atteindre de nombreuses zones. Il a un très bon jeu en drive-and-kick en exploitant les décalages qu’il crée pour servir les shooteurs ouverts des Breakers.
On peut donc parler de son jeu en drive de manière générale. Il a un très bon handle pour sa taille qui lui permet d’accéder au cercle. Il a une bonne habilité à changer de direction en dribble qui lui permet de naviguer facilement. Il a aussi un bon footwork et un bon équilibre balle en main. Encore une fois, sa verticalité se traduit bien dans ce domaine avec un total de 33 dunks sur la saison, ce qui est particulièrement solide pour son nombre de tirs et de minutes. Ca l’est d’autant plus que l’utilisation de Karim Lopez fut douteuse cette saison avec Koponen qui a décidé de faire de Lopez un spot-up shooter. Mais il montre beaucoup de limites sur sa finition au cercle par la mauvaise prise de contact une fois qu’il est dans les airs. Il a tendance à exploser au contact et ce qui fait que Karim Lopez n’est pas un provocateur de lancers si bon. Il n’a “que” .330 de FTr sur la saison passée et c’est un peu léger.
Parlons de son tir. Il n’est pas catastrophique sur le tir, loin de là. En revanche, c’est compliqué de l’imaginer être un tireur à 3 points efficace dès les premières années en NBA. On a une saison à 32.2% de loin et 73.9% aux lancers francs. Ce ne sont pas de mauvais chiffres mais pas des bons non plus.Ces chiffres sont d’ailleurs corroborés par la saison précédente où il tourne à 30.8% de loin et 74.1% aux lancers francs. Quand on regarde ce qui a pu se passer aussi avec l’équipe nationale mexicaine, on a un 2/8 de loin sur le TQO précédent, on n’est pas forcément rassuré. Il est aussi limité dans le registre de tirs qu’il essaie avec quasiment uniquement des tirs en spot-up.
Pour finir, j’aimerai le voir plus souvent jouer off-ball. J’ai bien aimé ce que j’ai pu voir de lui off-ball avec des bonnes séquences sur cut ou de la finition PnR. Son physique lui permet de poser de bons écrans en théorie et d’aller vite à l’arceau et j’ai très envie de le voir beaucoup plus utiliser ce genre d’outils en NBA.
Au global, Karim Lopez est un potentiel fabuleux qui mettra du temps à exploser. Les bases sont superbes pour en faire un top role player qui va apporter dans la bataille des possessions, sur du jeu off-ball et être un moteur de transition très efficace. Il a de quoi développer des outils de star dans le futur mais il faudra qu’il tombe dans le bon environnement qui lui donne le temps pour travailler à terme.
Karim Lopez, l'énigme
Karim Lopez est probablement le prospect international le plus précoce de la génération 2007. En 2022, il tourne à 15.2 points et 9.8 rebonds lors du Centrobasket U-15 où il est, avec Richard Fernandez (République Dominicaine) et Felipe Quinones (Puerto Rico, qui ira à FAU l’an prochain) un des meilleurs scoreurs du tournoi. L’année suivante, il se déma…
12. YAXEL LENDEBORG (MICHIGAN WOLVERINES)
Yaxel Lendeborg est né en 2002, ce qui veut dire qu’il aura 24 ans le 30 septembre. Beaucoup se disent qu’un prospect de 24 ans est un prospect sur lequel il n’y a rien à gratter et il n’y a plus tant d’évolution possible. Je pense que c’est une règle générale mais que comme toute règle générale, elle a ses limites et ses exceptions. Yaxel a commencé le basketball organisé il y a tout juste 7 ans. La plupart des joueurs de l’âge de Yaxel ont commencé le basketball depuis au moins 10 ans. Il démarre à Arizona Western en NJCAA et performe petit à petit. Là-bas, le coach lui donne carte blanche à la création et à la finition et devient un phénomène. Leader du scoring, du rebond et de la défense, Yaxel joue sur tous les tableaux et intéresse petit à petit les facs majeures de la NBA. Lendeborg était prêt à jouer en Big East avec St John’s mais il se retire quand Rick Pitino signe en tant que coach et Yaxel finit à UAB, en AAC (conférence de Memphis notamment, pas la ACC de Duke et UNC). Là où beaucoup auraient besoin d’un temps d’adaptation, ce n’est pas le cas de Lendeborg qui performe dès le 6ème match de la saison contre Furman. Il est le leader de UAB et mène les siens vers la victoire lors du tournoi de conférence pour accéder à la March Madness. L’année suivante, il domine encore plus et ce même si Memphis, autour de Tyrese Hunter et PJ Haggerty, est meilleur collectivement. Yaxel Lendeborg est juste le meilleur joueur. En 2 ans, Yaxel Lendeborg est doublement meilleur rebondeur de la conférence, double DPOY de la conférence et MVP du tournoi AAC en 2024. Il rejoint donc Michigan pour la saison 2025-2026. Si les statistiques sont moins impressionnantes car le cast est bien meilleur, son impact reste énormissime. Il finit donc champion de NCAA, membre des équipes Consensus All-America qui réunissent les meilleurs joueurs de la NCAA et finit joueur de l’année de Big Ten devant Keaton Wagler et Braden Smith. Le tout avec autant d’expérience dans le basketball que des freshmen et sophomores actuels et une progression d’année en année qui se voit à vue d’oeil.
Yaxel Lendeborg a un super profil physique pour un ailier. Mesuré à 2m05, il dispose d’une envergure titanesque de quasiment 2m22, ce qui fait de lui une des envergure les plus longues de la NBA Draft Combine. On sait la valeur exceptionnelle qu’a l’envergure dans la NBA actuelle pour les ailiers. Il a également des mains assez grandes pour un joueur de sa taille. Physiquement, il a déjà 23 ans donc forcément, il est bien plus formé que la moyenne. Avec ses épaules larges et ses bras musclés, il semblait parfois être un adulte au milieu d’enfants. Il a déjà un corps bien équilibré de manière générale avec des jambes longues mais qui restent fines et supportent un haut du corps plus costaud.
Ce sont tout autant d’outils physiques positifs dont Yaxel Lendeborg dispose pour être un super défenseur. Que ce soit en NJCAA, à UAB ou à Michigan, l’ailier a toujours été un défenseur qui produit énormément. Sur les trois années en D1, il tourne à 2.2% de STL% et 5.6% de BLK% (avec un pic à 7.2% lors de sa première année à UAB). C’est un super playmaker défensif. A l’aide de ses mains, de ses lectures, de sa longue envergure, de son énergie et de sa polyvalence, il peut attraper un nombre de ballons assez énorme. Il peut aussi occuper énormément de rôles en défense et on a vu que Michigan s’est régalé avec ça cette saison : on a vu Lendeborg être capable de défendre en 1v1 sur 90% des joueurs de NCAA mais aussi de rester sur les lignes de passe ou de servir sur de la protection de panier. Clairement, en défense, Yaxel est un couteau-suisse capable d’occuper énormément de rôles. C’est aussi un rebondeur important. Même si la taille de Mara et la puissance de Morez Johnson ont éclipsé cette qualité de Yaxel, il a montré être un rebondeur de grande qualité. Pendant 4 saisons consécutives entre Arizona Western et UAB, il a été un rebondeur d’élite. Il est très bon en box-out, sa puissance en NCAA lui permet de prendre aisément les positions et il finit le reste avec son combo d’envergure et d’énergie. Il a un sens des timings et une mobilité qui sont bons. Au global, je dirai que c’est un forward d’une polyvalence défensive assez rare.
Cependant, Yaxel Lendeborg n’est pas un attaquant incapable. Commençons par une autre capacité de Yaxel : le tir à 3 points. Sur ses 6 années universitaires (3 à Arizona Western, 2 à UAB et 1 à Michigan), il envoie 36.4% de réussite. C’est un tir qui a explosé sur le tard. A Arizona Western, il ne tente que 1 tir de loin sur sa première année et 31 sur les 3 années (78 matchs). A UAB, il démarre par une année à seulement 1.0 tentatives par match et seulement un tiers de réussite. L’année suivante, il passe à 1.9 tentatives et monte à 35.7%. A Michigan, cette saison, il a encore passé un cap en tentant 4.5 tirs à 3 points et avec un taux de réussite à 37.2%. Cette évolution montre un travail réel et qui fonctionne sur le tir du joueur. Son pourcentage aux lancers francs confirme ce travail. A Arizona Western, il a des chiffres de réussite faiblard avec seulement 66.7% sur la ligne. En revanche, il a travaillé suffisamment pour être exceptionnel sur ses trois saisons en DI. Il tourne à 79.2% sur la ligne en 3 années entre UAB et Michigan, ce qui est très bon. Clairement, il est un bon tireur à 3 points.
Cependant, Yaxel Lendeborg n’est pas juste un shooteur à 3 points. C’est également un efficace joueur qui sait comment driver et finir au panier. De par la manière dont il a évolué à Arizona Western où le coach lui donnait carte blanche, il a appris à créer lui-même ses drives au panier. Ca explique pourquoi malgré son poste de forward, il crée pas mal de ses tirs vers le panier et n’est pas servi en cut ou en post-up comme beaucoup d’autres. Son handle est un peu limité mais il est très fluide avec le ballon en main. Si lors de sa première saison, Yaxel a eu du mal à finir efficacement pour un joueur aussi physique (seulement 57.9% de réussite), ses performances se sont grandement améliorées. Sur sa deuxième saison chez les Blazers, il finit à 67.5% au panier puis il monte à 72.9% à Michigan. Le tout est d’autant plus impressionnant que l’un des soucis majeurs de Lendeborg est la verticalité. Malgré sa taille, sa longueur et son physique, il n’a réussi que 29 dunks cette année en ayant tenté 155 tirs au panier. L’année juste avant est encore plus choquante avec 24 dunks pour 228 tirs au cercle tentés. Seul un joueur d’au moins 2m06 a été drafté en NBA dans le premier tour avec moins de 25 dunks et plus de 220 tirs tentés au panier : Greg Monroe. Cependant, Yaxel est un bon provocateur de lancers. Il sait utiliser son physique puissant et sa longueur pour jouer le contact et obtenir des lancers francs. Au global, on a un driveur efficace, qui progresse, qui provoque des lancers mais qui risque d’avoir du mal à finir dans le trafic à cause de son manque de verticalité et des problèmes de variété dans le dribble quand il drive..
Son passing est bon pour un joueur de sa taille. A l’aide de sa longue envergure, il arrive à passer à travers les défenses et sa taille lui permet de trouver des angles difficiles. Son expérience de porteur de balle à Arizona Western a été d’une grande aide pour le faire devenir le connecteur de haut niveau qu’il est déjà aujourd’hui. Après, il ne faut pas s’emballer non plus. Yaxel Lendeborg n’a pas le passing ultra avancé ou le handle d’élite pour être un porteur de balle d’élite en NBA mais le connecting combiné à la puissance est d’une grande valeur.
Il y a un grand débat autour de Yaxel Lendeborg : est-il trop vieux pour être performant ? Il aura 24 ans et peut-être que son plafond est déjà atteint ? Cependant, il a un parcours particulier. Il a commencé plus tard que la majorité des joueurs. De plus, il continue de progresser à vue d’oeil et c’est impressionnant à suivre. La progression n’est pas infinie mais contrairement à d’autres joueurs senior, elle ne s’est pas terminée à 22 ans. Peut être qu’il en a encore sous la pédale. Évidemment, les limites font que je ne le mets pas plus haut et son comportement, qui a parfois irrité le public, pose question dans la NBA d’aujourd’hui. Au global, Yaxel Lendeborg est un joueur polyvalent, performant et prêt à jouer directement.
13. JAYDEN QUAINTANCE (KENTUCKY WILDCATS)
Jayden Quaintance a eu un parcours absolument unique dans cette draft. Arrivé en NCAA pour la saison 2024-2025 avec Arizona State après avoir decommit d’Arizona, il était tout bonnement trop jeune pour aller légalement à la draft NBA de 2025. De toute façon, il a eu un gros Torn ACL qui a mis fin à sa saison. Pour sa saison 2025-2026, il avait décidé de rejoindre Kentucky et d’être la force au poste 5 de cette équipe. Cependant, il semble être revenu trop tôt, a fait une rechute trop dure qui l’a empêché de jouer plus de 4 matchs (contre St John’s, Bellarmine, Missouri et Alabama), le tout avec son père qui semble être impliqué dans tout ça. Malgré tout, il se présente à la draft avec la prétention d’être un candidat assez attendu du premier tour.
Si je devais décrire Jayden Quaintance, je le décrirai ainsi. Vous prenez Victor Wembanyama. Vous lui enlevez 20 centimètres. Vous lui mettez des mains en carton à la finition. Enfin, vous lui mettez des genoux en cristal. A la fin, vous avez un joueur trop cool parce que la base est hypante mais le projet est lointain.
La grande valeur de Jayden Quaintance réside dans son potentiel défensif. Déjà, il a un physique absolument incroyable. Le pivot de Kentucky n’est pas très grand : il n’est qu’à 2m06 selon les chiffres de la NBA Draft Combine. Pour un pivot, c’est assez petit même dans le pseudo small-ball sur le déclin de la NBA. Cependant, Jayden Quaintance joue très grand et ce grâce à une arme exceptionnelle : ses bras. Derrière Rueben Chinyelu, Aday Mara et Luigi Suigo, Jayden a la plus grande envergure de toute la NBA Draft Combine. Mesurée à 2m27, Quaintance obtient de par ses bras un bonus de taille énorme. En plus de ça, il dispose d’immenses mains. Ses mains sont plus longues et larges que Aday Mara ou Luigi Suigo. Ceci étant dit, c’est aussi un joueur athlétiquement fabuleux.Cependant, sa longueur n’est même pas sa qualité la plus dingue. Il est musclé comme aucun prospect n’est musclé à son âge. Arrivé à 17 ans en NCAA, il avait déjà des bras formés en termes de muscle, des épaules larges et il est très puissant. C’est sincèrement lunaire d’être un joueur aussi musclé et NBA ready physiquement à son âge. Mais en plus de ça, il a l’audace d’être ultra mobile pour un intérieur qui lui permet de bien bouger dans l’espace. Il est également rapide pour un joueur de son profil physique. C’est pour ça que je l’appelle Wembanyama avec 20 cm de moins : il combine, comme le phénomène des Spurs, une capacité à occuper l’espace horizontal, vertical et temporel.
Forcément, c’est un prospect au potentiel défensif absolument dément. D’ailleurs, on en voit des flashs absolument fabuleux. En terme de protection de panier, il montre une capacité à être élite. Pour 40 minutes, il tourne à 3.6 contres, ce qui est un excellent score. Ses longs bras, ses mains immenses et un certain sens du timing lui permettent d’aller chercher des drives aisément. Son bras est d’une certaine mobilité pour aller chercher des angles ultra difficiles. Il arrive à chercher des joueurs sur des aides de retard de manière efficace. Cependant, il montre une capacité aussi à switcher qui est impressionnante et on sent qu’il peut tenir une variété de poste qui est forte pour un intérieur NBA. C’est aussi un playmaker défensif de qualité car ses mains immenses et ses bras immenses lui offrent une capacité à avaler de l’espace sur les lignes de passes. Il est aussi capable d’être agressif sur le jeu balle en main. C’est ainsi qu’il tourne à 1.5 interceptions pour 40 minutes, ce qui est un bon chiffre pour un intérieur. Rares sont les freshmen qui ont performé autant d’interceptions et de contres en High Major : Anthony Davis, Onyeka Okongwu, Joel Embiid, Nerlens Noel, Austin Daye, Isaiah Jackson, Flory Bidunga, Eric Moreland, Reggie Chaney et Chris Obekpa. Quaintance est vraiment un prospect rare, peut être même unique, défensivement. Comme un Wembanyama quand il est arrivé : le potentiel est énorme, les flashs sont juste exceptionnels mais les erreurs sont nombreuses. Cependant, les athlètes sont si incroyables que les marges d’erreur sont énormes. En plus de ça, Quaintance est un bon rebondeur qui utilise ses mains, ses bras et sa verticalité. Par contre, il doit continuer à travailler les box-outs et les placements pour devenir vraiment élite dans le rôle de rebondeur car son potentiel dans le registre est énorme.
En revanche, en attaque, c’est beaucoup plus fruste. Le toucher de Jayden Quaintance est extrêmement pauvre. La preuve est son chiffre de réussite aux lancers francs : seulement 45.2% sur 82 tentatives. Le span est vraiment petit mais les autres contextes nous montrent que c’est pareil. Lors de l’AmeriCup U16 de 2023, il ne met que 57.1% de ses 28 lancers. Quand on combine les différentes performances en Overtime Elite, on a 58.9% de réussite sur 95 tentatives, ce qui est également très peu. Sur le tir à 3 points, ce n’est pas beaucoup mieux. Il n’a jamais montré un semblant de capacité à espacer le terrain. Si on combine, encore une fois, l’OTE, les performances FIBA et la NCAA, on a un 21.9% extrêmement faible sur 73 tentatives. Ses mains sont limités de manière générale et il semble incapable de finir autrement sur du dunk et même ses créations de lancers francs ne lui permettent pas de scorer. C’est là que je dis qu’il est un Wemby sans les mains. Son pourcentage aux lancers francs et son scoring est limité au scoring dunké et au alley-oop.
En revanche, un point où il rejoint Wemby est l’aisance sur le dribble. Malgré sa taille, il est fluide avec le ballon en main. Il n’y a pas de créations de tirs (car il n’y a pas de tirs) mais il bouge bien dans l’espace avec la gonfle. Il est d’ailleurs un passeur assez intéressant. Il trouve bien les cuts dans le bon timing. C’est aussi un très bon pivot de handoff qui permet d’ouvrir des tirs ouverts à certains de ses coéquipiers. Sa vision semble bonne pour un pivot et on a vu pas mal de séquences en OTE où il navigue balle en main vers le panier pour dunker. C’est assez intéressant de voir ce qu’il peut faire sachant qu’il n’a pas de toucher comme un Wemby qui se sert de ça pour engager des pull-ups qui font la différence.
La grande question est la santé. Dans quelle mesure Jayden peut finir comme Harry Giles ? En effet, un joueur comme Quaintance qui se blesse gravement puis qui fait une rechute suite à retour trop rapide, c’est une histoire commune à beaucoup de joueurs qui subissent trop de blessures. Surtout que son physique, à cause de la lourdeur, demande à ses genoux de porter des lourdes charges sur la longueur du temps, d’un match et d’une saison. C’est d’autant plus inquiétant que d’après certaines rumeurs, son père aurait été derrière son retour rapide et ressemble à un entourage qu’on pourrait qualifier de toxique. Tout ça est une recette qui peut mener à des catastrophes.
Au global, Jayden Quaintance est un pari. Défensivement, il peut être tout bonnement exceptionnel avec des outils physiques de fou. Cependant, il faudra être plus capable de finir efficacement pour être performant en NBA. Si il devient le DPOY-caliber qu’il peut devenir, ça peut devenir exceptionnel. En revanche, ça peut devenir une non-carrière si les blessures se répètent et que le jeu défensif ne se développe pas. Concrètement, la question avec Jayden Quaintance est celle-ci : à partir de quel spot de draft vous êtes prêts à prendre le risque de laisser passer d’autres joueurs pour un autre talent ?
14. LABARON PHILON JR (ALABAMA CRIMSON TIDE)
On oublie souvent de mentionner Labaron Philon quand on parle de la course au PG1 et je pense que c’est une erreur. Le meneur du Crimson Tide sort de sa deuxième saison avec Alabama et elle a été plus que réussi. Alors qu’il a passé un an en tant qu’arrière off-ball qui suppléé le duo Mark Sears-Grant Nelson, il est devenu le scoreur principal de cette équipe d’Alabama qui a été marqué par les changements d’effectif et les blessures toute la saison.
La première force du profil de Labaron Philon, c’est le drive qui est absolument élite. Sur cette saison, le meneur tourne à 65.7% de réussite au cercle sur 172 tentatives. Cette saison, peu de joueurs sont capables de cette performance mais c’est d’autant plus impressionnant quand on sait qu’il est assisté sur seulement 15% de ces tirs-là. C’est tout bonnement monstrueux. Il dispose d’un skillset tout bonnement létal quand il s’agit d’accéder au cercle et de finir. Il possède déjà un très bon dribble qui est fluide, varié, capable de décélération et de changement de directions assez facilement. Cela lui permet de pouvoir naviguer en toute sérénité vers le panier pour pouvoir finir. Cependant, même lorsqu’il n’arrive pas à trouver de l’espace, il a un jeu de finisseur absolument incroyable. Il dispose d’une panoplie de lay-ups, de floater et de finitions chaloupées en tout genre qui lui permet de finir même face à des protections de panier violentes. Son seul défaut à ce niveau-là est sa verticalité et donc sa capacité à aller dunker. En 2 saisons NCAA, il n’a réalisé que 10 dunks, ce qui est extrêmement faible, surtout que c’est un meneur d’une taille tout à fait correct (1m93). C’ est un bon provocateur de lancers avec un FTr. de .403.
Il rentre 79.8% de ses lancers francs cette saison et combiné à la saison dernière, ce chiffre atteint 78.8% de réussite sur 288 tentatives. Cette marque montre un toucher de bonne qualité qui est confirmé, à la fois par sa réussite au panier, mais aussi par son tir à 3 points. Cette année, Philon tourne à 39.9% de loin, soit une progression de +8.4% par rapport à la saison précédente en ayant quasiment doubler son nombre de tentatives par match. Il est d’ailleurs bien plus responsabilisé en self-création en passant de 85.2% de tirs à 3 points assistés à seulement 58% cette saison. Il a montré une belle variété de tirs aussi avec une capacité à dégainer en pull-up, après un step-back pour se créer de l’espace horizontalement, en catch-and-shoot, etc. Globalement, ce qui m’intéresse dans son tir, c’est la polyvalence couplée à l’efficacité. Son expérience de jeu off-ball en High School ET lors de sa première saison avec Mark Sears vont être très utile et rend sa projection NBA plus simple offensivement qu’un joueur qui n’aurait que jouer avec la balle toute sa vie et ne sache donc pas trop comment impacter le jeu off-ball.
Le souci offensif est en revanche ailleurs : son passing. On voit des belles séquences de passing et on sent que le potentiel est présent mais il a beaucoup de problèmes. C’est déjà un passeur d’une qualité correcte mais rien de transcendant et il n’est pas capable de lectures avancées comme peuvent le faire les grands playmakers de notre époque. Labaron Philon est un joueur qui n’a pas de vraie adaptabilité intra-action. Il part au cercle et une fois lancé, il finit au cercle. Il ne va pas aller chercher la passe à l’opposé ou pour le tireur ouvert si une équipe vient le double mais il va aller chercher un angle de finition suffisamment bon pour mettre le panier. Il se trouve qu’il y arrive bien en NCAA et que son efficacité fait que ce n’est pas un problème dramatique. En revanche, ça pourrait bien poser problème en NBA où les protecteurs de panier élite sont légions : Victor Wembanyama, Rudy Gobert, Chet Holmgren ou même Ryan Kalkbrenner vont fortement l’embêter de par un espace contenu plus grand qui va empêcher Philon de finir comme il peut le faire actuellement où beaucoup de pivots sont des 6’10” (2m08) avec une protection de cercle moyenne. Il va devoir apprendre à faire vivre ses coéquipiers et a utilisé toute l’attraction qu’il a quand il part en pénétration pour délivrer un jeu offensif optimal et aider le jeu de son équipe. Si il le fait, le potentiel offensif est immense. S’ il ne le fait pas, il va sûrement se faire enlever la balle des mains et revenir au jeu off-ball qu’il a eu par le passé.
En défense, par contre, c’est une autre histoire. Labaron Philon est assez mauvais. C’est un intercepteur d’une qualité raisonnable mais il n’y a rien de transcendant non plus à réaliser 1.5 interceptions par match pour 40 minutes. Le point à nuancer est peut être l’augmentation drastique de responsabilités offensives qui a mené à être moins investi, ce qui expliquerait pourquoi il n’est “que” à 1.5 alors qu’il tournait à 2.2 pour 40 minutes l’année dernière. Sur la défense de POA, il est assez mauvais car il manque de puissance pour encaisser les contacts. En plus de ça, il prend assez mal les écrans et autant ça s’explique assez facilement si vous êtes un pivot de 2m11 comme Steinbach, autant c’est plus dur quand vous êtes un meneur de 1m93 pour 80 kilogrammes. Il se fait assez facilement mettre hors de l’action par des poseurs d’écrans solides au niveau universitaire. C’est également un mauvais decision-maker en défense qui fait souvent beaucoup d’erreurs d’inattention ou de lecture. Du point de vue de la défense, il faudra faire un gros travail mais il faut aussi mettre du contexte sur tout ça : il a un effectif assez mauvais défensivement à ses côtés, il est très occupé sur le plan offensif et il reste jeune. Dans le positif, il a aussi une bonne énergie en défense et on sent qu’il essaie de bien faire et c’est déjà une base positive pour travailler. Il a d’ailleurs été un meilleur défenseur par le passé qu’il n’a été cette saison donc on peut aussi mettre en avant la théorie du volume offensif augmenté qui fait baisser la qualité défensive.
Au global, le potentiel de Philon est plein si tout s’aligne et c’est pour ça que je crois à son futur de All-Star. Il doit travailler ses lectures et surtout ses choix mais ça va venir. Il découvre à peine le rôle de premier ball-handler d’une équipe et avec de l’expérience et du temps, il pourra combiner du savoir-faire avec son skillset de scoreur très impressionnant. Tout ça font que je crois en l’idée que Philon soit un All-Star en NBA.
Labaron Philon, Amari Allen and the Stampede
Alabama est une équipe montante de la NCAA. Depuis que Nate Oats a quitté Buffalo (après avoir notamment afficher DeAndre Ayton en pleine March Madness), l’équipe fait partie des universités qui montrent un autre visage. Alors qu’Alabama était jusqu’ici une équipe sympa mais sans plus, capable de sortir un bon prospect de temps à autre sans jamais être …
TIER 4 : STARTER/6TH MAN IN PO ROTATION
Le tier 4 est un tier qui commence à mettre en relation le contexte et le joueur. Ici, on parle des joueurs qui peuvent atteindre un spot de titulaire. Mais attention, être un titulaire chez les Wizards (coucou Bilal Coulibaly) ou les Nets (coucou Noah Clowney) ne suffit pas. Pour obtenir une place dans ce tier, il faut pouvoir avoir 25-30 minutes dans une équipe compétitive. Les joueurs du tier 4 vont beaucoup moins avoir d’impacts que ceux des Tiers 2 et 3 mais leur rôle sera crucial pour la réussite de l’équipe. On va aussi avoir de plus en plus de joueurs qui auront besoin de se spécialiser pour vivre car ils auront moins de liberté. Quand on prend les meilleures équipes NBA de la saison, on peut clairement identifier plusieurs joueurs qui rentrent bien dans cette catégorie : Luguentz Dort à OKC, Devin Vassell à San Antonio, Duncan Robinson à Detroit, Neemias Queta à Boston, Cameron Johnson à Denver, Josh Hart à New York, Marcus Smart aux Lakers, Jabari Smith Jr à Houston, Jaylon Tyson à Cleveland, etc. Dans ce tier, la majorité des joueurs devrait dire au revoir d’office aux récompenses individuelles et aux statistiques hors-normes mais ce n’est pas pour autant que leurs carrières NBA ne seraient pas superbes.
15. DAILYN SWAIN (TEXAS LONGHORNS)
Dailyn Swain est un joueur dont on me parle depuis un moment vu que Symbiose, référence du scouting en France, en est très fan depuis un moment. Cependant, je dois bien l’avouer, j’ai toujours eu la flemme de me lancer une grosse session visionnage de Xavier. J’ai vu quelques matchs, notamment contre UConn, St John’s ou en March Madness mais à l’aube de la saison NCAA 2025-2026, je connaissais pas tant que ça son profil. Cependant, il a très vite été un joueur très performant en SEC en duo avec le pivot Matas Vokietaitis.
Comment Dailyn Swain arrive à être si fort au scoring ? Sa première, et quasiment seule, zone de scoring est le cercle. Cette zone représente 53.2% de ses Field Goals Attempts. J’ai tendance à dire que Swain est une version low-coast de AJ Dybantsa pour un raison clée. Ce n’est pas un dribbleur d’une grande variété et d’un grand talent. Il n’est pas capable d’exploser horizontalement et de dépasser son vis-à-vis ainsi. Ce n’est pas non plus un joueur qui change de direction très vite. Par contre, il a cette même qualité d’avoir des jambes très longues qui lui permet d’avaler de l’espace efficacement vers l’avant. Il a aussi évidemment bénéficié des écrans titanesques de Vokietaitis mais sa capacité à avaler de l’espace et à rester patient sur le drive lui permettent d’être très difficile à gérer. Il finit aisément au panier grâce à un super toucher près du panier. En plus de ça, il utilise bien son physique et un bon jeu de feinte et de prise de position pour gratter beaucoup de lancers francs. Avec .506 de FTr, il se place comme élite dans son scoring. Un joueur qui combine 200 tirs au panier, moins de 100 à mid-range, moins de 100 à 3 points et plus de .500 de FTr est normalement un intérieur physique en manque de technique. Ces joueurs-là sont des big men comme Cody Zeller, Jakob Poeltl ou Kelly Olynyk mais donc des finisseurs. Swain, lui, n’est assisté que sur 17% de ses tirs au panier. Si évidemment il y a des séquences sympathiques de cut, c’est majoritairement de la création balle en main de la part de Swain. Dans les défauts, on pourrait parler de son manque d’athlétisme qui lui fait défaut. C’est d’ailleurs un dunkeur assez faible. Malgré le fait d’avoir plus de 200 tentatives au panier sur sa saison, il ne met que 25 dunks, ce qui est le symbole d’un souci de fonctionnalité des qualités athlétiques. Ca confirme qu’il n’est pas un joueur très explosif en soit mais aussi que ses soucis de dribble l’empêchent d’être parfait en pénétration, là où AJ Dybantsa compense ses problématiques avec un athlétisme exceptionnel.
En revanche, le scoring de Swain me pose d’autres soucis. Le premier est le manque de tirs à 3 points. En 3 saisons, il ne met que 29.3% de ses tirs de loin sur 147 tentatives. Il y a deux points rassurants : le premier est qu’il progresse statistiquement, de manière minime, mais quand même. Après une année à 7/28 à Xavier (25.0%), il tourne cette saison à 32/93 (34.4%), donc une augmentation de volume et de réussite. L’autre point rassurant est le pourcentage aux lancers francs qui est constamment très bon depuis les débuts en NCAA avec 81.5% de réussite sur 352 tentatives. Mécaniquement, sa longueur de bras et sa très bonne taille lui permettent de tirer avec un haut point de relâchement. En revanche, il semble malhabile et pas du tout à l’aise lors de son tir. Il ne dégaine pas forcément très bien et ça se ressent dans la réussite. Il n’est pas non plus un grand scoreur à mi-distance avec peu de tentatives et une réussite assez variante d’une année à l’autre. Le scoring au panier est évidemment la zone la plus efficace mais en être dépendante n’est pas une bonne chose car elle t’empêche d’y accéder autant. Il suffit aux défenses de lui laisser de l’espace pour tirer et son impact offensif se perd. Il faudra donc développer du scoring en dehors du panier pour espérer avoir un scoring aussi fort en NBA qu’il l’a eu cette année.
Défensivement, c’est un super joueur je pense. Pourtant, Swain a clairement déçu en défense et a montré des problèmes dans une faible équipe défensive. L’explosion des responsabilités au scoring a fait baisser son efficacité en défense. Pourtant, on voit encore des qualités clés de Swain dans sa moitié de terrain. La première est son physique : Ce n’est pas un athlète d’élite mais sa taille est vraiment bonne et il a une très bonne envergure. C’est un joueur qui est doté aussi d’une bonne vision et d’une bonne vitesse de réactivité. Ces qualités en font un playmaker défensif de qualité et ce malgré des relativement petites mains. Dailyn Swain est actif en défense comme peu de joueurs peuvent l’être dans cette draft et c’est un fabuleux créateur de transition. D’ailleurs, il a aussi été un contreur assez prolifique à Xavier avec 2 années à 2.8% de BLK% donc à voir si dans un contexte moins demandant offensivement il peut retrouver une capacité à contrer, venir aider en protection de panier, etc. Sur l’homme, ses mains sont assez actives et même si parfois, il manque de mobilité latérale pour tenir des vis-à-vis rapide ou de puissance pour tenir sur des big men, il est souvent concentré, prêt à bouger et disruptif. C’est aussi un bon rebondeur qui utilise sa taille pour gratter beaucoup de rebonds (9.2 pour 40 minutes cette saison) dont la majorité sont défensifs.
Le passing est bon aussi, je peux aisément imaginer Swain devenir un solide connecteur en NBA. Ses longs bras et sa vision du jeu en font un joueur efficace qui peut trouver ses partenaires intérieurs sur Pick & Roll ou bien des corners ouverts sur short roll. En revanche, il faudra soigner la sélection des passes car elle mène à un trop-plein de balles perdues en tout genre qui sont évitables. De plus, ses limites de dribbles que j’ai mentionné plus haut vont probablement l’empêcher d’être un playmaker offensif efficace et le limiteront au stade du bon connecteur.
De manière générale, je pense que Swain est trop limité par son jeu offensif unidimensionnel pour être si performant à haut niveau en NBA et c’est d’autant plus vrai si une augmentation de ses responsabilités offensives mènent à un downgrade de son jeu défensif. Je l’exclue du tier 3 car sa capacité à devenir une star dépendra d’éléments qui aurait déjà dû évoluer en 3 saisons de NCAA mais qui sont toujours à un stade larvaire. En revanche, difficile de ne pas l’imaginer faire une solide carrière de joueur à gros temps de jeu qui peut apporter des solutions de finitions près du panier, de la connexion entre les différentes armes offensives de son équipe et une défense solide.
16. DARIUS ACUFF JR (ARKANSAS RAZORBACKS)
Dans la lignée de l’histoire de John Calipari, Darius Acuff Jr est un énième guard qui est présent à la draft après une seule saison. Après Derrick Rose, John Wall, De’Aaron Fox ou Tyrese Maxey, c’est bien Acuff qui se fait voir comme un potentiel grand talent en sortie de l’industrie Cal. A Arkansas, il a performé comme rarement le font les guards sous le coach d’Arkansas : 23.5 points et 6.4 passes décisives de moyenne, deux moyennes qui font de lui le leader des deux catégories statistiques de la conférence SEC. Souvent décrit comme un profil de talent à risque, il n’est qu’à la 16ème place de mon Big Board.
Forcément, la grande force du profil se retrouve au scoring, dans sa capacité à mettre des points. Cette saison, il a tenté 211 tirs au panier, 177 tirs à mid-range et 207 tirs à 3 points. Il s’est clairement montré comme étant un meneur capable de scorer depuis les 3 zones. Seuls Doug McDermott et RJ Barrett ont tenté autant de paniers sur une seule saison universitaire. De loin, il a fait une saison exceptionnelle avec une réussite de 44.0% qui est tout bonnement irréaliste. Il est certain qu’il a profité d’une certaine surchauffe, surtout que ses chiffres en dehors du contexte NCAA (par exemple, il ne met que 31.0% de ses tirs de loin lors de l’AmeriCup U-18 de 2024). En revanche, il est assez clairement un tireur de qualité. Il est très à l’aise sur des séquences de catch-and-shoot, il peut dégainer de loin et dans beaucoup de positions. C’est aussi un tireur doté d’une vraie capacité à scorer en pull-up. Même si ce n’est pas un créateur d’espace fabuleux, il tire sans difficulté de loin. Il est aussi un scoreur efficace sur du mid-range. Il réussit des tirs à un très haut niveau de difficulté. Au panier, ça reste solide avec 59.7% de réussite au panier avec 7 dunks. Ce n’est pas un athlète verticalement exceptionnel mais correct. Le souci, en revanche, vient dans le film et notamment la création de ses tirs. Si il finit des tirs difficiles avec aisance (même si il y a clairement un effet de surchauffe, il était clairement dans une confiance incroyable cette saison avec Calipari qui lui a donné un feu vert qu’aucun joueur n’a eu sous l’ancien coach des Nets), il a du mal à créer des tirs plus simples. Régulièrement, il essaie d’aller au cercle mais se retrouve à finir des mi-distances forcées ou des finitions sur les côtés et contestés. De plus, son 59.7% au panier n’est pas si bon si on prend en compte qu’il n’a pas un super FTr de seulement .370, soit moins que la majorité des autres très bons meneurs de la draft. C’est assez inquiétant de voir un meneur créateur de ses propres points avoir autant de difficultés à… créer ses propres points. Tout le dilemme du scoring est là avec Acuff : soit il maintient la réussite de tirs difficiles et ça peut passer, soit il ne la maintient pas et il devient injouable. Là où je dois malgré tout nuancer, c’est que Acuff profitera d’un spacing et d’un espace plus agréable à naviguer. En effet, dans les spacings fermés de NCAA, il peut être compliqué pour un meneur comme Acuff de finir efficacement. En effet, son premier pas est trop limité pour exploser horizontalement et dépasser son adversaire directement. De plus, il a déjà des bras très musclés et des épaules formés qui pourraient lui permettre, en développant un skillset de décélération et de gestion des corps et vitesse en drive, de s’amuser dans les défenses pour finir au panier avec un floater ou un lay-up. C’est toute la difficulté de l’évaluation de Acuff Jr : comment et dans quelle mesure le scoring peut se retranscrire en NBA en prenant en compte les limites montrées en NCAA, les difficultés d’exister dans ce contexte et les besoins de la NBA.
C’est aussi le meilleur passeur de la SEC mais ce n’est pas un grand passeur. C’est un joueur collectif, qui est patient et pas du tout un trou noir comme on pourrait (ou en tout cas j’ai pu) le croire. Il sait bien quand la situation n’est pas à son avantage et quand il doit servir les copains. Trevon Brazile s’est régalé comme jamais, Meleek Thomas a fait une super saison et Billy Richmond III a pu progresser tranquillement avec un tel meneur. Il envoie des passes propres, pas flashy mais efficaces. Sa taille l’empêche d’aller chercher des angles de haute difficulté et il ne fait pas preuve d’un niveau de créativité incroyable. Ce n’est clairement pas un meneur qui fera partie des joueurs capables, sur une saison, de s’approcher des 10 passes décisives par match comme Tyrese Haliburton ou Trae Young mais il ne sera jamais un meneur qui abuse des balles perdues. Il a d’ailleurs un excellent ratio AST/TOV cette année de 2.97.
En défense, c’est assez inquiétant. Déjà, dans les chiffres, il ne fait que très peu d’interceptions avec un ridicule 0.9 pour 40 minutes. Pour un meneur projeté comme une potentielle star, c’est tout bonnement historiquement bas. Rares sont les meneurs draftés en loterie qui ont moins de 1.5% de STL% sur leur saison pré-draft : Brandon Knight, Carlton Carrington et Kira Lewis Jr. Trois joueurs qui n’ont jamais montré des grandes qualités défensives mais c’est d’autant plus dramatique pour Acuff que ça ne s’explique même pas par un souci de physique. En effet, Acuff a une bonne envergure autour de 2m, ce qui est très bon et plus que d’autres meneurs de cette draft : Labaron Philon, Bennett Stirtz ou Kingston Flemings. Ce que ça veut dire, c’est qu’il y a un problème de lecture et/ou d’envie et non de physique. C’est d’ailleurs assez logique avec son profil offensif. On voit en attaque qu’il manque de certains degrés de lecture nécessaires pour être un créateur élite donc pas étonnant qu’il n’ait pas une lecture défensive exceptionnelle. Son manque d’envie se voit sur la défense on-ball où ce n’est pas mieux. Malgré ses bonnes épaules, il est complètement nul dans sa moitié de terrain. Il fait de mauvaises anticipations d’appuis, il galère à suivre son vis-à-vis par un manque d’explosivité, il ne peut pas tenir les jeux plus physiques à cause de sa petite taille et il manque aussi, parfois, d’envie de faire les bonnes choses. Il semble parfois incapable de faire la bonne rotation défensive ou de switcher efficacement. Son jeu de passage d’écran est mauvais également. Il y a tout un travail à refaire autour de sa compréhension des bases défensives.
Au global, Darius Acuff est un joueur à risque. Si ça clique, c’est un joueur offensif trop développé au scoring pour ne pas performer. Si ça ne le fait pas, il peut vite rejoindre la liste des meneurs haut draftés trop nul en défense et pas pertinents en attaque comme Brandon Knight ou Dennis Smith Jr. Je suis très sceptique à son sujet, c’est pour ça que je ne le mets pas dans ma lottery personnellement dans mon board. En revanche, je ne le mets pas tout en bas car la possibilité de star est réelle. C’est presque difficile de classer Acuff. Son profil fait boom-or-bust et on aurait donc envie de le mettre soit dans le tier 3 (et en haut du tier 3) soit dans le tier 6. Pourtant, je le mets entre les deux dans un tier auquel je ne crois même pas tant que ça. Ma réponse est plus de dire : à partir de quand j’accepte de prendre le risque que Acuff soit un flop en fonction du reward potentiel ? J’ai estimé que c’était en 16.
Darius Acuff, un prospect caliparisqué
C’est tellement répétitif que ça en devient lassant. Pour la je ne sais combientième draft consécutive, John Calipari nous sort un autre guard de sa poche. Après Dajuan Wagner, Derrick Rose, Tyreke Evans, John Wall, Eric Bledsoe, Brandon Knight, Marquis Teague, James Young, Andrew & Aaron Harrison, Devin Booker, Tyler Ulis, Jamal Murray, De’Aaron Fox, M…
17. MOREZ JOHNSON JR (MICHIGAN WOLVERINES)
Morez Johnson a passé une année magnifique. Après avoir été le back-up de luxe de Humrichous et Ivisic à Illinois la saison passée, il est parti du côté de Michigan qui avait chargé son frontcourt en faisant venir Aday Mara, Yaxel Lendeborg, Morez Johnson et Oscar Goodman. Dans cette équipe, Morez s’est illustré comme un titulaire au poste 4 d’une équipe qui remporte le titre NCAA. Même s’ il n’a pas le MOP de Cadeau ou la sélection All-American de Lendeborg, Morez a eu un impact clé et ce pour de multiples raisons. Après avoir été dans les débats pour savoir s’ il revenait à Michigan, il a assuré son arrivée à la draft.
Morez Johnson a été un des grands vainqueurs de la NBA Draft Combine. Mesuré à 2m06, il dispose d’un des plus gros bonus d’envergure de la draft avec des bras autour de 2m23. Seuls Aday Mara, Jayden Quaintance, Chris Cenac Jr, Ugonna Onyenso, Tarris Reed et Trevon Brazile ont une plus grande envergure dans la Combine. Il a également de très grandes mains, une des plus grandes de toute la draft. En plus de ça, c’est un profil déjà très costaud avec 114 kilogrammes, un des poids les plus lourds de toute la draft. Seuls Tarris Reed, Aday Mara, Tobe Awaka, Jayden Quaintance et Cameron Boozer pèsent plus lourds. Cependant, Morez Johnson est un vrai miracle car en plus de combiner le poids et la longueur, il est aussi mobile comme pas permis. Il a fait des excellents temps aux différents exercices de la Combine et a montré tout au long de la saison des qualités de vitesse et de mobilité qui sont très bonnes. Pour finir, c’est aussi un joueur qui dispose d’une bonne verticalité. Il a, à la Combine, fini avec le même score au Max Vertical Leap que Tyler Tanner et a réalisé 50 dunks cette saison, ce qui montre une verticalité qui est existante mais fonctionnelle en plus de ça. Au final, vous aurez compris qu’on a un fabuleux spécimen physico-athlétique. Peut être que le seul point sur lequel on peut avoir des questions est le cardio car toutes ces qualités sont assez antinomiques avec la stamina et on ne l’a jamais vu avec un gros temps de jeu (17.6 minutes à Illinois, 25.1 minutes cette saison, 18.7 minutes lors de la Coupe du Monde U-19 de 2025). En revanche, en dehors de cette interrogation, toutes les lumières sont au vert voire au doré vu la rareté d’un tel profil physico athlétique.
Défensivement, c’est un super joueur doté de qualités absolument incroyables. Grâce à son combo de puissance, mobilité et longueur, il est le profil défensif quasiment idéal en NBA. Modulo certains spécimens uniques, Morez Johnson est autant capable de défendre des porteurs de balle extérieurs que de gérer des puissants intérieurs de post-up. C’est tout bonnement fascinant de le voir performer défensivement à ce niveau. Evidemment, le contexte Michigan avec Cadeau, Mara, Lendeborg ou même Gayle a clairement aidé à le mettre en valeur avec beaucoup de joueurs qui couvrent bien les erreurs des autres. Morez est déjà un très bon producteur de défense avec 1.1 interceptions et 1.8 contres pour 40 minutes. Il ne sera jamais utilisé comme principal protecteur de panier mais il est d’ores et déjà un joueur élite en aide sur de la protection de cercle. Il a une bonne lecture, un vrai sens du timing, des mains immenses pour aller chercher le ballon et une verticalité de bonne qualité. Sa capacité à switcher est sans limites. Il peut aisément sortir de la raquette pour naviguer autour de la ligne à 3 points. Comme tous les prospects switch-all, on doit évidemment mettre des pincettes et sûrement qu’il se fera dépasser par quelques meneurs supersoniques et qu’un Nikola Jokic peut facilement se jouer de lui au poste. En revanche, il démontre une polyvalence défensive rare dans le basketball mondial. Encore une fois, cette polyvalence défensive est plus simple à mettre en avant quand on joue dans cette équipe de Michigan mais le niveau est clairement là. Pour finir, il est également un rebondeur de fort impact. Caché par la taille de Aday Mara et le sens du rebond de Yaxel Lendeborg, Morez Johnson n’a pas spécialement dominé aux rebonds mais a été très bon. Pour 40 minutes, il capte 11.7 rebonds. L’année passée à Illinois avait été folle à ce niveau avec 15.2 rebonds pour 40 minutes, un chiffre lunaire. Lors de la Coupe du Monde U-19 cet été, il était à 13.7 rebonds pour 40 minutes. Il doit parfois travailler ses box-outs car il montre parfois le syndrome Drummond (individualisme aux rebonds qui impacte négativement la performance collective aux rebonds) mais sinon, c’est un sans-faute sur la question de la défense et du rebond. Même les défauts classiques comme la concentration/la fougue de la jeunesse ne sont pas si présents chez lui, ce qui démontre le potentiel assez dingue défensivement d’un joueur capable de tout faire dans sa moitié de terrain. Même si il n’est pas assez élite en protection de panier pour devenir un DPOY-caliber en NBA à mon sens, il pourra être un joueur régulièrement présent dans les débats autour de la All-Defensive Team, surtout maintenant que les postes y ont été supprimés.
Son scoring est honorable d’un point de vue des chiffres. Il score 66.3% de ses tirs au panier non-dunkés cette saison par exemple. Il a également une bonne capacité à imposer son physique dessous pour gratter des lancers francs. Aux rebonds offensifs, il domine assez outrageusement les raquettes NCAA et nul doute qu’il trouvera des points à mettre en NBA comme ça. Il est d’ailleurs assez adroit sur la ligne avec 78.2% de réussite cette saison. Cependant, le toucher n’est pas très bon, il faut le reconnaître. Oui, son pourcentage aux lancers francs est bon et sa réussite sur les finitions non-dunkés semblent montrer le contraire. En revanche, les finitions non-dunkés sont aussi beaucoup de rebonds offensifs, donc des points un peu simples. De plus, le pourcentage aux lancers francs est variant : il met 78.2% sur 156 tentatives cette année mais en mettait 61.8% sur 89 tentatives l’an passé. A ce niveau d’échantillonnage faible, l’écart-type est trop gros pour qu’on puisse tirer une conclusion quelconque là-dessus. Surtout que le contexte FIBA ne fait que confirmer avec 13/21 (57.1%) lors de la Coupe des Amériques U-18 de 2024 et 18/23 (78.3%) lors de la Coupe du Monde U-19 de 2025. Le passif High School semble définir une maladresse historique à 3 points donc il semble qu’au mieux, il soit un tireur qui commence tout juste à les mettre en petites quantités (0.9 tentatives par match cette année). Je trouve que c’est un finisseur intéressant à certains égards mais il n’y a pas grand chose à attendre de son jeu offensif à court terme hormis du rebond offensif, des dunks et un peu de finitions P&R. A long-terme, le travail sur le tir à 3 points sera primordial.
Morez Johnson est vraiment difficile à classer dans cette cuvée tant son profil dénote. D’un côté, on a un forward athlétiquement fabuleux avec des qualités défensives géniales. En revanche, de l’autre, on a un attaquant pauvre avec peu d’upside et peu de talents. A aujourd’hui, il n’a ni le handle pour créer ni le shooting pour finir de loin et être autre chose qu’une menace de rebond offensif. La comparaison Diabate est très juste. Non seulement ils sont de la même fac mais ce dilemme aussi d’un joueur défensivement phénoménale et difficile à utiliser en attaque en dehors du rebond offensif où le joueur doit donc être élite si il veut y être impactant.
18. KINGSTON FLEMINGS (HOUSTON COUGARS
Les Houston Cougars sont une équipe réputée pour sa défense. Kelvin Sampson a mis en place des schémas défensifs absolument monstrueux qui sont idéals pour gérer les attaques rencontrées lors de matchs NCAA. Avec des machines défensives en POA (Jamal Shead par exemple par le passé) et des ailiers d’une polyvalence suprême aux physiques très bons pour la défense (Jarace Walker par le passé, Joseph Tugler aujourd’hui), les Cougars ont sans cesse été dans l’élite de la défense (6ème en defensive rating en 2021, 4ème en 2022, 3ème en 2023, 1er en 2024, 3ème en 2025 et 7ème cette année). Cependant, l’attaque patine plus sur demi-terrain et c’est particulièrement visible depuis le départ du shooteur Marcus Sasser. Cette année, l’attaque des Cougars fut 36ème de toute la NCAA et c’est à 95% grâce à un seul joueur : le freshman Kingston Flemings (les 5 autres % étant grâce aux tirs de Emanuel Sharp).
Kingston Flemings a une force qui rayonne quand il est sur le terrain : il possède un premier pas et une explosivité horizontale de très bonne qualité. Il est capable d’utiliser ses longues jambes pour passer son vis-à-vis balle en main et donc se créer une ligne de pénétration. Il joue énormément à plusieurs vitesses et cette maîtrise technique du tempo est très rare pour les joueurs de son âge qui sont souvent bloqués à une vitesse. Ce point fort se voit aussi dans sa capacité à décélérer puis à ré-accélérer vers le cercle. Il arrive ainsi à déstabiliser ses défenseurs en abusant de leurs appuis. Il a également une forte détente verticale dont il peut se servir en pénétration comme il l’a montré parfois avec un total de 11 dunks sur la saison. Il fait ainsi mieux que l’immense majorité des freshmen de sa taille (1m93) et est dans un groupe restreint de meneur capable de faire 11 dunks avec Brayden Burries de Arizona, Nigel James de Marquette, Akai Fleming de Georgia Tech et Killyan Toure de Iowa State. Cependant, il faut aussi noter les défauts de son drive. Sa capacité de drive est fonctionnelle mais surtout du côté droit. Il est bien plus difficile pour le meneur de Houston d’être aussi performant du côté gauche. De plus, il n’a pas un grand répertoire de finition au panier. Ses finitions non-dunkées sont quasi essentiellement des lay-ups et il ne montre pas de capacité à finir en floater ou à aller faire des finitions chaloupées. Ceci dit, son talent sur lay-up est réel avec une vraie capacité à chercher des angles variés et difficiles. Mais cette limite de registre fait que Flemings tourne à 57.2% au panier, soit moins que la totalité des autres guards projetés au premier tour de cette année.
Ce chiffre n’est pas bon mais il est encore pire quand on rajoute un défaut clé du joueur. Il ne compense pas par une grande provocation de lancers francs. Contrairement à un Ebuka Okorie, qui ne tourne qu’à 56.3% au cercle MAIS obtient 7.3 lancers par match, Kingston n’obtient que 3.5 lancers francs. Le FTr de Flemings n’est qu’à .277. Le site Barttorvik répertorie les joueurs selon le rôle et Kingston Flemings est considéré comme un “Scoring Guard”. Rares sont les joueurs considéré ainsi sur le site à plus de 25% d’Usage qui ont moins de .300 de FTr qui finissent au premier tour de la draft. Seuls Malachi Flynn, Rob Dillingham et Egor Demin remplissent ces critères et on voit bien le problème. Flynn a déjà quitté la NBA pour un club d’EuroCup qui est très fort en ligue turque, Rob Dillingham a enchaîné les DNP à Minnesota et ses performances à Chicago n’ont pas transcendé l’équipe et Demin a un profil très atypique de par ce combo de passing et de taille (2m06) que n’a pas Flemings. D’un point de vue technique, Flemings encaisse assez mal le contact de par un corps encore très frêle. Le deuxième point est son decision-making qui est bon. Flemings a un syndrôme du meneur gestionnaire qui ne va jamais forcer le panier vers le cercle qui permet à d’autres joueurs d’aller se créer des lancers francs qui sont très rentables. Il n’ira pas driver si le tir n’est pas ouvert. Beaucoup de meneurs aujourd’hui, même des très bons, forcent parfois leur chance en allant tenter des finitions risquées au panier et le contact créé des lancers ET DONC des points faciles.
Il a aussi un playmaking très honorable. Son dribble est bon et ne perd que peu de ballons quand il est lancé en mouvement. Il fait des bons choix balle en main et arrive à trouver ses coéquipiers ouverts à 3 points comme au panier. Globalement, on est sur un bon passeur à deux nuances près. La première, c’est que le peu de perte de balle qu’il fait (1.8 turnovers pour 5.2 assists) sont liés à une imprécision sur certains drive-and-kick notamment. Il semble avoir du mal à envoyer la balle au bon endroit pour optimiser l’attaque de son équipe. Peut être que ses petites mains l’empêchent d’avoir un contrôle total du ballon et donne lieu à une précision qui est limitée. La deuxième nuance est liée au jeu de Houston. Les Cougars ne jouent quasiment pas de Pick & Roll (parce qu’ils ne veulent pas ou parce qu’ils n’ont pas les bigs pour). Du coup, on n’a quasiment pas vu Kingston Flemings jouer du vrai Pick & Roll comme on lui demandera, à priori, de jouer en NBA (sauf si il arrive aux Grizzlies). C’est là qu’il serait intéressant de revoir du film de Flemings en High School pour voir si il a montré une connaissance et une compréhension du jeu pour survivre comme porteur de balle sur Pick & Roll.
Le tir de Flemings est une vraie énigme. Son tir a tous les défauts sauf qu’il en rentre beaucoup. A 3 points comme à mi-distance, c’est marqué par un défaut mécanique de recul vers l’arrière au moment du relâchement qui limite la puissance mise dans le tir. Il tente également trop peu de tirs à 3 points : 2.9 par match, soit moins de 6 pour 100 possessions. Seuls 3 autres “Scoring Guard” ont été drafté au premier tour avec ce chiffre depuis 2008 : De’Aaron Fox de Kentucky, Tony Wroten de Washington et Isaiah Collier de USC. Le deuxième n’a pas fait carrière, le troisième a un vrai défaut d’efficacité au scoring (et surtout à 3 points où il ne tourne qu’à 25.7% en deux saisons) et le premier, devenu All-Star en NBA, ne tourne qu’à 33.1% de loin en carrière. Cependant, Kingston Flemings a un excellent pourcentage aux lancers francs (84.5% sur 129 tentatives), preuve d’un bon toucher au scoring. Il est d’ailleurs un bon tireur de mi-distance. Avec ce combo de toucher, de premier pas et de décélération, c’est un joueur idéal pour du pull-up à mi-distance. Il arrive facilement à dépasser son défenseur, décélérer d’un coup pour mettre à terre son défenseur puis à s’élever très vite dans les airs afin de dégainer un jump shot. Il tourne d’ailleurs à un solide 44.3% sur le mid-range sur 193 tentatives. C’est d’ailleurs une belle représentation de tout le problème Flemings avec un joueur de talent certain MAIS qui possède la pire shoot diet (énormément de mid-range, peu de 3 points, pas de provocation de lancers) pour devenir un joueur efficace en NBA. Cependant, il faut bien reconnaître que le contexte Houston n’aide pas là-dedans avec un spacing inexistant et aucun intérieur de Pick & Roll.
En défense, c’est un bon meneur polyvalent. Déjà, il est capable de très bonnes lectures et combinées à son explosivité, il peut aisément aller chercher des ballons sur les lignes de passes. Il tourne d’ailleurs à un très bon 1.9 interceptions pour 40 minutes. Il est relativement concentré loin du balle et ne se fait pas trop dépasser par son attaquant. Le contexte Houston est bon en cela car rien que sa présence sur le terrain nous permet de comprendre que Flemings est un défenseur à minima non-négatif rien que par sa présence sur le terrain. On-ball, il a des défauts, c’est certain. Son physique fin et son centre de gravité haut ne lui permettent pas d’être optimal en défense. Il est possible que d’autres extérieurs essaient de le jouer en post-up s’ ils se retrouvent en 1v1 sur lui avec un avantage de puissance. Cependant, de manière générale, ses mains sont très actives sur le porteur de balle et il tient assez bien ses vis-à-vis, même quand ceux-ci font preuve d’une bonne explosivité. Ses chevilles flexibles lui offrent une capacité de retour sur la défense qui a une grande valeur et il met la pression sur le POA sans difficulté.
Au global, je trouve que Flemings a un plancher absolument génial : le bon meneur défensif et gestionnaire qui dispose du toucher nécessaire pour scorer ses points. En revanche, je suis sceptique sur le plafond car son skillset de finition est très loin d’être idéal dans la NBA moderne. Je le vois assez bien faire une carrière “à la” Jeff Teague, c’est-à-dire d’un bon meneur explosif qui fait majoritairement de la gestion et a des qualités pour développer un jeu off-ball ainsi qu’être une arme défensive très honorable.
Kingston Flemings et Chris Cenac comme le renouveau de Houston
Kelvin Sampson a confirmé l’information : le meneur Kingston Flemings et le pivot Chris Cenac Jr iront à la draft 2026. Une nouvelle qui était attendue pour le premier et en questionnement pour le deuxième au sein de la communauté. Pendant que JoJo Tugler jouera pour la quatrième année à Houston, les deux freshmen historiques de Houston vont découvrir l…
19. HANNES STEINBACH (WASHINGTON HUSKIES)
Hannes Steinbach est un intérieur avec une grande taille (2m11) et une solide envergure autour de 2m16. Il utilise parfaitement cet outil de taille pour aller capter un maximum de rebonds. Cette saison, il tourne à 11.8 rebonds par match et est donc le leader de TOUTE LA NCAA dans le domaine. Il est évidemment le leader de sa conférence en DREB% et TREB% et il est deuxième en OREB% derrière le pivot des Boilermakers Oscar Cluff. Hannes est un véritable aspirateur de rebonds avec des mains magnétiques et déjà une vraie science du placement établie. Ces capacités couplées à une taille grande (il paraît toujours gigantesque sur le terrain) en font un joueur d’élite pour terminer une défense par le rebond défensif ou bien pour obtenir un grand nombre de seconde chance pour son équipe. Ce pouvoir n’était pas du luxe à Washington où le manque de playmaking et de spacing s’est fait sentir dans les résultats offensifs. C’est d’autant plus impressionnant quand on sait que le coach Danny Sprinkle a joué toute la saison avec Steinbach en ailier fort et lui a adjoint un Franck Kepnang (un grand pivot bien physique) pour encore plus maximiser les résultats aux rebonds dans la bataille des possessions.
Cependant, Steinbach n’est pas qu’un simple rebondeur, c’est aussi un joueur qui dispose de beaucoup de toucher. Près du cercle, il est très à l’aise sur des séquences de post-up où il arrive à bien se créer son tir et à finir à l’aide d’un footwork de qualité. Il peut aussi se montrer assez surprenant par séquences en explosant verticalement d’un coup et en lâchant un gros dunk. Il en a d’ailleurs réalisé 29 cette saison. Son toucher se confirme aux lancers francs où le pivot tourne à 75.9% sur 158 tentatives. Cet indicateur lancer franc est corroboré par les performances qu’il a eu lors de l’été 2025 avec l’Allemagne où il a tourné à 77.8% sur 36 tentatives. De manière plus globale, on voit une progression générale sur son tir extérieur qui montre également que le toucher de Steinbach est bon. La saison dernière, à Wurzburg, Hannes Steinbach avait rentré 29.2% de ses tirs à 3 points sur 0.5 tentatives par match (24 tentatives sur 51 matchs). Je précise que dans ce comptage, je n’ai pas compté le 17/53 de loin sur les 12 matchs de troisième division allemandes. Cette saison, Hannes Steinbach tourne à 34.0% de loin sur 1.8 tentatives par match. C’est une progression tardive mais logique car les profils de pivots dominants physiquement mettent du temps à développer du tir. Il a, en tout cas, tous les indicateurs positifs pour l’imaginer devenir un bon shooting big à termes.
La question autour du scoring pour moi est le drive. On voit trop peu de séquences en drive pour vraiment statuer sur la question MAIS je trouve qu’il y a des flashs très intéressants. Il a un dribble assez honnête pour un big man. Il a également un très bon footwork qui lui permet d’accéder jusqu’au panier grâce à des spin moves pour éviter les défenses. Les finitions au cercle sont assez variées et efficaces de par le toucher dont on a parlé plus tôt. Il a aussi un très bon passing sur le short roll qui lui permet de dégager la balle assez efficacement. Il a une bonne vision et quand c’est couplé à sa grande taille, ça lui permet de trouver des ouvertures difficiles. Steinbach dispose d’un bon mind-mapping Il faudra donc surveiller ce point à mon sens et ce sera un des points les plus intéressants à suivre autour de cette draft car c’est peut être la porte d’entrée pour que Hannes Steinbach soit une star offensive.
La raison pour laquelle Hannes Steinbach n’est pas un dans un tier supérieur se résume en un mot : la défense. Dans le positif, on peut noter que Steinbach est un très bon rebondeur défensif. Il a aussi un taux d’interceptions intéressant pour un big man avec 1.2 interceptions pour 40 minutes (1.1 sur son temps de jeu réel), ce qui démontre la capacité de Steinbach à faire de bonnes lectures de jeu. Une fois qu’on a noté ces deux qualités, on peut passer à l’immense liste de défauts que Steinbach possède. Le plus grand des problèmes est l’impossibilité à être un protecteur de cercle efficace. Quand il s’agit de protéger le panier, Hannes semble toujours jouer plus petit que ce qu’il n’est vraiment. Il semble manquer de verticalité pour venir contrer efficacement les drives. Il a également peu d’impact en défense du post-up et fait beaucoup d’erreurs dès qu’il s’agit de défendre sur le Pick & Roll parce qu’il n’a pas beaucoup de mobilité fonctionnelle. Il ne fait que 1.2 contres par match, ce qui est assez pauvre pour un pivot de cette taille. Tous ces problèmes ont aussi été la raison de pourquoi Coach Sprinkle a décidé de jouer avec Steinbach en 4 et Kepnang en 5 car quitte à sacrifier de la mobilité dans tous les cas, autant assurer la protection de panier avec un pivot solide comme Franck Kepnang.
Hannes Steinbach est clairement un des joueurs que j’aime beaucoup mais qui est à risque. Toute la question sera de savoir si il sera un attaquant suffisamment fort pour compenser la faiblesse de son jeu défensif. Personnellement, j’y crois car les flashs de drive sont trop bons mais il faudra malgré tout composer avec les défauts de protection de cercle. Peut être que Steinbach demandera un contexte bien particulier propice à son développement ET SURTOUT un droit à l’erreur dans sa progression mais on voit bien que la NBA a souvent du mal à le donner.
Hannes Steinbach est-il la star caché de la draft ?
Hannes Steinbach fut une véritable sensation avec l’Allemagne lors de la coupe du monde U-19. On savait qu’il était bon (on le voyait performer à Wurzburg) mais ses performances à coup de 17 points et 13 rebonds de moyenne l’ont mené vers une autre caste : celle des prospects attendus très fort pour la saison 2025-2026. Et le monsieur est en train de ré…
20. CAMERON CARR (BAYLOR BEARS)
Cameron Carr avait disparu des conversations draft depuis un bon moment. L’ailier, pourtant bien côté en sortie de Link Academy, avait tout pour plaire en arrivant à Tennessee en 2023. Cependant, deux ans après, voilà le topo : il n’a joué que 18 matchs pour un total de 102 minutes. Sa hype est au fond du trou, il tourne à 37% aux tirs et en décembre 2024, il quitte le programme de Rick Barnes en espérant, à l’été 2025, trouver une équipe qui saura l’utiliser. C’est Baylor et le coach Scott Drew qui sautent sur l’occasion d’acquérir un fort talent offensif au physique toute somme impressionnant pour la saison 2025-2026.
Le physique de Cameron Carr est assez rare : un swingman listé autour de 1m96 qui est extrêmement fin. Cependant, la rareté du profil se situe dans son envergure démentielle qui se situerait autour de 2m13 et 2m16. Il est également doté de belles qualités athlétiques. Carr est un joueur qui possède une très bonne verticalité fonctionnelle qui se retranscrit dans son nombre de dunk (44) assez énorme cette saison. Seuls quatre autres joueurs en dessous de 2 mètres ont réussi cet exploit : Otega Oweh de Kentucky, Jamier Jones de Providence, Greg Gordon de Long Island et Coen Carr (qui n’est pas son frère) de Michigan State. C’est aussi un solide rebondeur défensif qui utilise bien son combo de verticalité et d’envergure pour gratter des ballons. C’est aussi un athlète très fluide sur le terrain capable de longues enjambées pour aller vers le cercle et qui utilise bien son corps fin pour se contorsionner à travers la défense. Malgré ses longs bras, il a quand même une assez bonne coordination main-œil pour attraper les ballons sans difficulté.
D’un point de vue technique, ce qui est très bon chez lui, c’est le tir à 3 points. On est sur un joueur de très haut calibre dans le registre et parmi les meilleurs de cette draft. Cameron Carr sort d’une saison à 37.4% de loin (sur 206 tentatives) et 80.1% aux lancers francs (sur 166 tentatives). A cause du faible nombre de minutes qu’il a joué à Tennessee, les chiffres varient quasiment pas si on prend l’ensemble de la carrière universitaire. Sa longueur de bras lui offre un point de relâchement inatteignable pour les joueurs adverses. Il a également montré qu’il pouvait tirer depuis le parking en tirant parfois de très loin, largement au niveau de la ligne NBA. On l’a beaucoup vu sur spot-up évidemment mais il a aussi montré une capacité à tirer en step-back, en side-step, en mouvement voire en pull-up par séquence. Il est même un excellent shooteur de manière général car Carr a aussi d’excellents chiffres de finisseurs à mi-distance avec un excellent 47.5% sur 101 tentatives.
Cependant, ce serait très réducteur de limiter le jeu de Cameron Carr à celui d’un tireur à 3 points avec l’envergure de Slenderman. C’est aussi un driveur intéressant qui termine à 68.0% près du panier. Il a non seulement une facilité à s’élever dans les airs pour dunker mais il peut aussi aller chercher des angles plus techniques sur la planche avec son bon hangtime et ses bras tentaculaires. Pour accéder au panier, il utilise ses longues enjambées pour faire des différences sur les deux premiers pas et son handle, sans être exceptionnel, est suffisamment bon pour être performant. Il manque sûrement de variétés et de changement de direction ou de vitesse pour être un bon driveur NBA mais les bases sont là. Un souci plus problématique en revanche est la capacité à provoquer des lancers francs. Avec seulement .380 de FTr cette année, Carr est tout juste correct dans l’exercice et malheureusement, ce chiffre est boosté par les transitions. Sur demi-terrain, on voit la difficulté que Carr peut avoir à ajouter de la nuance dans son drive et son manque de puissance lié à un corps extrêmement fin (1m96 pour 79 kilogrammes) l’empêche d’utiliser à merveille ses outils physiques et techniques près du panier. Le travail du corps que fera Cameron Carr sera central dans son évolution car il faudra prendre des muscles pour résister aux contacts mais ne pas trop prendre de masse pour rester mobile et fluide. Comme tous les prospects fins, la question de la prise de masse sera au centre des discussions le soir de la draft.
Cameron Carr n’est pas un playmaker de jeu ni même un passeur de haut niveau. C’est avant tout un finisseur d’action de haut niveau qui peut se créer ses propres tirs. Cependant, j’ai bien aimé un truc dans son playmaking cette saison : sa capacité à comprendre la gravité qu’il crée pour faire du drive-and-kick. Plutôt bon dans l’exercice, il utilise ses bras immenses pour contourner les défenses et trouver les tireurs ouverts. Il est difficile d’évaluer réellement son jeu sur Pick & Roll en se basant sur son année à Baylor. Le contexte des Bears ne lui a offert aucun bon intérieur de PnR (Michael Rataj étant un intérieur qui aime bien scorer ses propres ponts et Caden Powell est juste un éboueur qui joue le rebond offensif). C’est ici qu’arrive ma limite d’évaluation : je n’ai pas pris le temps d’évaluer le joueur dans d’autres contextes (Link Academy en High School, contextes AAU) pour voir si il a un passé de créateur pour autrui, notamment sur Pick & Roll.
Carr n’a pas du tout le niveau NBA pour la défense on-ball. Il possède tous les défauts qu’on ne veut pas chez un joueur en perspective de défense sur l’homme : il est grand avec un centre de gravité haut, il n’a pas de puissance pour encaisser le contact et sa prise d’écran est tout bonnement mauvaise. Evidemment, son immense bonus de bras lui donne un avantage intéressant mais dans ces circonstances, ça lui permet juste d’être neutre sur la défense on-ball. En NBA, il ne sera clairement pas mis sur d’autres profils de créateurs mais plutôt sur de la défense off-ball.
J’adore le potentiel de sa défense off-ball. Sa verticalité et sa longueur de bras sont des outils très intéressants à développer dans un registre de protecteur de cercle en aide. Il en a d’ailleurs conscience et l’utilise dans cette équipe de Baylor qui ne dispose pas de vrais joueurs capables de protéger le panier hormis James Nnaji, arrivé en cours de saison et ne jouant que 8.2 minutes par match. Carr tourne à 1.3 contres par match, soit 1.6 pour 40 minutes. Il a de bons timings et sait quand, ainsi que comment, venir en aide. Malgré tout, il ne fait que 2.2 fautes pour 40 minutes, ce qui est très peu en termes de ratio blocks/fouls. Par contre, il y a beaucoup de problèmes dans sa défense off-ball. Il a d’énormes sauts de concentration qui lui font manquer pas mal d’actions défensives et n’ont pas aidé Baylor à performer dans cette moitié de terrain. Le point clé qui m’étonne aussi est son nombre d’interceptions qui n’est qu’à 1.0 pour 40 minutes. C’est extrêmement peu pour un joueur qui démontre de belles lectures par séquence et qui possède une telle allonge grâce à son envergure. Le problème de faire beaucoup de fautes se règle assez facilement avec le temps en faisant comprendre au joueur quand et comment défendre dans une situation donnée. En revanche, le problème d’un joueur qui ne fait quasiment pas d’interceptions (alors que son profil lui donne la possibilité de le faire) et qui ne fait que peu de fautes peut aussi traduire une faible envie et lucidité quand il est loin du ballon. Son activité des mains peut être faible et c’est très pénalisant.
En gros, je considère bien Cameron Carr plus que la majorité des gens. Je trouve que le cocktail de shooteur d’élite combiné au potentiel de protecteur de cercle en aide est trop salivant pour passer à côté. Je serai sincèrement étonnée que Cam Carr ne soit pas sélectionné au premier tour au vu des outils dont il dispose. Cependant, les risques sont réels et peut être bien que performer dans une équipe très faible de Baylor (par rapport aux standards des dernières années) n’a fait que cacher pourquoi Rick Barnes a refusé de lui donner un tel minutage durant les deux saisons passées. Je crois en Cameron Carr mais c’est un clair pari que je fais car si le potentiel se réalise, il est juste trop bon pour le laisser sur le côté. En revanche, le flop est possible et attention à la douche froide si une équipe le reach sans succès.
Tounde Yessoufou & Cameron Carr : Frères des Ours
La saison des Baylor Bears a été un échec cuisant d’un point de vue collectif. Pour la première fois depuis 2018, les Bears n’ont pas été présents lors de la March Madness (on ne compte pas 2020 où il n’y avait tout simplement pas eu de March Madness). La défense de cette équipe des Bears a été une catastrophé absolue (259ème de la première division uni…
21. MELEEK THOMAS (ARKANSAS RAZORBACKS)
Meleek Thomas était, avant la saison, assez clairement mon favori entre lui et Acuff. Là où je trouvais Acuff trop difficile à rendre viable par le scoring, je voyais en Thomas le fantasme qu’on aime chez un swingman : un joueur capable de scorer de toutes les zones du terrain et qui montre une longueur géniale. Pour moi, il était évident que c’était un joueur qui avait le potentiel de finir dans un top 10. Après avoir raté son début de saison, montré des limites structurelles et ne pas avoir enchanté grand monde à la NBA Draft Combine, Meleek Thomas se retrouve assez loin de mes premières espérances. Aujourd’hui, il est 21ème, au bord du tier 4 et pourrait représenter un pari assez risqué en deuxième partie de premier tour.
La force du profil est le shooting extérieur. Cette saison, il a mis 41.6% de ses tirs à 3 points (197 tentatives). Sauf que là où Acuff avait des indicateurs externes qui posaient question sur la fiabilité du chiffre, Meleek Thomas a d’autres stats dans d’autres contextes qui parlent pour lui. Par exemple, sa saison 2024-2025 en Overtime Elite est une pure réussite à ce niveau. Il a tourné à 41.4% de réussite sur des tirs à 3 points en OTE sur 234 tentatives. En plus de ça, son chiffre de lancers francs est très bon et assez invariant : 82.1% de réussite sur 291 tentatives (80.9% en OTE, 84.3% à Arkansas). C’est évidemment un fort catch-and-shooteur depuis les zones extérieurs capable de dégainer aisément derrière la ligne. Sa mécanique est rapide et le ballon part vite de ses mains. Il peut aussi shooter derrière un écran grâce à un range de tir infini et une relocalisation des appuis qui est solide. C’est un joueur agressif à 3 points qui n’a pas peur de tenter des gros tirs et qui en met, vous l’aurez compris, beaucoup.
En revanche, il y a bien plus de scepticisme sur le drive. En effet, Meleek n’a accédé que 117 fois au panier, n’a réalisé que 3 dunks sur la saison, n’a mis que 34% de ses tirs à mi-distance et n’a jamais montré une capacité à accéder régulièrement et efficacement au panier. En effet, on sent bien que son dribble est encore limité, qu’il n’a pas de changement effectif de direction ou de vitesse, sachant qu’il n’a pas un grand premier pas. Sauf que là où Acuff a des tirs difficiles et des techniques de roublards pour un peu compenser, Meleek se contente d’être juste pas assez bon. Il ne provoque pas non plus assez de lancers francs avec un ridicule .231 de FTr. Rares sont les joueurs qui combinent ces problématiques là en étant draftés au premier tour et peu d’entre eux ont été des grands joueurs : TyTy Washington, Carlton Carrington, Jalen Hood-Schifino et Dariq Whitehead. Aucun de ses joueurs ne s’est installé et seul Carrington semble encore dans un projet d’une équipe NBA. Pourtant, il y a des points qui me font croire au fait que Meleek Thomas, même si la probabilité est infime, développe un drive correct. La première est que tout n’est pas cataclysmique non-plus : 58.9% de réussite sur les finitions non-dunkées, ce n’est pas très bon mais ce n’est pas affreux non plus. De plus, il a montré une capacité à finir des deux mains et a mis plusieurs floaters cette saison. On sait déjà qu’il a un toucher sérieux pour finir. Enfin, je crois que le drive peut venir, au moins partiellement. Ses jambes sont très longues et lui permettent de faire de longues enjambées qui avalent de l’espace sans avoir un super dribble. De plus, il a montré avoir un solide footwork et un jeu de feinte correct qui pourrait se transcrire dans son driving game si il en jouait plus souvent. Il manque clairement de force pour finir au panier, notamment au contact, au bien pour avoir des lancers francs mais la NBA est clairement le meilleur endroit pour développer de la force comme doit le faire Thomas. Je ne dis pas que la probabilité est immense mais elle existe.
C’est un passeur assez intéressant pour son poste. Il n’y a rien de révolutionnaire dans son passing mais le combo longueur et vision en font un passeur efficace. Il voit bien les joueurs et trouve aisément un Acuff dans un corner ou un Brazile sous le panier.
C’est aussi un playmaker défensif très bon. Malgré des mains de petite taille, il démontre une capacité de lecture et une envie qui en font un joueur exceptionnel pour obtenir des interceptions. Pour 40 minutes, il vole 2.0 ballons. Pourtant, ce n’est pas un défenseur si exceptionnel. Son manque d’explosivité et son manque de puissance le rendent ciblable par beaucoup de gens. Les forwards vont user de switch pour se le jouer en force et en physique pendant que les guards vont tenter de le prendre de vitesse. Ces deux soucis sont exacerbés par l’annonce de la Combine qui met Thomas à 6’3” (1m91) sans chaussures alors qu’il était plutôt annoncé autour de 1m96 ou 1m98. Sa concentration n’est pas toujours au top non plus, ce n’est pas un rebondeur prolifique ni un joueur qui impose sa longueur en aide à la protection de cercle. Il a besoin de développer les fondamentaux de la défense comme la prise d’écran par exemple.
Globalement, j’aime beaucoup le potentiel : du toucher d’élite, du playmaking défensif, du shooting et du passing correct. En revanche, le travail à faire sera difficile et le chemin sinueux si Meleek Thomas veut un jour confirmer ce que j’ai écrit ici et maintenant sur lui.
TIER 5 : GOOD PLAYER ROTATION IN PO
Là, on parle de joueurs qui peuvent dire adieu à la place de titulaire en Play-offs. Ils pourraient toujours faire le titulaire dans des équipes qui gagnent 20 matchs par saison mais l’intérêt est plutôt de les imaginer chez un contender ou à minima une équipe compétitive. On a ici des joueurs qui n’auront pas de gros rôles à priori mais qui auront quand même un rôle. Souvent catégorisés en 7ème et 8ème homme, ce sont les joueurs de banc qui gardent leurs minutes quand la rotation se resserre en Play-offs. L’équipe a besoin d’eux et leur présence est positive pour une équipe même si ce sont des profils plus aisément remplaçables, soit car ils ont un profil qui existe largement, soit parce que les lacunes qui compensent leur qualité font que la valeur globale n’est pas si haute pour être un joueur de très haut calibre. Dans ce tier, on descend au niveau du minutage, ça joue plutôt autour de 15 à 20 minutes par match lors des Play-offs. Si on prend les équipes actuelles, on serait plutôt dans les joueurs comme Aaron Wiggins, Luke Kornet ou Kevin Huerter qui sont performants, peuvent remporter un match sur une grosse performance en PO mais restent des joueurs remplaçables tactiquement.
22. JOSHUA JEFFERSON (IOWA STATE CYCLONES)
Joshua Jefferson a eu une fin de saison triste avec une grosse blessure contre Tennessee State lors de la March Madness qui l’a empêché de prendre part à un tournoi dans lequel Iowa State était des sérieux candidats pour le Final Four voire pour le titre. Pourtant, JJ est, à mon sens, un indéniable joueur du premier tour. Après avoir évolué dans l’ombre du côté de Saint Mary’s, l’ailier fort est devenu une star chez les Cyclones. Joueur ultra all-around dans une des meilleures équipes de la NCAA, Joshua est un talent certain et il ne faut pas s’arrêter à son âge ou au fait qu’il soit senior.
Attardons nous dans un premier temps sur son physique. Jefferson est un ailier d’une taille assez classique avec 2m03 sans chaussures et une bonne envergure à 2m10, ce qui est bien sans plus. En revanche, il a des mains très grandes qui font la même taille que celles de joueurs comme Baba Miller ou Hannes Steinbach. Il est également très large. Pesé à 112 kilogrammes lors de la NBA Draft Combine, il est clairement un profil physique au possible. En NCAA, il a clairement profité de cet avantage pour aller bully d’autres ailiers plus légers et vu son physique, il pourra reproduire ça sur plusieurs ailiers de qualités en NBA, ce qui est plutôt rassurant.
La qualité première que j’ai aimé chez Jefferson est son passing. Malgré son physique qui parlait lourd, large et un peu bully, il est en réalité plus complexe que ça. Il bouge bien comme une ballerine et dispose d’un passing de qualité. Il est très créatif pour un forward de son prototype. Il trouve bien ses intérieurs comme ses shooteurs grâce à une vision développée du jeu, un sens de l’anticipation, une taille qui lui permet de trouver des angles difficiles et une précision solide. Ce ne sera pas un créateur de premier plan en NBA car son handle n’est pas assez développé et il a plusieurs défauts dans son scoring qui le rend trop léger pour un tel rôle. En revanche, il peut vite devenir un connecteur d’élite avec ce combo de puissance et de passing.
Son scoring me plait moins. Dans le positif, on a une capacité à exploiter son physique pour aller chercher une bonne dose de lancers francs. Cette saison, il tourne à .517 de FTr et l’an passé, il tournait déjà à .510. Toujours positivement, il a un toucher sympathique et le tir à 3 points progresse. Il en tente 4.1 pour 40 minutes avec une réussite de 34.5%, soit 3.5% de plus que l’an passé. C’est essentiellement du Catch & Shoot et pour l’instant, ce n’est pas assez mais les progrès sont encourageants. Dans le plus négatif, on a un total de seulement 16 dunks. C’est trop peu pour un scoreur qui fait beaucoup de ses points dans la raquette. Sa verticalité n’est pas très bonne et ça peut poser un souci pour un joueur dont le toucher est bon mais pas élite. Ceci peut expliquer aussi le “seulement” 60.7% au panier pour un forward. Ce n’est pas non plus un grand scoreur à mi-distance avec moins de 40% sur les deux dernières années. Même sur des séquences de post-up, il m’a semblé être bon mais pas exceptionnel. C’est ma limite principale du profil : son jeu de scoring est limité et dans ses qualités, il ne semble absolument pas élite.
En revanche, quelque chose que j’aime beaucoup est la défense que Joshua Jefferson peut proposer en NBA. Il a une longueur correcte, une solide mobilité, une puissance imposante et une bonne taille. Ses outils sont de très bonne augure pour imaginer JJ devenir un défenseur d’impact. En plus, il sait utiliser ses outils. Sous les arceaux, il s’impose bien aux rebonds avec 9.6 rebonds pour 40 minutes. Son physique et son sens du positionnement lui permettent de prendre aisément ses marques sur du box-outs. En plus de ça, il est un grand playmaker défensif. Il fait énormément d’interceptions en utilisant ses grandes mains et sa capacité de lecture pour gratter des ballons sans difficulté. Ca fait 4 années consécutives qu’il prend plus de 2 interceptions par match quand on met ses moyennes pour 40 minutes. Il n’est pas le joueur le plus explosif pour arriver sur une ligne de place mais il a une telle compréhension du jeu qu’il arrive à se mettre au bon endroit au bon moment. Il est aussi agressif sur l’homme en utilisant ses mains efficacement tout en déséquilibrant son attaquant avec sa puissance. Ce n’est pas un protecteur de panier principal car il manque assez clairement de verticalité pour être efficace dans ce rôle. En revanche, il compense suffisamment avec sa taille et son envergure pour être un défenseur d’aide au panier plutôt efficace. Cette saison, il tournait à 1.1 contres pour 40 minutes, ce qui faisait de lui le deuxième protecteur de panier après le pivot Blake Buchanan.
Au global, Joshua Jefferson me semble avoir le profil idéal du role player de luxe. Son profil physique très costaud combiné à sa compréhension du jeu lui permettent d’être un profil rêvé pour une équipe NBA. C’est d’autant mieux quand ce dernier défend bien comme JJ. Si il y a un scoring efficace à haut volume à la clé, il peut y avoir un potentiel encore plus grand que cette 22ème place que je lui ai donné. Cependant, je ne suis pas d’une grande confiance à ce sujet. Malgré tout, il a une belle carrière NBA en vue pour lui.
23. NATE AMENT (TENNESSEE VOLUNTEERS)
Nate Ament a raté sa saison freshman à Tennessee, il n’y a pas d’autres mots pour décrire cette année. Quand j’ai découvert Nate Ament au McDonald’s All-American Game, j’ai vu un ailier grand, long et avec un bon shotmaking et j’ai commencé à me questionner sur son absence dans la conversation pour le premier choix. Vu qu’il jouait dans un petit lycée de Virginie (et pas dans les grosses écuries comme Montverde, IMG ou l’Overtime Elite), je ne l’ai pas vu jouer au niveau High School.
A Tennessee, j’ai découvert un ailier au physique longiligne et très long. Mesuré à 2m07 sans chaussures lors du NBA Draft Combine et avec une envergure de 2m12, Ament prend de la place pour un joueur sur les postes de combo forward. Ce physique le rend relativement rare dans une draft et assez passionnant à suivre. Les deux qualités apportées par ce physique sont intéressantes.
La première de ces qualités est le fait que Ament possède un point du relâchement du tir qui est très haut, trop pour être contrer. C’est un énorme plus pour Nate Ament qui peut aisément dégainer de toutes les zones derrière la ligne. On a ici un ailier dynamique loin du ballon qui, même s’ il n’a pas nécessairement une grande capacité à envoyer du pull-up, arrive à compenser par de la création indirecte. Il bouge constamment sans le ballon dans les mains et navigue à travers les écrans de Jaylen Carey, Felix Okpara ou autres J.P. Estrella pour se trouver un tir ouvert. Il est capable de dégainer de très loin et n’a pas du tout peur de la distance de tirs ou bien du niveau de contest qu’on lui propose. Même si il n’a mis “que” 33.3% de ses tirs de loin la saison passée, je crois volontiers qu’il est capable de proposer mieux dans un système NBA. Déjà, tout ce que j’ai cité est positif chez lui et est transposable aux contextes de la NBA : un ailier à haut point de relâchement, qui est dynamique off-ball et qui n’a pas peur de la distance comme Ament aura les mêmes tenants et aboutissants en NBA qu’en NCAA. Ensuite, il a un solide 79.0% sur la ligne des lancers francs sur 248 tentatives, preuve d’un toucher au moins bon. Selon 247Sports, Nate Ament a réussi 42% de ses tirs de loin sur le circuit 3SSB ainsi que 90% de ses lancers francs. Il semble donc avoir un passif plus que solide sur le registre du tir. Dans le pire des cas, Nate Ament sera un solide tireur off-ball.
Avant d’enchaîner sur la deuxième qualité inhérente à son physique, continuons sur le scoring. La raison principale de pourquoi sa saison a été mauvaise est sa réussite à 2 points. Il n’a mis que 51.8% de ses tirs au panier cette saison et on descend même à 46.5% sur les finitions au panier non-dunkés. A mi-distance, il n’est pas mauvais avec 37.3% de réussite mais ce n’est pas assez pour offrir un semblant de compensation par rapport à son jeu au cercle. Le gros défaut de Ament est son physique trop léger. Il explose tout simplement au contact, ce qui l’empêche de finir dans le trafic. Il n’a pas non plus une explosivité ou une verticalité si bonne que ça, ce qui explique son nombre léger de dunks cette saison (13 seulement). Ce n’est pas non plus un bon driveur vers le panier. Il n’a pas un dribble très varié de par un centre de gravité haut et une limite de capacité à s’abaisser pour abaisser le dribble avec lui. Son premier pas et son accélération sont tout bonnement à la ramasse pour un joueur qui se veut être un scoreur de volume en NBA. Seul un autre joueur depuis 2010 a scoré moins de 52% au cercle sur son année pré-draft tout en réussissant à finir dans les lottery picks comme le réussira probablement Nate Ament : Cam Reddish.
En revanche, il a une qualité claire : provoquer des lancers francs. Là où Cameron Reddish se faisait aussi remarquer par une provocation de lancers atrocement faible avec .264 de FTr (quel mauvais prospect c’était Reddish…), Nate Ament est un véritable artiste dans la matière qui a un FTr de .578. Amateur de feintes, de jab step et d’utilisations étonnantes de ses appuis en tout genre, Nate Ament sait se jouer de ses défenseurs. Il maîtrise déjà les règles d’arbitrage et sait comment obtenir la faute lors d’un tir. Plusieurs fois, il tente un tir un peu mauvais exprès pour avoir la faute car l’angle est idéal. C’est un joueur qui profite aussi des erreurs adverses en posant des jab step avant le démarrage ou des feintes de départ pour dégainer. Son efficacité limite sa dangerosité mais le combo de variété, de volume et avec suffisamment de talent le rend quand même menaçant en attaque.
Pour revenir sur notre histoire de physique, il y avait une deuxième qualité que je n’ai toujours pas mentionné : la capacité à contrer. Si Nate Ament n’est pas un grand défenseur, c’est en revanche un joueur qui montre un vrai potentiel sur de la rim protection secondaire. Ses longs bras flexibles et ses poignets qui peuvent se tordre aisément lui permettent de venir sur des aides chaotiques pour sauver une possession défensive. Pour 40 minutes, Nate Ament tourne à 0.8 contres, ce qui est bon pour un ailier. Il doit encore travailler ses placements, ses timings et ses lectures mais les bases sont là pour travailler. Pour continuer sur la défense, c’est aussi un fort rebondeur qui utilise volontiers sa taille et son standing reach supérieur à la majorité de ses vis-à-vis pour gratter des rebonds défensifs comme offensifs. Dans la NBA de la bataille des possessions, c’est une arme plus qu’intéressante.
En revanche, ce n’est pas un bon défenseur. Son profil physique avec un centre de gravité haut et une puissance faible en fait un joueur ciblable en défense. Les petits risquent de le dépasser en vitesse et les grands risquent de l’enfoncer au panier. Il doit aussi être plus concentré. Avec des outils pareils, il n’est pas normal que Nate Ament ne fasse que 1.3 interceptions pour 40 minutes. Il a fait autant d’interceptions par match que l’autre freshman Amari Evans qui, lui, n’a joué que 14.4 minutes par match et pas quasiment 30. Il va falloir développer un meilleur playmaking défensif que ça au vu des outils en travaillant les lectures et un peu d’explosivité.
Enfin, sur la création de jeu, Nate Ament est un joueur fluide avec la balle en main, pas du tout mal à l’aise. Il est d’ailleurs parfois utilisé comme le porteur de balle d’action chez les Volunteers, même quand Ja’kobi Gillespie est sur le terrain. Cependant, ses limites athlétiques cités plus tôt (premier pas, explosivité, accélération) et ses limites techniques de dribble l’empêchent d’être un porteur de balle de premier plan. Son passing n’est pas non plus très bon et il a pas mal montré une vision trou noir cette saison. Peu enclin à régaler les copains quand il crée des différences, il n’a pas su exploiter la gravité que son corps créait combiné à son tir. Dans la NBA de 2026, c’est un problème majeur.
Je ne crois pas que Nate Ament soit doté d’un immense potentiel. Penser cela, c’est recommencer la même erreur en boucle. Cette erreur a déjà été faite avec Cameron Reddish, puis avec Ziaire Williams, puis avec d’autres. Oui, on peut cacher les défauts autant qu’on veut derrière le contexte NCAA, une variance ou comme la résultante d’événements externes lors de la saison. Personnellement, Nate Ament ne m’a pas montré de raisons de penser qu’il a un potentiel absolument dément. Autant, je crois bien au 3&D de très bonne qualité, autant je ne vois aucun créateur balle en main ici. Je vois encore moins un défenseur discipliné ou un passeur capable. Nate Ament est un projet qui doit encore mûrir mais le jeu en vaut-il la chandelle en lottery pick ? Je ne suis pas certaine que ce soit le cas.
24. HENRI VEESAAR (UNC TAR HEELS)
Je suis une fan de Henri Veesaar depuis longtemps. J’étais déjà assez optimiste vis-à-vis de ce qu’il avait produit à Arizona quand Motiejus Krivas s’était blessé l’an passé. Le combo de taille, de potentiel de shooting et de compréhension du jeu me plaisait. Quand il est arrivé à UNC, j’ai eu un peu peur pour lui. Je pensais que Jarin Stevenson pouvait représenter une menace dans le 5 majeur des Tar Heels sauf qu’il n’en a rien été. Caleb Wilson s’est directement installé au poste 4 et Henri Veesaar s’est installé aisément au poste 5 à ses côtés, notamment de par sa complémentarité avec le freshman star de l’ancienne équipe de Michael Jordan et Raymond Felton.
Veesaar est un vrai géant en NCAA. Il a été mesuré, lors de la NBA Draft Combine, à 2m11 en terme de taille avec une envergure de 2m18. Le pivot n’a pas été en grande réussite sur les différents exercices de la Combine où on évaluait sa mobilité et sa verticalité. Pourtant, il ne faut pas se fourvoyer : Veesaar est un joueur solide athlétiquement. Ce n’est pas ce genre de 2m11 qui joue comme si il faisait 2m03. Sur sa saison NCAA 2025-2026, il a montré, à plusieurs égards, qu’il était un joueur qui jouait à sa taille. Il a mis 58 dunks sur la totalité de la saison, ce qui fait quasiment 2 dunks par match, ce qui est très solide. Il a également été très performant aux rebonds avec 11.1 prises pour 40 minutes. C’est d’autant plus impressionnant que Henri est un pivot très frêle et léger avec seulement 103 kilogrammes sur la balance. Ce n’est pas le contreur le plus prolifique mais il en fait suffisamment pour montrer qu’il sait faire
La grande qualité de Henri Veesaar est sa capacité à finir au scoring. Près du panier, c’est une menace injouable. Sa combinaison de taille et de toucher au panier est invraisemblable. Comme dit précédemment, il met énormément de dunks et peut finir au contact aisément. Il réussit 66.0% de ses tirs au panier non-dunkés cette saison mais aussi 53.5% dans la zone à mi-distance. Il est très à l’aise sur des hook shots grâce à sa taille qui le rend difficilement contrable. C’est aussi un joueur qui a montré du progrès sur son tir à 3 points avec une énorme année dans ce secteur. Avec 42.6% de loin sur 94 tentatives cette année, il était probablement le meilleur big man shooteur de la draft cette année. Je concède que le volume n’est pas énorme et qu’il y a un pourcentage aux lancers francs (61.5% sur 117 tentatives) assez faible à côté. C’est clairement le skill qui pourrait faire passer Veesaar dans une autre dimension. Avoir un sniper aussi grand serait un énorme plus pour n’importe quelle équipe. Il va devoir développer un tir plus fiable et il est sur la bonne voie, lui qui a commencé à tirer de loin un peu sur le tard.
En plus, Veesaar est un très fort rebondeur. Il n’a pas le poids d’un joueur capable d’être très impactant par sa puissance. En revanche, il utilise très bien sa taille, ses mains, son placement et des écrans pour gratter des ballons. Il peut gratter des rebonds offensifs comme défensifs. Il faut bien se rendre compte qu’il a été à ce point performant dans le domaine alors qu’il joue avec un athlète d’élite comme Caleb Wilson et globalement un effectif qui joue assez grand (des séquences avec Stevenson en poste 3, Trimble ultra athlétique au poste 2).
En revanche, la question est plus défensive. Naturellement, il a une taille qui le rend dangereux en protection de panier. Malgré plusieurs lacunes que je vais énumérer ici, il produit quand même un minimum de contres contrairement à des pivots historiquement mauvais en protection de cercle comme, par exemple, Max Raynaud. Cependant, ses soucis de physique l’empêchent d’être un efficace protecteur de panier car il peut, parfois, trop reculer quand il se fait chercher au physique. C’est d’autant plus marquant quand il se fait jouer en post-up et ses jambes sont trop légères pour supporter la pression. Il n’a pas non plus une superbe mobilité pour monter haut même si il peut s’en sortir sur des courtes séquences de joueurs un peu lents.
Avec tous les retours de pivots vers la NCAA (Pat Ngongba, Motiejus Krivas, Malachi Moreno), Henri Veesaar se fraie naturellement un chemin vers le premier tour. Je ne pense pas qu’il a un potentiel dément à développer. En revanche, je pense qu’il peut devenir un solide joueur de rôle en NBA. Il faudra développer le physique encore un peu plus et montrer qu’il peut effectivement tirer de manière efficace. Sinon, ça pourrait vite être compliqué pour lui mais j’y crois.
25. SERGIO DE LARREA (VALENCIA BASKET)
Sergio de Larrea est un producteur solide en EuroLeague et c’est rare pour être noté lors d’une draft. Ce n’est pas du tout du niveau de Luka Doncic. En revanche, il a montré de belles performances comme 23 points contre Bologne en début d’année ou 18 contre le Panathinaikos en Avril. Après de belles performances en tant que meneur titulaire de l’Espagne lors de l’EuroBasket, il a fait une belle année à Valence même si parfois trop caché par le trop-plein de guards.
Je suis une fan assez invétérée des jumbo-sized guards. J’ai établi une théorie sur le fait que l’intersection de taille et de playmaking est une des, si ce n’est la, meilleure intersection que l’on peut avoir avec un basketteur. Sergio rentre parfaitement dans ce profil avec 1m98 sans chaussures et une envergure de 2m06. Comme des joueurs tels que LaMelo Ball, Tyrese Haliburton ou Cade Cunningham, la valeur d’être grand comme playmaker est énorme. Un joueur comme Sergio de Larrea peut utiliser sa taille et sa vision pour voir des angles compliqués. Il peut aussi utiliser cette même taille pour envoyer des ballons dans des angles de passes difficiles en faisant la passe par-dessus. Il peut aussi utiliser sa taille pour tirer par-dessus la majorité de ses vis-à-vis, surtout en Europe.
Son passing est vraiment très bon. Il arrive déjà à trouver des angles très difficiles comme je l’ai dit mais il est aussi bon pour faire des passes qui sont précises et dans le bon timing. Il met très bien en valeur ses arrières shooteurs et les quelques intérieurs qualitatifs qui ont joué à Valence cette année. Il est doué en termes de manipulation visuelle pour emmener les défenses où il veut sans qu’il sache. C’est évidemment un gestionnaire de Pick & Roll très à l’aise qui sait dans quel timing et quel type de passe faire pour son roller.
Il a aussi un sérieux shooting extérieur. Il est autant capable de tirer en catch-and-shoot qu’en pull-up. Il est à l’aise pour dégainer à 3 points comme à mi-distance. Il a mis 40.7% de ses tirs de loin en Liga ACB et 39.6% de ses tirs de loin en EuroLeague. Il est également un efficace tireur de lancers francs et il montre un vrai toucher pour scorer. Il est clairement un joueur menaçant de loin et aussi à mi-distance par séquence. En revanche, je suis très sceptique sur sa capacité à scorer en pénétration. Il manque de puissance, de verticalité fonctionnelle (2 dunks selon les sources que j’ai pu lire), d’explosivité et de capacité à provoquer des lancers francs. Il semble aussi manquer parfois d’agressivité pour performer à haut volume. Ce problème se voit dans de multiples contextes : Liga ACB, EuroLeague, EuroBasket. C’est clairement la grosse limite du jeu de Sergio et pourquoi je ne le mets pas plus haut. Si Sergio arrive à développer un scoring au panier, c’est clairement un top 10.
En défense, il y a des choses bien. Il a une bonne énergie et se donne en défense. Plusieurs fois dans la saison, il se lance sans réfléchir dans des presses tout terrain en utilisant sa taille pour garder l’avantage. Il n’est pas un grand playmaker défensif mais son combo de taille, d’envergure et de lecture de jeu lui permet de prendre des interceptions (1.3 pour 40 minutes) et même de faire quelques contres (0.7 pour 40 minutes). Il lit bien les mouvements, ce qui lui permet d’être performant. En revanche, il n’a pas la puissance ou le coffre pour encaisser le contact avec efficacité. Il n’a pas non plus l’explosivité ou la vitesse pour être élite en défense. Parfois, il manque aussi de moteur mais ce n’est pas un problème majeur chez lui.
Globalement, il y a un autre souci. On n’a peu vu Sergio de Larrea avec 25 ou 30 minutes de temps de jeu et, de manière plus générale, des responsabilités conséquentes. Sergio de Larrea n’a eu aucun match à 15 tirs tentés cette saison. Même quand il était titulaire de l’équipe nationale espagnole cet été, il n’était pas un joueur à haute responsabilité mais plutôt un dépositaire du jeu qui laissait ses camarades finir le boulot. J’aime sincèrement Sergio de Larrea mais j’aurai eu besoin de le voir plus mis en valeur balle en main pour le mettre plus haut. C’est clairement un joueur que j’aurai pu mettre plus haut car j’ai envie de croire au potentiel de meneur titulaire en NBA mais je n’ai pas assez de matières pour le considérer ainsi dans une draft aussi dense en meneur.
26. VSEVOLOD ISCHENKO (LOKOMOTIV KUBAN)
Vsevolod Ischenko est clairement l’homme mystère de cette draft. Peu de gens se sont mis à regarder des matchs de la ligue russe, la VTB United League. Avec le contexte géopolitique et les sanctions associées de la FIBA, la plupart des jeunes talents russes s’exportent à l’international. Le manque de visibilité liés fait trop de mal aux talents russes et c’est pour ça qu’on a vu Egor Demin partir à Madrid puis à BYU, qu’on a vu Vladislav Goldin partir à FAU puis Michigan et qu’on a des rumeurs de Egor Amosov, russe du côté de Madrid, qui partirait à UConn. Pourtant Ischenko a pris une autre voie. Très peu mis en vue avant la saison, il a su s’installer dans la rotation du Lokomotiv Kuban et son nom est apparu chez certains scouts.
De loin, on avait un profil intriguant. Les premiers mots que j’ai entendus sur Vsevolod sont polyvalence, taille et envergure. En effet, il fait de tout sur le terrain et c’est lié à son physique assez unique. Mesuré autour des 2 mètres, il a aussi une envergure immense autour de 2m13. Si on met ses statistiques pour 40 minutes, on a une ligne de stats qui montre un côté très complet : 14.8 points, 7.8 rebonds, 3.4 assists, 2.2 interceptions et 1.2 contres. En Russie, Vsevolod fait de tout dans l’ombre de Jeremiah Martin, Vince Hunter et Patrick Miller. En plus de ça, l’ailier est un athlète fluide sur le terrain avec une capacité à monter très rapidement au panier et il l’a montré en jouant plus grand que sa taille réelle.
C’est un fort scoreur en VTB United League. Il a montré une capacité à tirer à 3 points qui est très bonne. Il a tourné à 32/71 de loin sur la saison, soit un énorme 45.1% de réussite. L’échantillon est trop faible mais il a montré des résultats similaires sur son petit volume de jeu de l’an dernier (2/5) ou lors de la Winline Basket Cup (3/4). En plus solide, on a un bon pourcentage aux lancers francs qui montre un toucher efficace. Entre les deux années au Lokomotiv Kuban et la séquence de la WBC, il a mis 77.4% de ses 221 lancers francs tentés. Ce n’est pas un tireur d’une variété incroyable, on est majoritairement sur du catch-and-shoot. Cependant, son catch-and-shoot peut être incroyable si il continue de scorer efficacement car son point de relâchement est très haut. Il est aussi un bon scoreur au panier capable d’aisément dunker on-ball comme off-ball de par une verticalité hautement fonctionnelle. Sa provocation de lancers est également élite avec un FTr tonitruant cette année de .679 car il n’a pas peur du tout du contact et accepte de jouer physique au panier.
C’est aussi un joueur qui peut avoir un apport génial dans la bataille des possessions. C’est un intercepteur génial. Il dispose à la fois d’une envergure gigantesque, d’une bonne lecture des attaques adverses et des grandes mains qui lui permettent de couper aisément les lignes de passe. En plus, il a un moteur génial pour performer longtemps en NBA dans ce registre. Il sait aussi bien utiliser sa taille pour aller chercher des contres près du panier grâce à un bon sens du timing. Je ne m’attends pas à le voir devenir un contreur prolifique en aide mais un joueur qui, par séquence, peut te sauver des défenses de drive. C’est aussi un rebondeur absolument génial. Agressif sur le ballon, il utilise aisément sa taille pour prendre les ballons par-dessus les autres. Il doit évidemment travailler sur ses box-outs mais il est déjà une arme majeure au rebond. Hormis une question par rapport à son poids qui va poser question sur sa capacité à jouer le rebond aussi physiquement en NBA, il a un profil d’apport global trop intéressant.
Si il n’est pas plus haut, c’est car son jeu de création est trop limité. S’ il a un bon passing, son dribble est un problème. Beaucoup trop rigide, il n’arrive pas à s’abaisser pour avoir un dribble bas et driver de manière efficace. Même les attaques de close-out pourrait se compliquer. Autant, il pouvait jouer ainsi en VTB United League mais la NBA est un autre sport. Difficile de l’imaginer naviguer dans le trafic ou face à une défense pressante.
J’ai découvert Vsevolod Ischenko après tous les autres prospects de cette cuvée et j’ai immédiatement aimé. Pour autant, ça me semble compliqué de mettre plus haut un profil comme ça que je ne vois pas devenir une star. Cependant, il pourrait être un des meilleurs role players de cette draft si il continue à avoir cet apport dans tous les secteurs du jeu.
27. ALLEN GRAVES (SANTA CLARA BRONCOS)
Allen Graves n’a pas fait une saison qui, sur le papier, semble exceptionnelle. Sans manquer de respect à qui que ce soit, faire une saison de Sixième Homme dans une équipe de WCC n’est pas quelque chose de commun pour finir drafté au premier tour d’une draft comme Graves est projeté. La première raison pour laquelle Graves est projeté au premier tour est le fait qu’il soit LE prospect analytics de cette draft. C’est un joueur qui est dominant au BPM cette saison avec le meilleur BPM de la conférence et un des meilleurs de l’année au global.
La première force du profil est la valeur de Allen Graves dans la bataille des possessions. Quand on regarde les statistiques, ça saute aux yeux : 13.8% de OREB%, 4.9% de STL% (leader de la conférence devant Maleek Arington de Seattle) et 4.9% de BLK%. Il a le profil physique idéal pour performer dans ce secteur : il combine à la fois les très longs bras avec une envergure à 2m13 et un corps large et épais avec déjà plus de 100 kilogrammes sur la balance. Il s’impose largement physiquement près du cercle pour capter des rebonds offensifs comme défensifs grâce à son sens de placement et son agressivité. Il intercepte beaucoup de ballons en mettant ses mains dans le jeu constamment. En revanche, je serai moins confiante sur la capacité à contrer en NBA. Il n’a pas une grande verticalité car son corps est difficile à soulever rapidement et son nombre de contre est pas mal lié au fait qu’il ait joué majoritairement petit pivot en NCAA. De plus, on a une baisse drastique du BLK% en fonction des confrontations. Face au Top 50 des équipes NCAA, il tombe à 2.8% de BLK%, soit quasiment moitié-moins que sur la globalité de sa saison. Si il pourra servir en aide sur de la protection de cercle par séquence en NBA, ce ne sera pas un rôle aussi prépondérant de son jeu dans la Grande Ligue.
En revanche, il n’en reste pas moins un bon défenseur. Il est toujours bien placé pour empêcher une passe ouverte. Il anticipe bien les mouvements adverses pour arriver à compenser son physique qui peut parfois avoir du mal à suivre. Comme dit plus haut, il vole aisément des ballons autant dans les mains que sur les lignes de passe. C’est un défenseur de collectif qui est discipliné, comprend très bien le jeu et sait utiliser son corps à bon escient. Il n’a pas la mobilité latérale pour être un super défenseur on-ball et switcher sur des guards. En revanche, je le pense capable de tenir des post-up par séquence sur des big men.
Au scoring, Allen Graves pose une grosse question : est-il un bon tireur à 3 points ou alors un joueur qui a surchauffé le temps d’une saison. Remettons dans le contexte : Allen Graves n’était pas du tout attendu comme le joueur majeur de la saison de Santa Clara. Forcément, le niveau d’attente et de défense sur lui n’étaient pas si forts. Donc comment évaluer son 41.3% de réussite de loin sur un minuscule 92 tentatives ? Regardons les autres indicateurs. Son pourcentage aux lancers francs sur la saison est à 75.0%, ce qui est bien. En EYBL avec LivOn EYBL (LA), il a mis 2/10 (20%) de loin ainsi que 65.3% de ses 49 lancers francs. Dans son contexte local de Ponchatoula en High School, il a des chiffres plus intéressants. Sur ses années sophomore et junior, elle tourne à 35.6% de réussite de loin sur 135 tentatives mais ne met que 71.7% de ses 198 lancers francs. Sa saison senior est plus intéressante en termes de % même si je n’ai pas trouvé les volumes avec 39.6% de réussite de loin et 81.3% aux lancers francs. Lors des exercices de tirs de la NBA Draft Combine (qui valent ce qu’ils valent), il n’a pas été très bon avec aucun exercice avec 15 réussites sur les 25 tentatives. Si Graves tournait à plus de 40% sur la saison, il est tombé à 34.9% contre les équipes NCAA du top 100 et 36.1% contre les équipes du top 50. Au niveau de la variété de tirs, il est assisté sur 100% de ses tirs de loin et tire essentiellement du spot-up et quelques rares Pick & Pop. En somme, c’est un vrai pari de tenter Allen Graves en se disant que le tir va passer. A mes yeux, il a des bases intéressantes mais du travail doit encore être fait.
Globalement, Allen Graves est un joueur extrêmement complet. Il peut tirer, prendre des rebonds, défendre, passer et se mettre en retrait pour le collectif. Je ne pense pas qu’il ait une star upside si incroyable que ça et sûrement que la WCC a caché certains défauts ou même créé des qualités qui ne se retranscrivent pas en NBA. Par contre, il a suffisamment de qualités pour que je le considère aisément au premier tour en espérant qu’il maintienne ce niveau avec l’augmentation du volume si on lui donne.
28. RICHIE SAUNDERS (BYU COUGARS)
BYU avait évidemment AJ Dybantsa en supernova offensif mais il ne faut pas oublier que les Cougars avaient un vrai trio offensif. AJ Dybantsa a mené la NCAA au scoring, Robert Wright était le meneur qui alterne entre scoring et lancer le jeu et il y avait Richie Saunders. Malgré sa fin de saison qui a été stoppée plus tôt que prévu à cause d’une grosse blessure, il a suffisamment montré pour être un candidat solide en NBA. Après une année à 16.5 points de moyenne puis une nouvelle à 18.0, l’arrière qui aura 25 ans en septembre pourrait être un des supers role players à choper de la cuvée.
La grande qualité de Richie est son tir extérieur. Sur les deux dernières années, il tourne à 40.5% de loin sur 353 tentatives. En ajoutant les deux premières années où il n’était qu’un back-up, on a un très bon 38.7% de réussite sur 530 tentatives, ce qui est un très bon volume de jeu. Aux lancers francs, il a 78.8% de réussite sur 321 essais, sachant qu’il a plus de 80% sur les deux dernières années. Non seulement il est un très bon tireur mais en plus, il semble largement progresser années après années, ce qui est rassurant. Ce n’est pas un tireur d’une variété incroyable, on est majoritairement sur du catch-and-shoot. Il n’a pas un handle suffisamment bon pour se créer lui-même son tir. Par contre, c’est une menace incroyable off-ball : sa mécanique peut sembler un peu rigide mais elle est très efficace et lui offre un point de relâchement très haut. Il semble également toujours bien équilibré dès qu’il jump pour aller shooter.
Richie Saunders n’est pas une grande menace de rim pressure. Il n’a pas le handle ou l’explosivité pour se lancer vers le panier. Pourtant, il est très efficace au panier : sur les deux dernières années, il combine un excellent 68.7% de réussite sur 230 tentatives. Evidemment, il a de la transition sur laquelle il montre une capacité à scorer efficacement après la course. Mais il montre aussi qu’il est capable d’aisément attaquer les close-outs en utilisant son handle efficacement et sa capacité de navigation pour accéder au cercle. Il a une panoplie de finition assez développée pour éviter des contres parfois. En revanche, il n’a pas du tout le corps pour prendre les contacts et provoquer des fautes. Ce défaut se traduit dans son faible FTr de .357, un score largement supérieur à ces 3 années précédentes. Ce n’est donc pas un grand driveur et je ne pense pas qu’il le deviendra. Par contre, il sait saisir des opportunités pour avoir des points au panier.
C’est un arrière qui n’est pas un grand défenseur. Comme tout le monde à BYU, il était très dépendant de Keba Keita derrière pour protéger le panier. En revanche, Richie a montré des qualités certaines en défense. Il est hargneux, teigneux et provoque bon nombre d’interceptions. Cette saison, il tournait à 2.2 interceptions pour 40 minutes. Il met ses mains à disposition dans de nombreuses situations afin de voler des ballons. Il a une longueur de bras honorable pour un joueur de sa taille. Il est assez mobile et rapide pour se déplacer dans l’espace. Sur l’homme, il aura plus de mal car son physique peut se faire dominer selon les match-ups mais il ne sera jamais la plus grande faiblesse d’une défense (sauf si il finit au Thunder).
Richie Saunders est un joueur sobre mais efficace. Il fait peu de choses en termes de variétés mais il fait ce qu’il fait de manière propre et efficace. En fin de premier tour et début de second, c’est clairement un joueur d’apport qui peut intéresser bon nombre de possessions.
29. UGONNA ONYENSO (VIRGINIA CAVALIERS)
Ugonna Onyenso a passé une belle année senior dans une équipe de Virginia qui fut très surprenante 1 an après le départ de Tony Bennett, artisan de l’équipe championne de 2019. Il partageait les minutes au poste de pivot avec le pivot allemand Johann Grunloh. Après quelques années à Kentucky puis à Kansas State, on découvre enfin un Ugonna responsabilisé et bien utilisé.
Ugonna Onyenso est un chouchou des query barttorvik. Combien de joueurs de NCAA depuis 2008 comptabilisent minimum 9% de ORB%, 17% de BLK% et 3 3PA/100 possessions ? Deux joueurs répondent à ces critères. Le premier est Walker Kessler, pivot de Auburn qui évolue aujourd’hui à Utah comme un génial protecteur de cercle. Le deuxième est Ugonna Onyenso, le pivot de Virginia dont il est question ici. On peut aussi trouver des comparaisons statistiques avec Jay Huff ou Chet Holmgren en cherchant cette intersection de taille, de shoot et de protection de cercle. Mais la question est de savoir ce qu’il vaut concrètement dans le jeu.
La première qualité chez lui est son corps qui grand et long. C’est un 7-footer au poste de pivot qui dispose d’une longue envergure de 7’4.75”, soit une envergure autour de 2m26. C’est un corps qui fonctionne très bien pour la protection de cercle. A titre de comparaison, revenons sur Walker Kessler qui était mesuré un petit peu plus grand (2m14 barefoot alors que Onyenso est plutôt à 2m11 barefoot) mais Onyenso a une envergure légèrement plus grande pour compenser. C’est un intérieur avec de grandes mains aussi. Son haut du corps est plutôt costaud avec des épaules larges sur des jambes très longues et fines.
Ce corps en fait un obstacle naturel entre le scoreur et le panier. Son radius est très grand et il a une verticalité plutôt correcte pour aller chercher le contre. Ses grandes mains lui donnent une marge d’erreur solide. Ce qui fait que Ugonna Onyenso est un contreur très prolifique (meilleur contreur de la ACC en ne jouant que 18.6 minutes par match, moyenne de 7.0 contres par match lors du tournoi de conférence), c’est son timing de saut qui est très bon. Il décolle à l’aise des deux pieds pour venir bâcher l’adversaire. Il a parfois des soucis de lecture mais globalement, ça reste très bon. Même si la différence n’est pas énorme (parce que Grunloh est également un excellent protecteur de panier), les line-ups avec Onyenso limite à 47.6% de réussite les tirs adverses contre 50.4% pour les line-ups sans lui.
Comme beaucoup de joueurs de son profil qu’on a cité plus haut (Jay Huff, Walker Kessler), il n’a pas la mobilité optimale pour bouger dans l’espace mais la valeur offerte par sa protection de cercle est trop importante pour ne pas lui donner de minutes. Il a aussi une forte valeur aux rebonds. Par sa combinaison de taille, de timing, de standing reach, de verticalité et de grandes mains, il est un élément qui peut apporter fort dans la bataille des possessions si importante aujourd’hui.
Offensivement, il ne faut pas attendre beaucoup de Ugonna Onyenso. C’est un rim runner tout à fait ordinaire. Il ira chercher les lobs qu’on lui enverra pour dunker au panier. Il peut aussi finir quelques Pick & Rolls après un bon écran. Cependant, Onyenso ne possède pas du tout le passing de short roll pour être impactant à haut volume dans ce secteur du jeu. Il scorera aussi sur du rebond offensif. Le point clé de son développement offensif sera son tir à 3 points. Il a passé 2 saisons à Kentucky où il n’a tenté qu’un tir à 3 points et ne tournait pas au-dessus de 60% de réussite aux lancers francs sur 41 tentatives. Cependant, il a drastiquement explosé sur son FT% à Kansas State avec 76.9% sur 13 tentatives. Cette évolution a été confirmée par sa saison à Virginia où il a tourné à 72.7% sur 44 tentatives MAIS également par un nombre de tentatives anormalement haut pour lui avec 36 tentatives à 3 points cette saison. Il est évidemment impossible de tirer quelconque conclusion sur l’évolution de ces pourcentages MAIS le fait qu’il prenne des tirs à 3 points cette année tend à montrer que son tir à 3 points s’est développé ou qu’à minima, il a trouvé un coach qui a enfin remarqué cette aptitude chez lui. Toute l’interrogation est de savoir si, à termes, Ugonna Onyenso pourra développer une capacité à faire au moins du spot-up et du Pick & Pop. Son très bon pourcentage à mi-distance (17/33, soit 51.5% de réussite) est très bon cette saison mais pourrait totalement être une surchauffe quand on compare aux trois années précédentes qui cumulent un 10/39, soit un vilain 25.6%. Il est difficile de trouver des statistiques d’autres contextes que la NCAA pour Onyenso mais il n’a tiré qu’à 0/1 de loin en 2 matchs quand il a joué avec le Nigeria en 2021. Un scouting report de 2020 (quand Onyenso n’avait donc que 16 ans) le décrit comme un mauvais tireur. Cependant, en 6 ans, il peut se passer beaucoup de choses donc difficile d’en tirer beaucoup de choses. La seule chose dont on peut être sûre en l’état, c’est que le développement du tir de Ugonna Onyenso prendra du temps à l’équipe qui voudra développer cet aspect de son jeu qui lui permettrait de rentrer dans la cast d’élite des intersections de protection de cercle et 3 points. Sauf que contrairement à certains qui, de par cette intersection, ont délaissé le rebond (JJJ par exemple), Onyenso semble, lui, toujours prêt à boxer pour finir la défense ou offrir une nouvelle possessions offensive.
Au final, vous n’aurez jamais une star offensive en sélectionnant Ugonna Onyenso. Je ne sais même pas si vous aurez un vrai titulaire en NBA. En revanche, vous aurez ce role player d’élite que chaque équipe veut en back-up pivot. Un joueur unique qui apporte de la taille, de la protection de cercle et du volume aux rebonds. Tout ça avec un énorme taux d’intensité. Si en plus l’équipe qui le récupère est capable de faire quelque chose de ses quelques tirs pris cette saison, il peut être le pur steal de draft de la cuvée car même si il sait faire peu de choses, le peu qu’il sait faire a une immense valeur et il le fait mieux que beaucoup de gens.
30. ISAIAH EVANS (DUKE BLUE DEVILS)
Dans l’ombre des sublimes saisons individuelles de Cooper Flagg puis Cameron Boozer, Isaiah Evans s’est installé comme un solide prospect pour la NBA. Arrivé depuis le lycée avec l’étiquette de shotmaker, il s’est immédiatement adapté pour devenir un très bon shooteur off-ball qui est plus qu’utile au système. C’est sa première qualité de son profil et qui fait que je le mets si haut : son profil est très malléable et il a une magnifique capacité adaptative qui le rendrait immédiatement utile aux 30 franchises de la NBA.
D’un point de vue technique, c’est évidemment la capacité à shooter derrière la ligne à 3 points qui le rend si précieux en termes de perspective. En seulement 2 saisons de NCAA chez les Blue Devils, il a réussi 38.0% des 429 tentatives qu’il a prises. Il confirme son très bon toucher avec 84.9% de réussite sur la ligne de lancers francs sur 146 tentatives. Cependant, il ne faut pas limiter la capacité de Evans à shooter à celle d’un spot-up shooteur lambda. Avec le départ de Kon Knueppel vers les grands Charlotte Hornets, Evans a démontré encore plus sa palette de tirs : capacité à spot-up, à shooter en sortie d’écran, à jouer sur Pick & Pop inversé ou même à envoyer quelques pull-ups par séquence. Isaiah est un vrai shooteur d’élite qui a développé sa palette tout au long de la saison. Il a montré plusieurs pull-ups à mi-distance qui sont dans la lignée de ses qualités de shotmaker au lycée de North Mecklenurg.
Isaiah Evans est un excellent tireur à 3 points, c’est un fait. Cependant, il se pose la question de ce qu’il est capable de faire d’autre. Sur le papier, il y a un bon potentiel de cutter off-ball. En effet, il possède une bonne taille accompagnée d’une longue envergure qui lui permet d’accéder facilement au panier. Son côté “poids plume” fait qu’il est facile pour lui d’élever son corps dans les airs. Cependant, ce n’est pas un si bon cutter. Il n’accède que peu au cercle (seulement 20.9% de ses tirs sont tirés au panier cette saison) et la majorité sont dunkée car il finit dans cette zone souvent en transition. En revanche, on ne peut pas omettre le fait qu’il ne possède pas un bon contexte pour utiliser ce potentiel. Ngongba et Boozer utilisent beaucoup la raquette et le faible spacing fait que Duke doit faire face à des équipes qui ferment des portes ouvertes au panier. Balle en main, il n’a pas eu le reps pour faire valoir un handle de qualité. Pourtant, on voit des qualités intéressantes en termes de drive balle en main. Il dispose de très longues jambes qui lui permettent de faire de longues enjambées vers le panier. En revanche, on note quelques défauts : Isaiah Evans a un corps extrêmement léger qui l’empêche de résister au contact. Ça freine à la fois sa capacité à accéder au panier mais aussi à provoquer des lancers francs. Il manque aussi d’habitudes et de savoir faire pour finir au panier car ça n’a jamais été son jeu comme en témoigne sa comparaison High School Brandon Ingram.
En défense, Isaiah Evans a un potentiel certain. Son côté très long et assez bon verticalement en fait un potentiel de playmaker défensif de grande qualité. Il est d’ailleurs déjà assez correct dans l’exercice avec 1.0 interceptions et 0.9 contres pour 40 minutes. Rare sont les joueurs capables de faire autant de contres pour cette taille et c’est clair que le bonus de taille aide beaucoup. Il pourrait, à terme, devenir un protecteur de cercle secondaire. Il faudra évidemment prendre en puissance physiquement pour exister dans ce rôle efficacement mais il pourrait le devenir. Ses longs bras pourraient aussi être utiles sur les lignes de passes si Isaiah Evans travaille sa discipline, son envie et avec de l’expérience. En revanche, pour le moment, c’est léger. Il est assez mauvais en termes de decision-making défensif, il a tendance à trop gamble sur les lignes de passe. Sa concentration est d’un niveau dramatique. Il semble parfois complètement à l’ouest et dépassé. Parfois, il vient très justement en aide pour la protection du panier mais son manque de puissance fait qu’il peut être aisément dégagé de l’action à l’aide d’un simple bump. Un autre problème est son faible nombre d’interceptions. Rares sont les joueurs en dessous de la barre des 2% de STL% dans son profil. Quand on fait une recherche Barttorvik des joueurs draftés au premier tour de cette taille et de ce profil, on tombe sur des joueurs qui sont quasiment tous devenus de mauvais défenseurs : Buddy Hield, Luke Kennard, Cameron Thomas, Bennedict Mathurin, Malik Beasley ou encore Tyler Herro. Il existe quelques exceptions comme Isaac Okoro ou Desmond Bane dans la liste mais le premier a subi une saison tronquée (et montrait beaucoup de qualités défensives autres) et le deuxième a step-up en passant en dessous de 2% pendant 3 ans à 2.5% de STL% lors de saison senior. Il est très difficile de projeter Isaiah Evans comme un bon défenseur à long terme mais je pense qu’il dispose d’outils et d’une certaine marge pour devenir un honnête défenseur off-ball.
Du côté de la défense on-ball en revanche, il n’y a probablement rien à sauver. Son centre de gravité très haut combiné à son corps incapable d’encaisser des chocs en fait un joueur très ciblable et ciblé. Alors évidemment, il essaie et se donne en terme de défense sur l’homme mais c’est bien la seule chose qu’il peut faire. Les profils de meneurs rapides le prennent en vitesse pour la majorité et il est facile pour les joueurs de sa taille et au-dessus (qui font donc souvent au moins 10 ou 15 kilos de plus que lui) de l’enfoncer physiquement, que ce soit sur du post-up ou du drive.
Dans le pire des cas, Isaiah Evans devient un shooteur polyvalent trop limité pour être une star mais qui dispose de qualités clés pour faire une solide et longue carrière comme JJ Redick, Kyle Korver ou Anthony Morrow. En revanche, si il arrive à se discipliner et à prendre du muscle à termes, on a peut être un peu plus avec une intersection solide de 3 points et de playmaking défensif. Le dernier scénario est celui où il retrouve son passif de shotmaker et devient petit à petit un créateur de tirs pour lui-même et auquel cas il peut vite devenir un scoreur à volume en NBA mais dont l’efficacité sera le facteur qui décidera du plafond de Isaiah Evans.
31. ZUBY EJIOFOR (ST JOHN’S RED STORM)
En ce moment, New York est plutôt occupé à célébrer le titre en NBA qu’autre chose. Pourtant, les new-yorkais ont autre chose à célébrer. Une légende de l’université de St John’s se présente à la draft et est attendu dans un potentiel premier tour et au pire en début de second tour. Zuby Ejiofor n’est pas n’importe qui dans l’histoire de St John’s. Après une traversée du désert de presque 30 ans, Zuby Ejiofor, avec le coach Rick Pitino, sont les symboles du retour à la respectabilité de St John’s, faculté historique qui a sorti des joueurs légendaires comme Chris Mullin, Metta Sandifort-Artest ou le sniper des Spurs Julian Champagnie.
Si je devais décrire Zuby Ejiofor, je dirai que c’est une version appauvrie de Jayden Quaintance qui est lui-même une version appauvrie de Wemby. Zuby est avant tout un physique incroyable. Il ne mesure pourtant que 2m02 sans chaussure alors que c’est censé être un pivot. Mais il compense grâce à une envergure d’albatros de 2m18, ce qui fait de lui un des joueurs avec le plus gros bonus de bras. En terme de poids, il fait déjà 111 kilogrammes sur la balance tout en muscle avec des épaules marquées et énormément de puissance. Il a également de grandes mains. Cependant, il n’est pas un petit pivot ultra costaud mais trop lent. Il a sorti d’exceptionnels chiffres de mobilité, de vitesse et de verticalité à la combine. Ce sont des qualités que l’on voyait en NCAA mais qui se sont confirmées.
La grande force de Zuby Ejiofor est la défense. C’est un fabuleux défenseur qui a permis à son équipe d’être la deuxième meilleure défense du pays en 2025 et la 24ème cette année sur les 365 équipes de la NCAA. Déjà, c’est un producteur de stocks (interception + contre) absolument phénoménal. Pour 40 minutes, il fait 1.6 interceptions et 2.8 contres, ce qui est énorme. Peu de joueurs arrivent à atteindre une telle production de stocks en High Major : Tarris Reed, David Punch, Ugonna Onyenso, JoJo Tugler, Keba Keita, Stephon Payne III, Robert Miller et Mo Wague. Il défend très bien au poste de bas en utilisant sa force et son centre de gravité bas pour empêcher son vis-à-vis d’accéder au panier. Il utilise aussi ses très longs bras et ses mains actives pour empêcher l’attaquant de se positionner comme il le souhaite. C’est un protecteur de panier de qualité qui utilise ses grandes mains et ses longs bras pour être disruptif sur les drives. Il est agressif en défense et montre un moteur incroyable. Mais en plus, Zuby se déplace très bien sans l’espace, ce qui le rend switchable sur des forwards plus petits voire même certains guards un peu lents.
Cependant, contrairement à un Keba Keita par exemple, Ejiofor a une vraie valeur offensive. La première de ces valeurs est la valeur de rebond offensif. En combinant la taille, la puissance, les mains et une vraie science du placement, il gratte pas mal de possessions sous les cercles. En utilisant son physique ainsi, il arrive aussi à se créer pas mal de lancers francs en faisant des putbacks agressifs, ce qui explique son excellent .694 de FTr. Une autre valeur offensive qu’il a est le passing. C’est un dribbleur à l’aise avec la balle et un passeur correct. Il peut devenir un connecteur de jeu en développant bien son jeu sur short roll. Rares sont les big men avec plus de 20% de AST% comme Ejiofor : Alex Condon de Florida, Baba Miller de Cincinnati, Cameron Boozer de Duke, Rienk Mast de Nebraska, Filip Borovicanin de Xavier et Alvaro Folgueiras de Iowa.
La grande question offensive est le tir à 3 points. Cette année, il a mis 30.5% de ses tirs de loin sur 59 tentatives. Sur sa carrière NCAA entière, il n’a tenté que 112 tirs de loin avec une réussite 27.7%. En revanche, l’indicateur lancer franc est correct pour un big man avec 70.9% sur 561 tentatives. Sur ses années à St John’s, il met 41.9% de ses mid-ranges. En ne prenant que les deux dernières années, on a même un 43.4%. Evidemment, le mid-range est une zone large et Zuby n’a pas un gros volume mais ce sont des indicateurs de toucher pas inintéressants. Difficile de savoir si il va pouvoir développer un tir mais ce serait un énorme plus pour son profil qui combinerait la polyvalence défensive, la puissance physique, un bout de dribble et du tir.
Au global, Zuby est très difficile à évaluer. D’un côté, le profil athlétique et l’utilisation défensive en font un joueur très intéressant. Par contre, difficile de l’imaginer être aussi performant en NBA qu’il l’a été en Big East avec cette taille qui, malgré tout, reste petite ainsi que son manque de toucher.
32. BEN HENSHALL (PERTH WILDCATS)
Ben Henshall a eu un visage très ambivalent tout au long des 2 dernières années. Sur la saison 2024-2025, il avait démarré sur les chapeaux de roues en sortie des Otego Nuggets en NZBL. Cependant, le tir s’est mis à arrêter de rentrer en milieu de saison et sa fin de saison fut assez déceptive. Après avoir échoué à rejoindre la NCAA, il retourne en NBL avec l’idée de reprendre du rythme en profitant du départ de la superstar Bryce Cotton pour obtenir plus de responsabilités. En début de saison, c’était tout simplement un massacre. Henshall n’a rien rentré et a même commencé des matchs sur le banc en lieu et place d’un Dontae Russo-Nance plus limité mais plus régulier aussi. Pourtant, il retrouve une forme incroyable sur 2026 et fait une fin de saison tonitruante : 12 points contre Brisbane, 15-7-7 sur Illawarra, 10 points et 7 assists contre les Taipans, 14 points et 9 assists contre le Phoenix, un énorme 17-9-6 contre les Hawks et 20 points dans la défaite en Play-offs contre les Kings.
Ben Henshall est un guard de grande taille. Il mesure 1m97 sans les chaussures, ce qui est grand pour un joueur de son poste. De la même manière que d’autres arrières des années récentes comme Devin Booker, Desmond Bane ou Tyler Herro, il n’a pour autant pas une grande wingspan, ce qui peut déranger. Il a également de bonnes épaules et un physique assez solide en réalité même si son centre de gravité est un peu haut. Malgré sa taille, il a un handle assez fluide qui lui permet de se mouvoir dans l’espace efficacement.
La première qualité de Henshall est son toucher qui est très bon. On le voit surtout dans son pourcentage aux lancers francs qui est très bon. Quand on combine les performances avec Perth, les Otego Nuggets et l’équipe nationale australienne, on a un très très solide 83.8% de réussite sur 185 tentatives. Même si son pourcentage à 3 points n’est pas toujours très bon (27.3% de réussite cette année mais 36.1% l’an passé), il montre une vraie variété dans sa gamme de tirs avec des catch-and-shoots, des tirs en sortie d’écran, des step-backs, ce qui est rassurant sur sa capacité à shooter en NBA même s’il devra devenir plus régulier à termes pour exister. Il a d’ailleurs une bonne mécanique qui part vite et qui lui permet de prendre l’avantage aisément quand il dégaine. Il montre même des finitions très créatives au panier.
En revanche, ce n’est pas un grand finisseur dans la raquette à cause de qualités athlétiques trop limitées. Il est grand mais pas très explosif ou rapide. En revanche, il compense assez bien avec un très bon footwork et un travail sur comment compenser ses limites. C’est ainsi que Henshall avait fait le meilleur score à l’exercice de Lane Agility lors de la NBA Draft Combine de 2025 à égalité avec Tre Johnson. Ce n’est pas un joueur qui s’est fait remarquer tout au long de la saison par une dunkabilité certaine ou une efficacité au panier à haut volume.
En attaque, c’est un joueur qui sent bien le jeu. Loin d’être un joueur égoïste, il fait jouer l’équipe en utilisant sa belle vision du jeu, sa taille pour voir par-dessus les défenses et sa compréhension des défenses pour servir ses coéquipiers dans le bon timing. Il est autant capable de servir ses bigs sur du Pick & Roll que des tireurs installés dans le corner. Il passe aisément des deux mains et n’est pas du tout un trou noir. Il tourne à 2.9 passes décisives par match pour seulement 1.5 balles perdues.
Défensivement, il se donne. C’est un joueur très volontaire qui n’hésite pas du tout à venir jouer des presses tout-terrain. Il est assez costaud et grand et combiné à son agressivité, il devient vite une peste défensive efficace. Avec son combo de taille, d’envie et de vision du jeu, il est évidemment un intercepteur intéressant. Cette année, il a 1.5 interceptions pour 40 minutes et 1.6 l’an passée. Il est souvent bien placé et rarement mis à défaut. C’est un joueur discipliné sur le terrain qui joue pour l’équipe.
Ben Henshall est un joueur chouchou chez moi depuis quelques temps. J’aime ce profil de grand guard capable de tirer et de défendre. Il va clairement devoir trouver de la régularité et de l’efficacité pour exister en NBA. Si il y arrive, il pourrait être un steal incroyable pour une équipe du second tour.
33. CHRISTIAN ANDERSON JR (TEXAS TECH RED RAIDERS)
Christian Anderson évoluait dans l’ombre à Texas Tech l’an passé. Le freshman était attendu mais les lumières étaient mises sur d’autres joueurs comme, évidemment, la star locale JT Toppin mais aussi Darrion Williams ou Chance McMillan. Pendant ce temps, Anderson était le Sixième Homme d’une solide équipe des Red Raiders. En revanche, il a été propulsé lors de la March Madness en titulaire et ce fut un apprentissage difficile. Hormis une belle performance contre Arkansas, il s’est bien fait afficher contre UNC-Wilmington, Drake et Florida contre lesquels il n’a eu aucun impact ou quasiment. Cette année, il est passé titulaire avec le plus gros temps de jeu de Big XII et la blessure de JT Toppin l’a forcé à jouer avec un Usage de Superstar NCAA en fin de saison.
La force première de Anderson est le tir extérieur. C’est probablement un des meilleurs tireurs de la cuvée. Sur sa saison 2025-2026, il a mis 41.5% de ses 260 tirs extérieurs, ce qui représente un énormissime volume pour un meneur comme lui. C’est d’autant plus impressionnant qu’il n’a été assisté que sur 43.5% de ses tirs extérieurs, soit moins que Bennett Stirtz qui pourtant fait 99.9% de la création de tirs à Iowa. Plus de 60% de ses tirs sont des tirs à 3 points. Il a une magnifique aisance à envoyer des tirs en pull-up depuis n’importe quelle zone du terrain. En plus de ça, il peut aussi s’adapter en mettant des tirs off-ball en sortie d’écran ou en spot-up plus classique. Il arrive aisément à s’élever dans les airs pour dégainer rapidement. Cette arme fait de lui une des, si ce n’est la, meilleure arme de pull-up de la NCAA. En combinant la NCAA et les performances avec les équipes jeunes de l’Allemagne, on a un énorme chiffre de réussite avec 39.6% de réussite sur 628 tentatives. En plus de ça, il a un très bon 79.3% sur 299 tentatives aux lancers francs.
En revanche, il n’est pas un joueur très polyvalent dans son scoring. Ce n’est pas un joueur qui apporte une quelconque rim pressure (seulement 76 tentatives au cercle, un faible .273 de FTr). Il est évidemment assez vertical, ce qui lui permet de lâcher quelques beaux dunks en transition par moment. D’ailleurs, il n’a pas trop de qualités au panier mais il ne force pas du coup. C’est pour ça qu’il a un bon pourcentage au panier malgré tout : il attaque le panier uniquement quand c’est ouvert. En effet, c’est un meneur qui n’a pas le premier pas élite pour attaquer le panier et son physique très léger l’empêche d’être un provocateur de lancers élite. Il est doué en transition mais au-delà c’est compliqué. Peut être que l’omniprésence dans la raquette de Toppin n’a pas aidé ceci étant dit.
En revanche, c’est un bon passeur. C’est un joueur collectif qui n’hésite pas à servir ses copains. Après une année dans un registre limité de scoreur only, il est devenu le vrai playmaker des Red Raiders cette année en utilisant les finitions de JT Toppin et Donovan Atwell pour finir. C’est un bon passeur de Pick & Roll. Il trouve aisément ses big men et ses shooteurs dans le bon timing. Il perd 3.3 balles perdues, ce qui est relativement ok par rapport à son nombre de passes mais qui montrent qu’il n’est pas élite dans la capacité à conserver la balle.
En défense, c’est très compliqué d’imaginer Anderson être efficace. Certes, il produit des interceptions et ça peut être un honorable playmaker défensif. En revanche, tout le reste est au rouge. Sa prise d’écran défensive n’est pas terrible, son physique petit mais surtout très frêle le rend facilement enfonçable en puissance et il manque parfois de concentration. Nul doute que le volume de jeu offensif n’a pas aidé pour conserver du jus en défense. Je ne sais pas comment il peut être un défenseur efficace sur l’homme avec ses limites physiques et c’est la limite majeure que je mets à son profil. Il peut difficilement être suffisamment efficace en attaque pour que sa défense limitée soit compensée.
Globalement, je ne suis pas une grande fan de Christian Anderson Jr. Je suis toujours très réticente avec les meneurs de petite taille comme Anderson. Si j’ai réussi à passer outre pour Okorie qui possède beaucoup d’autres outils pour être exceptionnel malgré la taille, je ne peux pas le faire pour Anderson. Ceci étant dit, ça peut être un bon back-up capable de créer son tir en NBA et plusieurs bonnes équipes en manque de scoring devraient se pencher sur le sujet.
34. TARRIS REED JR (UCONN HUSKIES)
L’an passé déjà, j’étais intriguée par le profil de Tarris Reed Jr. Malgré son petit temps de jeu (19.9 minutes), il tournait à 9.6 points, 7.3 rebonds et 1.6 contres, ce qui est beaucoup. Avec le départ du pivot Samson Johnson, Reed semblait avoir une autoroute pour un max de responsabilités et de minutes à UConn. Le début de saison est compliqué avec quelques petites blessures. Pourtant, il est petit à petit monté en puissance pour finir par performer sur la plus haute des scènes avec un historique match au premier tour de la March Madness. Contre Furman, il envoie un stratosphérique match à 31 points et 27 rebonds en “seulement” 35 minutes. Il continuera de se faire remarquer tout du long du tournoi de fin de saison et permettra à UConn de revenir en Final Four même si la raquette de Michigan a énormément limité le pivot des Huskies en Finales.
Tarris Reed Jr est tout simplement un monstre physique déjà formé. Il mesure 2m08 sans les chaussures et pèse déjà 120 kilogrammes, faisant de lui le joueur le plus lourd de la draft 2026. Il est déjà très musclé, puissant, possède des épaules bien marquées et est très dur à bouger. Histoire d’en rajouter une couche, le pivot des Huskies a une envergure de 2m24 qui ajoute encore plus de taille fonctionnelle. Tout ce profil lui permet d’être un rebondeur absolument magistral. Pour 40 minutes, il tourne à 13.1 rebonds dont 4.7 offensifs. Il est le leader de la Big East en TRB% à 19.4%, à quelques centièmes de Duke Brennan. Même si il est parfois mal placé, il a un avantage physique tellement gros qu’il peut se permettre d’être en retard aux rebonds. Sauf que c’est un joueur discipliné qui prend très bien sa position et pose des gros écrans pour fermer la position aux rebonds. Évidemment, c’est un joueur idéal pour obtenir des secondes chances offensives. C’est aussi un poseur d’écran absolument fabuleux avec son physique très large et sa science du placement qui offre énormément d’espace à ses shooteurs. Grâce à son impact physique, Alex Karaban ou Braylon Mullins se sont régalés toute l’année. Il est aussi un bon pivot pour jouer des handoffs avec des tireurs.
Défensivement, son profil physique le rend monstrueux sur la défense du post-up. Il est absolument inbougeable de sa position une fois installé. Son envergure titanesque lui offre une marge de manœuvre immense. En plus de ça, il a aussi un apport réel sur la protection de panier. Sans être d’un impact énorme, il est productif 2.9 contres pour 40 minutes. C’est également un joueur qui use de sa longueur pour gratter des ballons sur les lignes de passes. En revanche, sa mobilité n’est, je pense, pas suffisante pour en faire un spécialiste défensif à énorme polyvalence. Ce n’est pas non plus un pivot d’une verticalité si incroyable que ça.
En attaque, c’est un finisseur d’action au panier. Il ne faut pas espérer un quelconque tir extérieur. Sur les 4 saisons NCAA qu’il a joué, il ne réussit que 58.2% de ses 431 lancers francs tentés et n’a tenté que 7 tirs extérieurs en 4 ans. Son toucher n’est pas si exceptionnel. Il score avant tout sur des dunks où il utilise sa longueur et sa puissance pour s’imposer. Il score aussi beaucoup sur putback derrière un rebond offensif. Il n’y a pas grand chose de plus à attendre de plus de Tarris Reed Jr. Ceci dit, ce sont des secteurs de finitions dans lesquels il peut rester très bon en NBA car son profil physique est juste trop dominant pour ne pas se transposer dans la Grande Ligue.
Au global, Tarris Reed Jr est un profil avec beaucoup d’assurance, qu’elles soient physiques ou athlétiques. C’est une véritable boule de muscle avec un fort impact sur le terrain. Ceci étant dit, les limitations techniques font de lui un joueur qu’on risque de voir peu responsabilisé offensivement.
35. JAXON KOHLER (MICHIGAN STATE SPARTANS)
Jaxon Kohler est ma pépite personnelle de cette draft. Après 2 saisons où il n’a pas vraiment joué car il a eu une blessure au pied ainsi que parce que Tom Izzo est toujours réticent à faire jouer des très jeunes joueurs. Pourtant, sur sa saison junior, Kohler s’est directement imposé comme le relai de terrain de la troupe coaché par coach Izzo. Il a ensuite totalement confirmé son talent lors de sa saison senior 2025-2026. Si il n’est quasiment jamais cité dans les différents Big Boards et Mock Drafts d’Internet comme des gros médias, je considère Kohler comme un des picks les plus sûrs pour la draft 2026 et un joueur dont le futur de Role Player est déjà assuré.
Ce qui fait que j’aime son profil, ce sont ses importantes qualités de rebondeur, un secteur clé dans la bataille des possessions de la NBA moderne. Sur les deux dernières saisons, il a tourné à 19.6% de DREB%, 13.5% de OREB% et 25.3% de TREB%. Il a d’ailleurs été leader dans les 3 catégories statistiques la saison dernière en Big Ten. Si il a perdu sa place en tant que leader statistique cette saison, c’est car la Big Ten a accueilli un monstre du rebond à Washington : Hannes Steinbach. Les raisons de cette excellence dans le secteur du rebond par Kohler sont multiples. C’est un véritable scientifique du rebond qui sait parfaitement où se positionner pour capter le ballon. Il a une solide envergure et des bonnes mains pour aller chercher le ballon par-dessus certains profils. Il a également un corps extrêmement puissant qui lui permet de très bien protéger son rebond à l’aide de bons écrans posés sous les arceaux. Il a également un exceptionnel moteur pour le rebond qui en fait une menace énorme. Il ne faut pas oublier qu’il est dans un contexte favorable pour ça grâce à la synergie qu’il a avec Carson Cooper dans la raquette des Spartans mais c’est quelque chose qu’il peut reproduire en NBA.
Cependant, son autre force clé est sa capacité à tirer à 3 points.Sur les deux dernières années (soient les seules où il a de vraies minutes), il tourne à 38.5% de loin sur 200 tentatives. Cet échantillon est un peu faible mais bien corrélé avec les lancers francs (78.0% en carrière sur 132 tentatives) et un solide pourcentage de réussite à mi-distance en carrière (40.3% en 228 tentatives). Ce n’est pas un tireur très varié avec exclusivement du catch-and-shoot mais il est très efficace dans l’exercice. Ce talent de shooteur permet de jouer du Pick & Pop de manière efficace ainsi que de créer un five-out sans pour autant perdre aux rebonds. Dans l’ère des analytics, la possibilité de drafter un joueur capable d’apporter dans la création de spacing ainsi que dans la création de possessions est un rêve pour les 30 franchises de la NBA.
La raison pour laquelle Kohler ne peut pas être plus haut malgré cette intersection 3pts x rebonds de grande valeur est son manque de polyvalence. Jaxon Kohler n’est pas spécialement un grand défenseur. C’est un bon joueur défensif dans le système des Spartans mais ce n’est pas lui qui apporte le plus. Carson Cooper s’occupe de la protection de panier, Coen Carr fait les couvertures partout grâce à ses fabuleuses qualités athlétiques et Jeremy Fears Jr défend bien en premier rideau et sur les lignes de passe. Mais Kohler, lui, est correct partout en NCAA mais très bon dans rien. Ce n’est pas un protecteur de panier de par un manque de verticalité même si il a de bons timings en aide et que son corps puissant lui permet de contrer l’énergie des drives adverses. Ce n’est pas un mauvais défenseur dans la zone élargie grâce à des bonnes mains et des déplacements fluides dans l’espace grâce à des appuis fins. Cependant, ce n’est pas non plus un grand playmaker défensif capable de faire beaucoup d’interceptions. Il n’est d’ailleurs qu’à 0.9 interceptions pour 40 minutes cette année.
En attaque, c’est un solide finisseur. Capable de bien scorer dans les 3 zones, il est plutôt efficace de manière générale. Il est bon pour scorer sur du putback après le rebond offensif ou du catch-and-shoot à 3 points. Cependant, il a aussi beaucoup de défauts. Ce n’est pas un joueur capable de se créer son tir sur du post-up ou bien à trois points par du mouvement off-ball. Ce n’est pas non plus un athlète vertical capable de régulièrement s’élever pour dunker. Il n’a réalisé que 3 dunks cette année et 3 l’année dernière. C’est aussi un non provocateur de lancers francs. Contrairement à ses 3 principaux coéquipiers (Carson Cooper, Jeremy Fears et Coen Carr), il ne tourne qu’à 1.7 lancers par match là où ses coéquipiers trônent au-dessus des 4 par match. Il a un FTr absolument ridicule de .186. Rares sont les joueurs intérieurs qui ont été draftés avec un score si bas dans leur saison pré-NBA : Erik Murphy, Grant Jerrett, Thomas Welsh, Deyonta Davis et DJ Wilson si on considère ce dernier comme un intérieur. Aucun de ces joueurs n’a su s’imposer en NBA. C’est un peu la même chose pour le chiffre du dunk. Seuls 2 joueurs de la taille de Kohler ont été drafté en NBA sans avoir plus de 3 dunks sur leur saison pré-NBA : le shooteur Ryan Kelly et le jumbo-sized guard Dalano Banton.
La question clé autour de Jaxon Kohler, c’est de savoir quelle intersection statistique gagnera. Est ce que Jaxon Kohler deviendra le role player incroyable qui peut à la fois rendre ton spacing exceptionnel et te faire gagner plusieurs possessions supplémentaires par match ? Ou alors Kohler deviendra-t-il un intérieur injouable car le manque de verticalité et de finition au panier sera trop critique, auquel cas il est tout de même promis à un brillant avenir de joueur sur le sol européen ou en tout cas dans les grandes ligues internationales ?
36. MALIQUE LEWIS (SOUTH EAST MELBOURNE PHOENIX)
Quand j’ai découvert Malique Lewis avec le Phoenix de South East Melbourne en 2024, j’ai halluciné. J’y ai découvert un forward typique de la NBA moderne. Il avait le profil physique idéal, le niveau défensif et le skillset offensif que j’attendais d’un ailier. C’était presque comme si j’avais établi des prototypes de joueurs parfaits dans ma tête et qu’un jour, je tombe sur la matérialisation d’un de ces prototypes. Forcément, je suis fan depuis le jour 1 et je vais expliquer pourquoi.
L’ailier du Phoenix a le profil physique idéal de l’ailier moderne. Il a été mesuré autour de 2m03 et a une envergure d’albatros avec 2m16. A la manière de Draymond Green, il dispose de ce combo taille petite pour rester mobile tout en ayant l’envergure pour jouer plus grand que sa taille. De plus, il a un haut du corps ultra puissant et large. C’est un producteur de stocks assez énorme cette saison avec 2.3 interceptions et 1.1 contres pour 40 minutes. Il est actif et énergique dans sa moitié de terrain. Il capte beaucoup de ballons sur les lignes de passes mais aussi dans les mains. Il a même montré pouvoir mettre quelques contres en NBL en utilisant sa longueur et un super sens du timing. On peut l’imaginer servir de protecteur de panier en aide. Il a une polyvalence de rôle en défense qui est incroyable. Il peut aussi être utilisé sur l’homme en utilisant à la fois la puissance pour encaisser les coups de rein, la longueur de bras pour empêcher de se faire dépasser et une marge d’erreur solide pour voler le ballon si Malique se fait dépasser. Il a un fabuleux footwork qui vient probablement de ses jeunes années durant lesquelles il jouait au foot. C’est un défenseur génial à mes yeux, quasiment l’ailier défensif parfait. Il est toujours concentré et fait facilement ses rotations. Il a une compréhension du jeu défensif qui est impressionnante. Ce n’est pas un joueur élite dans le domaine mais il a l’envergure et l’énergie suffisante pour être un bon rebondeur.
Le grand point d’interrogation est le tir à 3 points. Cette saison, il a très bien tiré à 3 points. En effet, entre la saison régulière et les PO, il a mis 38.5% de ses tirs à 3 points et 81.8% de réussite aux lancers francs. On pourrait se dire que ce sont des excellents chiffres au lancers francs et à 3 points. En revanche, il y a 2 problèmes. Le premier est le volume : seulement 83 tirs de loin et 22 lancers. Ça fait moins de 1 lancer par match et 3.0 tentatives de loin par match. Le deuxième souci est l’historique. Quand on combine les saisons en Espagne (à Fuenlabrada), en G-League (avec les Mexico City Capitanes), en Australie (avec le South East Melbourne Phoenix) et les matchs de l’Adidas EuroCamp 2025 et 2026, on a des chiffres plus mitigés. Sur les 379 tentatives de loin qu’il a prises dans ces différents contextes, il n’en a mis que 33.5%. Aux lancers francs, il a mis 70.5% des 156 tentatives sur la ligne. Ce n’est pas mauvais et ça montre que tout n’est pas cassé et les statistiques de la saison dernière (Saison NBL 2025-2026 + Adidas EuroCamp 2026) semblent montrer que ça va dans le bon sens. Ceci dit, je ne suis pas sûre qu’il sera une menace de spacing suffisante pour la NBA.
En revanche, c’est un bon passeur. Il a une bonne vision du jeu et sert ses coéquipiers avec plaisir. On a vu plusieurs séquences où il sert ses copains vers le panier ou à 3 points. On sent que l’expérience en G-League où il a été utilisé comme porteur de balle avec plus de fréquences a porté ses fruits et lui a permis de développer un skillset de passeur intéressant. Ce n’est pas un créateur de premier plan mais il pourrait devenir un connecteur de haut niveau qui sert ses tireurs dans le bon timing et envoie quelques passes pour des cuts. En somme, un ailier collectif qui fait le travail.
Au global, Malique Lewis est un de mes chouchous que j’adorerai voir au second tour car son talent est grand. Il faut surveiller la situation physique même si il a été autorisé à jouer par la NBA après une saison tronquée par un pneumothorax et un tendon fracturé. Le risque existe mais en second tour, le reward est juste trop bon.
37. IZAIYAH NELSON (SOUTH FLORIDA BULLS)
Nelson pousse le défi de l’écriture du prénom Isaiah au prime. Après les débats entre Isiah et Isaiah, découvrez Izaiyah et son représentant, Izaiyah Nelson de South Florida. Au-delà de ça, c’est surtout un prospect de qualité qui a brillé toute l’année pour finir comme un joueur largement attendu dans le second tour voire en fin de premier tour si une équipe décide de reach un profil précis comme le sien.
Après trois années passées à Arkansas State, c’était difficile d’anticiper qu’il serait le moteur d’une grande saison des Bulls de USF. Sa première qualité est le rebond où il est absolument monstrueux cette année. En conférence American, il était le meilleur rebondeur par match alors qu’il ne jouait même pas 30 minutes de moyenne. Pour 40 minutes, il est à 14.1 rebonds dont 5.8 offensifs. A l’aide de sa superbe envergure de 2m17 et de mains assez grandes, il capte beaucoup de ballons sous les arceaux.
C’est évidemment un joueur clé dans la bataille des possessions avec 5.8 rebonds offensifs et 2.4 interceptions pour 40 minutes. Cet impact global de jeu se voit sur les statistiques avancées comme le BPM ou le WS où il est le leader incontesté de toute la conférence. Il est doué pour aller chercher des ballons autant sur les lignes de passes que sous les paniers. C’est clairement un super joueur d’impact sur le terrain lorsqu’il est mis dans un rôle précis. En plus, c’est un solide défenseur qui a été élu meilleur défenseur de la conférence cette année. Même si il est léger et donc que la défense de post-up ou sur l’homme est limité, il apporte une belle protection de panier avec 2.1 contres pour 40 minutes. Il a une mobilité honorable mais pas exceptionnelle qui permet quand même de switcher sur des profils d’ailiers.
En attaque, pour le moment, on est très limité à de la finition au panier et du putback. Il tire quasi exclusivement au panier avec 71.1% de ses tirs qui sont pris au panier. Sa verticalité extrêmement fonctionnelle lui permet d’aisément dunker au panier. Il est autant à l’aise sur du alley-oop que sur de la finition où il doit décoller lui-même avec la balle en main. Cependant, il y a des questions à se poser sur son toucher. Sur les finitions au panier non-dunkés, il n’est qu’à 55.4% de réussite, ce qui est très peu pour un intérieur qui n’a quasiment aucune création à gérer. Pourtant, certains espèrent qu’il puisse devenir un tireur à 3 points suffisant à terme. Les raisons sont doubles. La première est sa réussite aux lancers francs qui dépasse les 70% sur les deux dernières saisons. La deuxième est une augmentation des tentatives à 3 points sur sa saison senior. Après avoir pris 36 tirs de loin sur 3 saisons à Arkansas State, il en a tenté 49 avec South Florida pour une maigre réussite de 14.3%. Personnellement, je ne suis pas confiante sur la capacité de Nelson à réussir du 3 points à plus haut volume en NBA mais on sait que la Grande Ligue possède des grands coachs de tir capables de révolutionner certains joueurs.
Au global, j’aime assez bien Nelson. Son profil complet défensivement et sa capacité à être un finisseur d’action athlétique en font un joueur intéressant dans une rotation NBA à mes yeux. En revanche, le manque de variété dans le jeu offensif va, je pense, l’empêcher d’être plus qu’un solide back-up intérieur.
38. DUKE MILES (VANDERBILT COMMODORES)
Duke Miles est un senior qui a déjà 24 ans. Il est passé par Troy, High Point, Oklahoma et vient de sortir d’une saison à Vanderbilt. Il a dû, tout du long, gérer des blessures qui ont beaucoup embêté sa progression. C’est aussi un meneur de petite taille avec toutes les limites que ça inclut. En somme, rien ne semble être alléchant chez ce joueur qui, pourtant, fait partie de mes joueurs favoris en perspective du second tour.
Duke Miles est un vrai cas passionnant d’un joueur qui semble avoir tout pour devenir une star hormis la confiance du public. La première qualité est la capacité de tireur dont il dispose. Cette saison, il n’a tourné “que” à 34.8% de loin mais la réalité est bien plus reluisante. En carrière, il en a mis 35.1% mais ça inclut une première année où il n’était qu’un freshman non-classé en Big South et on voit bien un travail conséquent. D’ailleurs, il a mené la SEC, sa conférence, en pourcentage aux lancers francs cette saison avec un énorme 90.1% sur 151 tentatives. Duke est à l’aise pour tirer en catch-and-shoot mais il a déjà un tir en pull-up très installé qui lui permet de dégainer en sortie de dribble avec de la réussite. Il trouve facilement ses propres spots et n’a pas besoin d’avoir un créateur à ses côtés, ce qui est avantageux au vu de sa petite taille.
On parlait d’ailleurs de lancers francs et la provocation de lancers a été exceptionnelle de sa part cette année. Avec un FTr de .490, il était une constante menace une fois lancée qui n’hésitait pas à utiliser son corps, certes petit, mais surtout assez costaud pour chercher le contact. En revanche, il était plutôt en dessous de .400 par le passé (.354 à High Point, .367 à Oklahoma) donc est ce une vraie progression de Duke Miles ou un effet du système Vanderbilt ? Si c’est le deuxième cas, c’est embêtant. Surtout que Miles n’est pas un super finisseur au panier de par son manque de verticalité qui l’empêche de dunker. En revanche, c’est un super shooteur de mi-distance avec une réussite de 44.6% en carrière NCAA sur plus de 300 tentatives à l’aide d’une gamme variée de tirs différents qui le rend difficilement anticipable.
Toujours en attaque, c’est un bon playmaker. Il n’est pas un passeur de l’ordre du génial avec des passes d’un niveau exceptionnel mais suffisamment pour être bon. Il est propre, efficace, a une bonne compréhension du jeu et joue collectif. Il perd très peu de ballons avec un ratio AST/TOV de 2.47 sur la saison, ce qui est énorme pour un guard titulaire. Il arrive à mettre en valeur tout le monde chez les Commodores, que ce soit Tyler Tanner, Jalen Washington, Tyler Nickel ou Devin McGlockton.
En défense, il peut sembler limiter. Même s’il est motivé et qu’il donne dans sa moitié de terrain, le manque de taille pose un souci sur la défense on-ball. Il peut aisément être dépassé par des vis-à-vis plus grands et/ou plus puissants. En revanche, il est un des meilleurs intercepteurs de la saison NCAA avec 3.5 pour 40 minutes, soit un STL% de 5.0%. Seuls Maliq Brown de Duke, TJ Burch de Wright State et Tyler Cochran de Rhode Island ont réussi à faire au moins aussi bien. Avec sa bonne envergure et sa capacité de lecture, il peut facilement voler des ballons dans le bon timing. En plus, il a toujours des mains hyper actives dans tout contexte pour gratter un ballon ici et là.
Aucun joueur depuis 2008 n’a réussi à combiner, dans une même saison : 9 tirs à 3 points tentés par match pour 100 possessions, 90% aux lancers francs, .450 de FTr, 5% de STL% et un ratio AST/TOV de 2. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment de joueurs qui se sont rapprochés. Pourtant, tous sont des indicateurs intéressants pour dire qu’on est face à un bon joueur, voire à un très bon joueur. Alors certes, il y a des blessures et un âge avancé mais nul doute que Miles sera, à minima, un très bon meneur back-up dans la Grande Ligue.
39. RAFAEL CASTRO (GEORGE WASHINGTON REVOLUTIONNARIES)
Après deux années vides à Providence, Rafael Castro a décidé de rejoindre George Washington pour tenter d’être un de ces profils de joueurs draftés en sortie de Mid-Major comme on en a de moins en moins. Cette décision, prise à l’été 2024, semble avoir payé car aujourd’hui, il est très peu probable d’imaginer que 60 noms seront appelés par Adam Silver et Mark Tatum et qu’aucun de ceux-là ne soit celui de Rafael Castro.
Dans le profil statistique, on trouve un joueur très similaire à Izaiyah Nelson : un joueur dont le scoring se situe quasi-exclusivement au panier avec beaucoup de dunks, qui a un apport fort aux rebonds et dans les stocks. Il est légèrement plus grand que Nelson avec une envergure légèrement plus petite. Au scoring, on est sur la même que Nelson : un joueur dont la valeur réside énormément dans le dunk. La réussite non-dunkée au panier est aussi assez faible avec seulement 54.7%. Il provoque beaucoup de lancers francs à l’aide de son physique et de son jeu hargneux mais là où la réussite sur la ligne de Nelson se situe au-dessus des 70%, celle de Castro à 62.7% en carrière sur 450 tentatives avec, il faut le noter, une grosse année sophomore de sous-chauffe avec un horrible 41.9%. La première différence entre Nelson et Castro réside ici. Je ne suis pas confiante dans la capacité de Nelson à devenir un tireur efficace à termes, mais je crois infiniment moins en Castro pour ça. Il n’a aucune base de tireur sur laquelle construire.
Comme Nelson, Rafael Castro a un apport majeur aux rebonds. Pour 40 minutes, il tourne à 13.3 rebonds par match dont 4.1 offensifs. C’est légèrement moins que Izaiyah mais très solide malgré tout. Avec ses longs bras, son sens du placement, son sens du timing, sa hargne et son envie, il capte beaucoup de rebonds. Il a même été meilleur rebondeur de la A-10 l’an passé et troisième cette année loin derrière Frank Mitchell et à égalité avec Rikus Schulte.
En défense, on retrouve plus de différences. Certes, ils ont ce point commun d’une forte production de stocks. Cette saison, il a tourné à 2.6 interceptions et 2.5 contres pour 40 minutes, ce qui est énorme. En revanche, la manière est différente. Rafael Castro est plus limité au champ intérieur à cause d’une mobilité inférieure, ce qui lui permet aussi d’avoir un petit plus de contres et d’être plus utilisé en protecteur de panier. Il compte bien plus sur sa longueur que sa mobilité pour forcer des interceptions et créer ainsi de la transition. Cependant, là où Nelson était limité en minutes à cause d’un nombre de fautes trop élevé, Castro ne fait que 2.7 fautes pour 40 minutes. En revanche, ce temps de jeu inférieur à 30 minutes interrogent sur le moteur et la capacité à encaisser des séquences à répétition et c’est un point clé dans une ligue qui fait jouer 80 matchs de régulière en plus de matchs en PO.
Le double membre des All-Defensive Teams de la A-10 a la possibilité de se faire un bon rôle en NBA. Ce ne sera jamais un joueur d’une valeur offensive incroyable mais dans la bataille des possessions et la défense, il pourrait être un joueur de banc important d’un contender. Il faudra juste voir si il pourra survivre en NBA malgré son absence de tirs car ce n’est pas sûr qu’il pourra jouer pivot et premier protecteur de cercle dans la Grande Ligue.
40. DILLON MITCHELL (ST JOHN’S RED STORM)
J’ai toujours eu un faible pour Dillon Mitchell. Depuis son arrivée à Texas, j’ai toujours trouvé son athlétisme incroyable. Pourtant, assez vite, il est sorti des discussions draft. On parlait d’un joueur avec un niveau offensif trop faible pour exister. Pourtant, Dillon est passé par les meilleures écoles défensives du pays (Cincinnati de Wes Miller et St John’s de Rick Pitino) et est devenu un profil défensif incroyable en NCAA.
La première force du profil de Mitchell est son jeu athlétique incroyable. Physiquement, il est assez classique avec une taille à 2m01 sans chaussures et une envergure autour de 2m09, ce qui est bien mais rien d’exceptionnel. Pourtant, il a une belle mobilité et surtout une verticalité parmi les plus fonctionnelles de la draft. Seuls N.J. Benson de DePaul et Isaiah Malone de FGCU ont réussi à avoir d’aussi bons chiffres en DRB%, BLK% et nombre de dunks sur une saison sans faire au-delà de 6’8” (2m03). Il décolle naturellement du sol avec une fluidité qui est incroyable à voir. Il arrive aisément à dunker ou prendre un rebond par-dessus le trafic. Il a à peine besoin d’élan pour accéder à la hauteur de panier. Il est tout bonnement incroyable athlétiquement.
En défense, c’est un super joueur. Il fait preuve d’une énergie sans fin dès qu’il s’agit de défendre. Il ne s’arrête jamais de se donner dans sa moitié de terrain. Sa première force défensive est la capacité à utiliser ses mains et ses bras pour gratter des interceptions. Que ce soit dans les mains ou bien sur les lignes de passes, Dillon est une menace constante en défense. Ce n’est pas un contreur de haute qualité mais sa verticalité et son envie en font un solide protecteur de panier en aide qui vient couvrir les erreurs défensives des uns et des autres. Sur l’homme, il peut être bon même si son centre de gravité haut peut l’empêcher d’être optimal mais son corps léger lui permet de bien bouger et son footwork est développé. En revanche, il ne faut pas espérer qu’il puisse défendre des joueurs plus physiques en 1 contre 1 même si il est très bien gainé, il risque de se faire dominer en puissance. Enfin, il fait très peu de fautes.
En attaque, il n’y a pas grand chose à attendre de Mitchell. Il a développé un passing et sa vitesse de process pour trouver efficacement ses coéquipiers si on lui donne la balle mais c’est tout. Il a un toucher absolument catastrophique. Sur la totalité de sa carrière NCAA, il n’a mis que 48.8% de ses lancers sur 287 tentatives et son tir à 3 points est abyssal avec un 11/57 (19.3%) en carrière. Même au près, la finition dunk représente le gros de son efficacité offensive. Il est tellement mauvais en attaque que même la provocation de lancers francs n’est pas bonne malgré un nombre certain de putback en attaque. Son seul moyen de scorer réside dans le rebond offensif, quelques passes qu’on lui enverrait en alley-oop et du dunk en transition. Son handle n’est pas capable de créer des différences mais il peut totalement courir avec la balle pour finir en transition.
En 2023, je mettais Dillon Mitchell en fin de second tour de mon board en pensant qu’un développement était possible pour la NBA. Petit à petit, j’ai oublié cette idée et Mitchell a fini par ne plus être dans la discussion des boards que je faisais. Je suis ravie de le voir de retour pour montrer au monde entier qu’il peut trouver un rôle en NBA en jouant sur des aspects moins flashys que le scoring comme la défense ou l’énergie.
41. BRUCE THORNTON (OHIO STATE BUCKEYES)
On vient de voir Jalen Brunson gagner un titre NBA. Ce profil de meneur de petite taille bien physique dont la première qualité est le scoring risque de venir en masse. Ce serait vraiment dingue qu’un meneur de 1m83 sans chaussures en sortie d’Ohio State remplisse ces critères. Souhaitez la bienvenue à Bruce Thornton.
La grande qualité de Bruce est le scoring extérieur. C’est un tireur absolument génial à 3 points. Il a mis 38.1% de ses tirs de loin en 4 ans de NCAA sur 580 tentatives et il est même à plus de 40% sur les deux dernières saisons. Son toucher est absolument incroyable et il est à l’aise autant en catch-and-shoot qu’en sortie de dribble. Sa force n’est pas majoritairement le tir à 3 points mais le mid-range où il est juste légendaire. Cette saison, il a mis 57.7% de ses tirs dans la zone médiane sur 175 tentatives. L’année dernière, il était déjà à 50.9% sur 171 tirs tentés. Son jeu dans la zone médiane est incroyable. Il sait utiliser son dribble pour patienter, se jouer de la défense, possède beaucoup de feintes pour scorer encore mieux. En plus, il utilise magnifiquement bien son corps au scoring. Il est très bien équilibré, ce qui lui permet de jouer physiquement tout en faisant parler son toucher en finition. Il a une gamme variée de tirs avec des scoop shots, des floaters en tout genre, des lay-ups lointains en utilisant ses bras. En plus, il provoque quelques lancers francs pour aller avec sa réussite tout bonnement exceptionnelle. A côté de Keaton Wagler, Bennett Stritz ou Hannes Steinbach, il était clairement parmi les meilleurs attaquants de toute la Big Ten. En revanche, il n’accède pas beaucoup au panier car son premier pas est trop limité mais vu qu’il arrive à avoir une réussite exceptionnelle, ça passe en NCAA. En revanche, est ce qu’un joueur qui ne dispose que de capacités à scorer dans 2 zones sur 3 peut autant réussir ? Sachant que sa taille et sa verticalité ne lui permettent pas de dunker en NCAA. C’est tout le débat autour de Thornton : peut-il être un meneur au-dessus de 50% de réussite à mi-distance, avec 66.5% de TS% sur un Usage très élevé en attaque et retranscrire ça en NBA ?
Dans le reste du jeu, il a plus de problèmes que de qualités. Le passing est bon avec une capacité à trouver des coéquipiers ouverts au panier mais il n’a rien d’élite. En défense, il fait aussi penser à Brunson en encore plus costaud. Il peut utiliser son physique puissant pour défendre sur du 1v1 selon les vis-à-vis. En revanche, il peut vite se faire afficher par ses limites de taille et de hustle. C’est d’ailleurs un joueur qui fait peu d’interceptions avec seulement 1.3 pour 40 minutes. Son jeu défensif est d’ailleurs si limité qu’il fait que son équipe est faible en défense.
Au global, Bruce Thornton est un prospect qui pourrait se faire pick plus haut à cause du titre des Knicks. De la même manière que des ailiers ont été drafté bien plus haut après le titre de Kawhi de 2019, certaines équipes voudront reproduire le modèle de réussite de New York avec un nouveau rookie meneur scoreur de petite taille et qui a l’expérience NCAA. Pourtant, ce n’est pas quelques points communs qui font que Bruce aura la même trajectoire en NBA que Brunson. Il pourra en revanche être un bon shotmaker en NBA avec quelques capacités de passing.
TIER 6 : MAYBE 5-10 MINUTES IN PO
Dans le tier 6, on descend encore et cette fois, on parle de joueurs qui ne verront peut être pas les PO si leur équipe accède à la post-season. Ce ne sont pas des mauvais joueurs mais leur place est plus là pour avoir un joueur d’un niveau correct pour rentrer si il y a trop de blessures dans l’équipe. Ce sont des joueurs qui ont assurément des qualités pour être en NBA et y rester quelques années mais pas tellement pour rentrer à long terme dans des rotations d’équipes très compétitives. Pour moi, l’exemple le plus parlant de ce tier est Kenrich Williams. Ce joueur a beaucoup de qualités pour être un joueur correct mais pas assez pour faire sa place dans une rotation comme celle du Thunder. Sûrement qu’il pourrait jouer ses 20 minutes en signant chez les Nets, les Wizards ou les Kings mais il a préféré rester chez le Thunder pour venir aider en cas de blessures sans plus.
Pourquoi drafter Chris Cenac Jr ? Le freshman de Houston a une forte valeur de rebondeur grâce à sa taille et ses qualités athlétiques. La question est surtout de savoir si il peut confirmer son tir extérieur malgré son pourcentage aux lancers francs faible en NCAA. En revanche, je ne pense pas qu’il puisse être capable de performer à haut niveau en NBA avec une si faible protection de panier.
Pourquoi drafter Aaron Nkrumah ? Inattendu en début de saison, Nkrumah a fait son trou dans la draft sur la fin de saison avec de belles performances notamment contre Iowa State en March Madness. Son profil d’ailier long, athlétique et impactant en défense sera évidemment recherché mais la capacité d’une équipe à l’utiliser dépendra aussi de comment il peut jouer en attaque.
Pourquoi drafter Otega Oweh ? OO s’est installé comme le membre principal de l’attaque de Kentucky avec Collin Chandler. Long, très puissant, athlétique et ne manquant pas d’agressivité, l’arrière n’a pas peur d’aller au panier pour y finir avec férocité. De l’autre côté, il a un apport non négligeable avec une bonne défense. Par contre, le tir à 3 points peut vraiment être bloquant pour lui.
Pourquoi drafter Jaden Bradley ? Le capitaine de l’équipe d’Arizona a clairement une chance de finir en NBA avec son profil de gestionnaire doué et bon défenseur qui possède un tir qui se développe doucement mais sûrement. En revanche, le manque d’explosivité et de qualités athlétiques risquent de le limiter à un rôle de remplaçant.
Pourquoi drafter Trevon Brazile ? Trevon joue parfois comme un personnage de cartoon avec un dribble fantasque qu’il utilise pour attaquer les close-outs et des actions gagesques en défense. Ceci mis à part, c’est un joueur intéressant qui possède un potentiel de tireur et de bons skills défensifs pour exister.
Pourquoi drafter Cade Tyson ? Après une non-saison à UNC, Cade Tyson s’est imposé comme le leader d’une équipe faible de Minnesota en Big Ten. Il y a retrouvé son shooting et sa capacité à bouger sans ballon tout en développant son physique. Si il a un apport énorme dans ses secteurs clés, il aura aussi des grosses lacunes défensives notamment.
Pourquoi drafter Keba Keita ? Dans une équipe à valence offensive, Keba Keita se montrait comme la caution défense du groupe. Il n’est pas grand pour un pivot mais il est extrêmement musculeux, vertical et un producteur de rebonds et stocks faramineux. Son toucher l’empêche d’être plus haut dans ce board mais le talent défensif est certain.
Pourquoi drafter Maliq Brown ? Maliq Brown est un des producteurs défensifs les plus impressionnants du pays mais aussi un passeur émérite. Dans l’idéal, il devient un roi de la bataille des possessions et un solide connecteur offensif mais il pourrait aussi subir sa petite taille et ne jamais faire la carrière qu’on pourrait attendre de lui en NBA.
Pourquoi drafter Mike Sharavjamts ? Mike Sharavjamts est un meneur de très grande taille comme j’en suis friande. Il a un passing ultra développé et a montré du développé en défense comme sur son tir. En revanche, il n’a pour le moment pas montré de quoi être rassuré sur sa production à long terme.
Pourquoi drafter Emanuel Sharp ? Sniper au physique de buffle, Sharp était un élément majeur de l’attaque de Houston. Son profil montre à mon avis trop de limites pour être plus haut à cause d’un côté unidimensionnel mais le spacing qu’il pourrait apporter à une équipe serait bon.
Pourquoi drafter Koa Peat ? Très attendu en début de saison, Peat n’a pas plu à beaucoup de scouts cette année. On a évidemment continué à voir qu’il était une bête physico-athlétique et qu’il pouvait être polyvalent défensivement. En revanche, on a aussi vu un joueur dont le toucher est trop mauvais et qui n’a pas de vrai création.
Pourquoi drafter Nate Bittle ? Nate Bittle représente l’intersection idéal de tir à 3 points et de protection du panier. L’idéal du Myles Turner bis est une superbe perspective de carrière pour le pivot de Oregon mais il faudra, pour ça, éviter les blessures dont il a l’habitude depuis des années.
Pourquoi drafter Michael Ajayi ? Forward puissant, Ajayi s’est imposé comme un monstre aux rebonds de la Big East. C’est aussi un défenseur et un joueur assez polyvalent mais il n’a pas vraiment de qualités clés dans laquelle il peut montrer une domination en NBA.
Pourquoi drafter Alex Karaban ? Sniper d’élite avec surement un meilleur connecting que Sharp ou Tyson, Karaban reste malgré tout derrière ces gens car il manque de mobilité et de vitesse pour survivre défensivement en NBA. Je ne crois pas beaucoup à la retranscription de sa production de stocks en NBA.
Pourquoi drafter Baba Miller ? Difficile de juger Baba Miller. Le profil physique très long et les performances défensives qui font avec font saliver mais le produit offensif est bien trop brut pour que je crois à une grande carrière NBA. Son toucher est trop faible en l’état.
Pourquoi drafter Quadir Copeland ? Quadir est un monstre dès qu’il s’agit d’obtenir des tirs dans la raquette grâce à sa science du placement mais pourra-t-il reproduire ça en NBA ? Je doute et son tir n’est pas suffisamment installé pour que je puisse miser sur sa survie dans la Grande Ligue
Pourquoi drafter Noam Yaacov ? Noam Yaacov pourrait avoir tout d’un First Rounder. Il est bon dribbleur, rapide, à l’aise avec la balle, peut tirer de partout, a déjà un pull-up installé et un passing de très haut niveau. Cependant, il y a 3 problèmes : il est trop petit, il ne défend pas et surtout, il a fait tout en ligue belgo-néérlandaise donc difficile de savoir ce que ça vaut.
Pourquoi drafter Rylan Griffen ? Rylan est un 3&D assez typique de la hype des 3&D de 2018. La question est plutôt de savoir si son jeu est suffisamment bon pour survivre dans la NBA de 2026 qui demande plus de symbiose offensive dans une équipe avec des profils de connecteurs notamment.
Pourquoi drafter Tyler Bilodeau ? C’est un profil offensif que j’adore avec un physique ultra épais, un tir à 3 points excellent et un peu de création en mid-post. Pourtant, ses limitations défensives pourraient être un vrai frein à sa réussite en NBA
Pourquoi drafter Tyler Nickel ? C’est un sniper de haut niveau qui a montré, dans le contexte des Commodores, une envie et un niveau défensif tout à fait appréciable et qui pourrait le rendre prioritaire dans le second tour devant des Tyson, Sharp et autres Karaban.
TIER 7 : THE END OF THE BENCH
Là, on est sur des joueurs qui vont faire moins de 5 ans en NBA. Ce sont des joueurs qui iront faire des fins de saison dans des équipes nulles ici et là, qui se battront pour une place en G-League et qui se rueront sur le moindre two-way contract qui leur est proposé. Vous connaissez forcément des joueurs et très sûrement que si vous suivez une équipe en particulier, vous voyez qui sont ces joueurs-là qui deviennent souvent des vannes entre fans de franchise. En tant que fan des Hornets, j’ai vu passer un paquet de joueurs comme ça. Par exemple, je me souviens de DaQuan Jeffries qui n’a fait que valdinguer entre Sacramento, Houston, Memphis, New York et Charlotte depuis son arrivée en 2019. Ce sont aussi souvent des joueurs qui préfèrent indéfiniment croire en leur chance de percer en NBA plutôt que d’aller se régaler en responsabilités et en minutes à l’international.
Pourquoi drafter Keshawn Murphy ? Après 3 années passées sur le banc de Mississippi State, Murphy est devenu un axe majeur de la rotation de Auburn grâce à ses bras immenses, sa compréhension fabuleuse du jeu en défense et un tir qui, mine de rien, se développe. Pour l’instant, on ne peut pas affirmer qu’il est capable de performer à haut volume car il n’a jamais eu ne serait ce que 25 minutes de moyenne mais une équipe pourrait en vouloir pour apporter, ne serait ce que quelques minutes.
Pourquoi drafter Ryan Conwell ? Là où Conwell est plus intéressant que d’autres sniper, c’est qu’il est non seulement un sniper de haute qualité mais en plus, il l’est en ayant un physique bien costaud et capable de jouer avec le contact. C’est un joueur petit pour le poste 2 mais qui a l’énergie, le physique et la compréhension du jeu pour être un solide 3&D.
Pourquoi drafter Carson Cooper ? Solide pivot de la rotation de Michigan State, Carson Cooper est un joueur sobre, sans fioriture et qui fait avant tout parler sa taille pour défendre le panier. Techniquement, il est bon près du panier mais il n’en abuse pas. Typiquement le bon pivot que tu peux envoyer 10-15 minutes au charbon si t’as trop de blessés.
Pourquoi drafter Mark Mitchell ? MM est trop fort pour la NCAA et pas assez pour la NBA. Il est assez fluide avec la balle en main pour être un porteur de balle en NCAA mais pas assez pour l’être en NBA. Il est un joueur agressif au scoring capable de provoquer bon nombre de lancers francs mais les franchises NBA préfèreront surement un joueur capable de shooter. En somme, j’aime bien Mark Mitchell mais je pense que la voie vers la carrière NBA va être difficile.
Pourquoi drafter Jaden Henley ? Le tir à 3 points est la clé pour Jaden Henley mais au-delà de ça, c’est un super défenseur. Intercepteur, athlète sérieux, discipliné et donnant de l’énergie dans la prise de décision, il est un joueur d’apport dans sa moitié de terrain. Il peut évidemment faire des choses en attaque mais j’attendrai surtout le tir à 3 points qu’il doit développer.
Pourquoi drafter Tobias Jensen ? Grand meneur du côté du Ratiopharm Ulm, Jensen brille par sa capacité à tirer à 3 points mais aussi à être un ball-handler de grande taille. Il n’a pas les armes athlétiques pour finir efficacement au panier mais une équipe pourrait tenter le coup pour le développer comme le porteur de balle du banc.
Pourquoi drafter Kylan Boswell ? Le profil est simple mais pratique, c’est un guard avec une bonne envergure, des épaules bien physiques, un apport certain en interception et qui peut tirer autant en catch-and-shoot qu’en sortie de dribble. Difficile de parler d’un joueur majeur d’une équipe à cause de limites sur le passing ou la finition au cercle mais il peut être un joueur d’apport.
Pourquoi drafter Graham Ike ? Graham Ike est un monstre physique doté de bras immenses. Après pas mal d’années dans le monde universitaire, Ike pourrait s’imposer en NBA par le biais d’un apport solide en finition et aux rebonds. La défense est plus problématique et son jeu est peut être trop old-school pour se retranscrire cependant.
Pourquoi drafter Braden Smith ? Dans la lignée de Ryan Nembhard et d’autres, Braden Smith est le meneur superstar NCAA dont la taille est un red flag majeur pour la transposition de son jeu en NBA. Sa vision, sa compréhension du jeu, son énergie, sa vitesse et son handle sont des armes majeures de sa réussite mais sa taille pourrait limiter son impact global. Le tir est bon ceci étant dit et il compense ses lacunes défensives par une énergie énorme sur les lignes de passes.
Pourquoi drafter Seth Trimble ? Seth est une petite peste défensive. Arrière aux qualités physico-athlétiques fabuleuses, la mission de Trimble depuis 4 ans est d’embêter le meilleur extérieur adverse. C’est aussi un joueur qui fait preuve d’agressivité, ce qui lui permet d’être un provocateur de lancers volumineux. En revanche, il manque de shoot et de playmaking pour être viable en attaque.
Pourquoi drafter Tre Carroll ? Tre Carroll a été, pour moi, une superbe découverte cette saison. Leader de Xavier, il a montré un alliage de puissance physique, de toucher en finition et un passing de connecting intéressant. Je ne pense pas que sa protection de cercle se retranscrira en NBA mais il est volontaire en défense. En somme, c’est un role player intéressant en devenir si une NBA donne sa chance à ce profil si particulier.
Pourquoi drafter Jaylin Sellers ? Meilleur scoreur de la Big East cette année, Sellers a fait parler son physique large et son tir à 3 points fabuleux pour être un joueur majeur de la conférence. Il n’est pas un bon finisseur au panier et n’a pas de valeur excellente en défense ou en playmaking mais il apporte plus de densité physique que l’habituel sniper.
Pourquoi drafter Ernest Udeh Jr ? Ernest Udeh est très impressionnant physiquement avec une carcasse imposante, des épaules larges et des bras musclés. Par contre, le joueur a beaucoup de limites. En draftant Udeh, vous aurez une arme majeure aux rebonds et des capacités défensives correctes. Cependant, il n’y a pas de technique et son feeling offensif est très faible.
Pourquoi drafter Jaron Pierre Jr ? Jaron Pierre a réussi à confirmer son scoring de Jacksonville State à SMU mais je ne pense pas qu’il le fera en NBA. Son tir à 3 points est bon mais pas du tout élite et même si il a plus de polyvalence (mid-range notamment), c’est un attaquant de cercle limité avec peu de lancers francs et il ne fait pas grand chose à part scorer.
Pourquoi drafter Xaivian Lee ? Ancien meneur star de Princeton, Xaivian Lee a galéré à Florida à cause d’un backcourt qui était évidemment trop mauvais en termes de complémentarité avec Fland. C’est un meneur polyvalent qui peut dribbler, prendre des rebonds, passer et a un tir à 3 points stricky mais présent. La question est plutôt sur la valeur défensive faible et la viabilité de son jeu off-ball.
Pourquoi drafter Lamar Wilkerson ? Enorme scoreur de Sam Houston à Indiana, Wilkerson représente l’assurance de sélectionner un tireur de talent à 3 points de haute qualité. Il est capable de tirer à haut volume à haute efficacité. Par contre, ne lui demandez pas plus car il n’a pas montré une polyvalence quelconque.
Pourquoi drafter Bryce Hopkins ? Pourri par les blessures à Providence, Hopkins a retrouvé des couleurs en jouant du côté de St John’s. Puissant, long et volontaire, il peut avoir un apport certain aux rebonds, en défense et même au scoring. Cependant, son corps est à risque et il n’a aucun trait dans lequel il est élite en l’état.
Pourquoi drafter Jack Kayil ? J’ai vu Jack Kayil joué depuis un moment maintenant et chaque fois, j’ai le même ressenti. C’est un meneur de bonne taille avec une certaine polyvalence mais aucun trait élite et peu de progression sur un drive très peu qualitatif. Je ne comprends pas pourquoi il s’est présenté à la draft 2026 alors qu’il avait signé à Gonzaga mais si des gens veulent tenter le pari, pourquoi pas.
Pourquoi drafter Trey Kaufman-Renn ? TKR est un joueur funky à suivre. Il est dur physiquement avec des épaules marquées et un torse puissant et c’est une force majeure aux rebonds. C’est également un bon technicien autour du cercle ou dans la zone élargie du cercle. Par contre, rien ne sert d’espérer une bonne défense ou un tir à 3 points sur le court terme.
Pourquoi drafter Elijah Mahi ? Long et polyvalent, Elijah Mahi fait partie des pépites recrutées par Santa Clara qui continue à monter dans les équipes références de la draft NBA. Il devra gagner en régularité à 3 points et en aisance physique si il veut que son scoring soit passable en NBA pour permettre à ses autres talents (défense, connecting) de s’exprimer
Pourquoi drafter Zach Cleveland ? Mis sur 40 minutes, Cleveland fait une saison à 13.6 points, 8.7 rebonds, 7.8 assists, 1.5 interceptions et 1.5 contres. Sur le papier, c’est un profil d’une polyvalence rare et dans les faits, il est bon. Son placement, son envie, sa compréhension du jeu et quelques bribes d’athlétisme pas trop mal lui permettent d’être ce joueur ultra complet. Par contre, le toucher est catastrophique (54.5% aux lancers francs sur 455 tentatives en carrière)
Pourquoi drafter Nick Martinelli ? Nick Martinelli n’a pas masse de qualité. C’est un défenseur assez mauvais, il n’a pas un passing particulier, la provocation de lancers est décente au mieux et même la valeur rebond n’a rien d’exceptionnel. En revanche, c’est un shot-taker d’un talent rare à cette taille. Double meilleur scoreur de la Big Ten, il fait des ravages à mi-distance et commence même à devenir très fort à 3 points.
Pourquoi drafter Ja’kobi Gillespie ? Petit meneur de Tennessee, il brille avant tout par son shotmaking qui est très bon. Son pourcentage à 3 points n’est pas toujours parfait mais difficile d’en vouloir vu la difficulté des tirs qu’il a parfois. Sur le reste, il fait pas mal d’interceptions mais son physique pose des problèmes pour défendre et chercher des lancers francs.
Pourquoi drafter Josh Dix ? L’ailier de Creighton a une qualité clé : la capacité à tirer de loin et notamment dans le mouvement off-ball. C’est une énorme valeur en NBA et nul doute qu’une équipe va se faire plaisir à le sélectionner pour améliorer son spacing.
Pourquoi drafter Felix Okpara ? Il est grand, long, il est athlétique, il s’appelle Okpara. Il n’a pas beaucoup de qualités mais il est très bon dans ce qu’il fait. Si vous cherchez un grand qui va protéger le panier et mettre des dunks en attaque, il est parfait. Par contre, il ne faut pas attendre beaucoup plus.
Pourquoi drafter Tre’von Spillers ? Avec ses longs bras et ses épaules tracées, Spillers a tout du physique NBA. Il est un bon producteur dans la bataille des possessions et sa dunkabilité est très bonne. En revanche, l’utilisation de son physique laisse à désirer avec trop peu de lancers francs et il faudra impérativement développer un tir à 3 points fiable.
Pourquoi drafter Milos Uzan ? Combo guard des Houston Cougars, Milos a eu une année difficile. Comme d’habitude, son irrégularité rend sa valeur difficile à évaluer. Son tir est probablement la valeur la plus certaine dont il dispose en l’état et surement qu’il pourra servir de meneur gestionnaire par séquence mais il ne faut pas attendre grand chose de plus.
Pourquoi drafter Peter Suder ? L’équipe de Miami (OH) a été en vue toute l’année grâce à une saison invaincue jusqu’au tournoi de conférence (il faut dire que leur saison invaincue tenait plus du miracle et d’un calendrier avantageux qu’autre chose). Dans cette équipe, Peter Suder était un des leaders grâce à ses cuts d’une efficacité certaine, un tir à 3 points qui est rentré à 42.1% cette saison et d’un peu de passing. Cependant, à surveiller si ses éléments passeront en NBA.
TIER 8 : NO NBA PLAYER
Dernier tier et pas des moindres : les joueurs qui ne verront sûrement pas la NBA de leur carrière. Des internationaux qui sont stach pour toujours, des joueurs universitaires de 27 ans qui se lancent et des joueurs d’un niveau trop faible, on a beaucoup de joueurs différents qui entrent dans ce tier. Alors évidemment, il y a plein de raisons de ne pas venir en NBA et certains joueurs auraient pu en soit (je pense à Sergio Llull, Romain Sato, Kenichi Sako ou même TJ Shorts) mais ils auraient sûrement tenu pas plus de 3 ans en NBA par un manque de qualités physico-athlético-techniques comme les demandent la Grande Ligue. Ce n’est pas un tacle pour ces joueurs, faire une carrière solide loin de la NBA est très honorable aussi, comme ne pas faire carrière du tout par ailleurs.
Pourquoi drafter William Kyle III ? Il a été un producteur important dans la bataille des possessions à Syracuse cette année. Fort rebondeur pour sa taille, contreur parmi les meilleurs de ACC et dunkeur accompli, il a des atouts pour être un joueur de banc en NBA. Cependant, il faudra progresser sur le jeu offensif pour espérer en avoir le niveau.
Pourquoi drafter Chad Baker-Mazara ? Malgré son âge, il fait partie des meilleurs producteurs offensifs de la Big Ten. Tireur de qualité dans des bonnes équipes (Auburn l’an passé) comme des mauvaises (USC cette année), il pourrait faire son trou en NBA. Cependant, son comportement qui pose problème depuis des années en NCAA pourraient être un sacré frein à sa capacité à signer en NBA et à s’y maintenir.
Pourquoi drafter Darrion Williams ? Si son année a été compliquée dans un effectif foireux de NC State, il faut aussi se souvenir des belles performances que le forward nous avait délivrées à Texas Tech. Profil de forward physique capable d’utiliser son passing et quelques tirs de loin par séquence, il pourrait trouver sa place en NBA. Cependant, il semble trop limité dans les secteurs où il est sensé être bon pour être plus qu’un producteur solide de NBL ou d’EuroCup.
Pourquoi drafter Malik Reneau ? Avec une bonne année productive à Miami, Reneau score aisément au panier et commence même à développer un tir à 3 points. Cependant, ça ne suffit pas en NBA et il faudrait montrer un autre visage défensivement ou au playmaking pour être un acteur majeur d’une équipe NBA solide.
Pourquoi drafter Jalen Washington ? Qui ne rêve pas de drafter une ancienne gloire High School qui s’est morfondu dans le jeu morose de Hubert Davis à UNC avant de retrouver des couleurs à Vanderbilt ? Son profil de long forward mobile est intéressant en perspective mais on en n’a pas vu assez pour le considérer comme un clair joueur NBA.
Pourquoi drafter Tobi Lawal ? Avoir un forward disposant d’un tel moteur et de telles qualités athlétiques peut sembler être un rêve pour une équipe NBA. Par contre, cette dernière risque d’être refroidi par les limitations techniques de Lawal qui n’a jamais montré une grande compréhension du jeu ou un toucher si bon que ça.
Pourquoi drafter Travis Harper II ? L’intersection Dunk x 3pts est hyper prometteuse pour un joueur de pur finition, même si le nombre de dunk est à relativiser en OVC (Ohio Valley Conference). Par contre, le plafond est trop bas avec aucun espoir de le voir devenir plus qu’un joueur qui peut dépanner par petites séquences et surement que d’autres profils le feront mieux que lui.
Pourquoi drafter Tre Donaldson ? Le meneur de Miami a été bon toute la saison. C’est un joueur qui comprend bien le jeu. Son tir est bon mais pas assez pour faire de lui une menace majeure. Il n’est pas non plus un grand driveur vers le panier. Il a les moyens d’être un meneur de qualité en Europe ou dans d’autres ligues internationales mais trop dur de le considérer comme capable de faire une carrière en NBA.
Pourquoi drafter Latrell Wrightsell Jr ? Joueur très âgé à Alabama, LWJ peut devenir un 3&D du pauvre mais avec un bout de handle pour gérer quelques Pick & Rolls par séquence. Il n’a pas de jeu au panier et si il en a, il ne l’a pas du tout montré sous Nate Oats. Son profil n’est pas inintéressant mais au vu de son âge et de son historique de blessure, d’autres joueurs seront pris en priorité dans le même profil.
Pourquoi drafter Isaac McKneely ? C’est un tireur extérieur en mouvement qui montre une bonne compréhension du jeu mais rien de plus. Il n’a pas de handle, de passing ou de capacités défensives pour lui permettre de dépasser son profil.
Pourquoi drafter Nick Boyd ? Il a bien performé à Wisconsin et si les gens croient dans le fait qu’il peut scorer à minima en NBA par le tir, je veux bien entendre mais j’ai plus de question personnellement.




































































